‹ Œuvres, trChapitre 21 sur 159 · VI. Réalité et perfection, c'est pour moi la même chose · texte numérisé non relu

VI. Réalité et perfection, c'est pour moi la même chose

Vn, Par choses singulières, j'entends les choses qui sont finies et ont une existence déterminée. Que â plor sieurs individus concourent à une certaine action de telle façon qu'ils soient tous ensemble la cause d'un même effet, je les considère, sous ce point de vue, comme une seule chose singulière.

AXIOMES

h L'essence de l'homme n'enveloppe pas Pexistenee ntcessêîref en d'autres termes^ dans Tordre de ht lUh

DEUXliUE PARTIS. — DE L*AUE. SI

fore, il peut ntirtr qne tel on tel homme esdste, comme a pent armer qu'il n'existe pas.

n. L'homme pense.

IB. Les modes de la pensée, tels que Tamour, le désir et les autres passions de l'àioe, par quelqne nom qa'on les distingne, se peuvent exister sans qnil y ait dans llndivîdu où on les remontre, l'idée dHme chose aimée, désirée, etc. Mais une idée peut exister sans anemi antre mode de la pensée.

IV. Nous sentons un certam eorps aSéeté de plnsienrs manières.

V. Nows ne sentons ni ne percerons d'anti*es ehoses singulières que des corps et des modes de la pensée.

Yoyez les postulats qni suivent la proposition 13.

PROPOsrrroNS.

Prok)S. i. Lapensfeest tm attribut de Dieu; en â^autres termes, Dieu est chose pensante.

DfMONSTR. Les pensées particulières, je veux dire telle tm telle pensée, sont autant de modes qui expriment la wturc de Dieu d'une certaine façon déterminée {par le Corott, de la Propos. 25, part. l). U faut donc que cet attribut dont toutes les pensées particulières envel<^pent le concept, et par lequel toutes s<mt conçues, convienne nécessairement à Dieu (par la Déf. 8, pixrt, I ). La prisée est donc un des attributs infinis de Dieu, lequel exprime son infinie et éterneMe essence {voyez la Déf. 6, part. I); en d'autres termes, ISeu est chose pensante. C. 0. p. D.

ScHOL. Cette proposition est également évidente par cela seul qu'un être pensant peut être conçu comme infini. Nous concevons en effet qu'un fttre çeikSMiX^^Vûa»'^

pense de choses, plus il contient de réalité on de perfection; par conséquent, un être qui pense une infinité de choses infiniment modifiées est infini par la vertu pensante qui est en lui. Puis donc qu'à ne considérer que la seule pensée, nous concevons un être comme infini, il faut nécessairement {par les Déf. 4 et 6^ part, i) que la pensée soit un des attributs infinis de Dieu, comme nous voulions rétablir.

Pkopos. 2. L'étendue est un attribut de Dieu, en dC autres termes, Dieu est chose étendue.

DÉMONSTE. La démonstration de cette proposition se fait de la même façon que celle de [la proposition précédente.

Propos. 3. Il y a de toute nécessité en Dieu Vidée de son essence, aussi bien que de tout ce qui en résulte nécessairement.

Df MONSTR. Dieu, en effet (par la Prop. 1 de cette seconde partie), peut penser une iiifinité de choses infiniment modifiées, ou {ce qui est la même chose, par la Propos, 16, part. 1 ) former Tidée de son essence et de tout ce qui en découle nécessairement. Ûr, tout ce qui est dans la puissance de Dieu est nécessairement {par la Propos 35, part, i ), donc il y a nécessairement une telle idée et (par la Propos. 15, part. 1 ) elle est en Dieu seul. G. Q. F. D.

ScuoL. Par la puissance de Dieu, le vulgaire entend sa libre volonté et le droit qu'il possède sur toutes choses, lesquelles sont considérées communément à cause de cela comme contingentes. On dit, en effet, que Dieu a le pouvoir de tout détruire, de tout anéantir; et Ton compare aussi très-souvent la puissance de Dieu avec celle des rois. Mais nous avons réfuté tout cela dans les coroU. 1 et 2 de la proposition 32, part. 1 , et nous avons mon-^ tré dans la proposition 16, part. 1, que Dieu agit tout aussi nécessairement qu'il se comprend lui-même ; en d'autres termes, de même qu'il résulte de la nécessité de la nature divine (comme on le reconnaît unanimement) que Dieu se comprend lui-même , il résulte de cette même

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