‹ Œuvres, trChapitre 96 sur 159 · QUATRIEME PARTIE. — DE L'ESCUVAGE · texte numérisé non relu

QUATRIEME PARTIE. — DE L'ESCUVAGE

ScHOL. Tontes ces qualités de rhomme libre que nous venoos d'exposer se rapportent au courage, c'est-à-dire {par le Schol. de la Propos. 69, part. 3) à la bravoure et à la force d'âme. Et je ne crois pas nécessaire d'expliquer l'une après l'autre toutes les propriétés du courage, bien moins encore de faire voir que l'homme courageux n'a pour personne ni haine, ni colère, ni envie, ni indignation, ni mépris, et qu'il ne se laisse point exalter par l'orgneil. Car tout cela se déduit facilement des Propos. 37 et 46, part. 4, ainsi que tout ce qui concerne la vie véritable et la religion. Je veux dire que la haine doit être vaincue par l'amour, et que tout homme que la raison conduit désire pour les autres ce qu'il désire pour soi-même. Ajoutez que l'homme courageux, ainsi que nous l'avons remarqué déjà dans le Schol. de la Propos. 50, part. 4, et dans plusieurs autres endroits, médite sans cesse ce principe, que toutes choses résultent de la nécessité de la nature divine, et en conséquence, que tout ce qu'il juge mauvais et désagréable, tout ce qui loi parait impie, horrible, injuste et honteux, tout cela vient de ce qu'il conçoit lés choses avec trouble et confusion, et par des idées mutilées; et dans cette conviction, il s'efTorce par-dessus tout de comprendre les choses telles qu'elles sont en elles-mêmes, et d'écarter les obstacles qui nuisent à la vraie connaissance, comme la haine, la colère, l'envie, la moquerie, l'orgueil et autres mauvaises passions que nous avons expliqués plus haut. L'homme courageux s'efforce donc, par cela même, autant qu'il est an lui, de bien agir et de vivre heureux. Mais jusqu'à quel point l'humaine vertu peut-elle atteindre ces aventages, et quelle est sa puissance? c'est ce que j'expliqueni dans la partie suivante.

APPENDICE

Les principes que j'ai posés dans cette quatrième partie sur la manière de bien vivre ne sont point disposés dans

un ordre qui permette de les embrasser d'un seul coup d*œil. Pour les faire sortir plus aisément les uns des autres, j'ai été obligé de les disperser un peu. Il devient donc nécessaire de les réunir ici dans un ordre régulier, en ramenant toute cette exposition à un certain nombre de chefs principaux.

Chapitre I. Tous les efforts deTliomme, tous ses désirs, résultent de la nécessité de sa nature propre, de façon qu'ils peuvent être conçus soit par elle seule, comme par leur cause prochaine, soit en tant qu'elle est une partie de la nature et ne peut conséquemment être conçue par soi d'une façon adéquate indépendamment des autres parties.

Chap. il Les désirs qui résultent de notre nature, de telle façon qu'ils puissent être conçus par elle seule, sont ceux qui se rapportent à l'âme, en tant que consti* tuée par des idées adéquates ; les autres désirs ne se rapportent à l'âme qu'entant qu'elle conçoit les choses d'une façon inadéquate, et la force et l'accroissement de ces désirs ne doivent point être déterminés par la puissance de l'homme, mais par celle des choses extérieures. On a donc raison d'appeler les premiers d'entre ces désirs des actions, et les seconds des passions : ceux-là en effet marquent toujours la puissance de l'homme, ceux-ci au contraire son impuissance et sa connaissance incomplète et mutilée.

Chap. m. Nos actions, c'est-à-dire ces désirs qui se définissent par la puissance ou la raison de l'homme, sont toujours bonnes. Les autres désirs peuvent être tantôt bons, tantôt mauvais.

Chap. IV. Il est donc utile au suprême degré, dans la vie, de perfectionner autant que possible l'entendement, la raison, et c'est en cela seul que consiste le souverain bonheur, la béatitude. La béatitude, en effet, n'est pas autre chose que cette tranquillité de l'âme qui naît de la connaissance intuitive de Dieu, et la perfection de l'entendement consiste a comprendre Dieu« les attributs de

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