‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 158 sur 448 · CHAPITRE DIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIEME

La distinction des diverses connaissances qui peuvent venir de

l'esprit.

Pour traiter en particulier de l'utilité et des dommages que les connaissances peuvent apporter à l'âme en ce qui regarde son union avec Bieu par la foi, il est nécessaire de proposer ici des lumières, tant naturelles que surnaturelles, qui peuvent entrer dans l'esprit, afin qu'en regardant l'ordre qu'elles doivent avoir entre elles, nous conduisions l'entendement dans la nuit obscure de la foi.

Je dis donc que l'esprit acquiert la connaissance des choses par deux moyens ; l'un est naturel, l'autre est surnaturel : le naturel est lorsque l'entendement connaît par le ministère des sens extérieurs , ou lorsqu'il tire lui-même des conséquences qui lui donnent des connaissances nouvelles; le surnaturel est lorsque l'esprit reçoit par infusion des connaissances qui surpassent ses forces et sa capacité naturelle. Entre les connaissances surnaturelles, les unes sont matérielles, les autres sont spirituelles; les matérielles sont de deux sortes : les unes procèdent des sens corporels extérieurs , les autres des sens corporels intérieurs, et surtout de l'imagination.

Il y a aussi deux différences dans les connaissances surnaturelles; l'une de ces connaissances est distincte , claire et particulière; l'autre est confuse, obscure et universelle. La première se divise en quatre espèces de connaissances particulières , qui sont commnniquées à l'esprit sans l'opération des sens corporels; et ce sont les visions , les révélations, les paroles intérieures elles sentiments spirituels : la seconde est la seule contemplation que Dieu donne à l'âme dans la foi ou par la foi; et c'est à ce terme où nous prétendons mener l'âme par ces connaissances particulières. Nous commencerons par les connaissances naturelles , afin d'apprendre à l'âme la manière de s'en dépouiller.

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