APPROBATIONS
Vicaire général en celte cour royale, les Caniiques de l'Ame et de Notre-Seigneur Jésus-Christ, où le très-religieux" père Jean de In Croix s'est efforcé avec toute la vigueur de son esprit, d'imprimer en notre cœur la communication que nous devons avoir avec Noire-Seigneur. Cet ouvrage est digne d'un si grand homme, et il peut suffire pour réveiller la tiédeur de ce siècle. Dans saint Philippe de Madrid, le 22 Décembre 1618.
Fr. Jacques du Champ.
Censure de la célèbre université d' Alcala.
Nous avons vu ei lu diligemment, à la prière du très-révérend Père général des Carmes déchaussés, les livres du très-vénérable père Fr. Jean de la Croix, premier Carme déchaussé, lesquels monsieur le Kecteur et la Facullé de cette célèbre université d'Alcala nous ont mis entre les mains. Non-seulement nous n'y avons rien trouvé de contraire à la Foi catholique, aux bonnes mœurs et à la doctrine des saints Pères, mais encore tout ce qu'ils contiennent est très-utile pour gouverner les personnes spirituelles, et pour les dégager des illusions qu'elles souffrent, lorsqu'elles font trop d'état des visions ou des révélations, qui causent et à elles et aux autres de grandes pertes. Mais ces livres renferment un souverain remède contre ce mal. Quiconque les lira avec attention et avec assiduité, jugera bientôt que l'Auteur les a écrits, assisté singulièrement de l'Esprit divin, et favorisé de ses grâces particulières, et qu'il a traité celte matière avec une subtilité et une solidité égales : il y a expliqué aussi les passages de l'Ecriture fort à propos pour son sujet. Cet ouvrage est plein de saine doctrine, et sera sans doute très-utile aux maîtres de la vie spirituelle dans la direction des âmes. Il nous semble donc être du bien public, d'imprimer ces livres ; et nous souhaitons même qu'on les lise continuellement. En foi de quoi nous avons signé la présente Approbation. A Alcala, le 16 Mai 1618.
D. Martin de Sauregni. — Fr. Jean Gonçalez. — D. André Merint. — M. Fr. Laurent Guttiere. — M. Fr. Pierre d'Oviedo.
Messieurs les Recteurs et les Professeurs de théologie l'ont ainsi signée.
Louis de la Serna, Notaire et Secrétaire.
Approbation du docteur Louis de Montesino, premier Professeur de théologie, en l'Université d'Alcala, cl Doyen de la Faculté.
J'ai vu, à la sollicitation du très-révérend Père Fr. Joseph de Jésus Maria, et de tout l'ordre des Carmes déchaussés, cl j'ai lu soigneusement les ouvrages du vénérable Père et Docteur mystique Fr. Jean de la Croix, premier Carme déchaussé, et je n'y ai remarqué rien de contraire à la Foi catholique, aux bonnes mœurs, ni à la doctrine des saints Pères. Au contraire, tout ce que ces livres contiennent est conforme aux sentiments des àaints qui ont traité des choses spirituelles, et très-utile en ce temps aux personnes qui désirent aller à la perfection chrétienne. Car on y enseigne à l'âme les moyens de marcher par le déuûment intérieur, et par la pauvreté d'esprit, à la parfaite union avec Dieu, autant qu'on y peut arriver en cette vie par l'exercice de l'Oraison, en s'appuyant sur la seule foi, qui soit fort pure et fort vive. On v apprend aussi à se conduire prudemment dans les visions et les révélations qu'on pourrait avoir, de peur de se laisser séduire par le malin esprit. Les Pères spirituels y verront encore comment ils doivent gouverner les âmes, pour ne pas empêcher les opérations de Dieu en elles. Il parait enfin évidemment que ce vénérable Père a reçu de Dieu des lumières extraordinaires et des inspirations singulières, pour écrire d'une manière si délicate, et pour entendre l'Ecriture Sainte, el l'appliquer si bien à son sujet. C'est pourquoi il me semble, sauf meilleur avis, que ces livres doivent être imprimés, et que les personnes adonnées à l'oraison, et leurs Directeurs en profileront. A Alcala, le 11 de Novembre, l'an 1618.
Le Docteur Louis Montesino.
Censure, du très-révérend Père Fr. François de Araujo, de l'ordre de Saint-Dominique, premier Professeur de Théologie en l'université de Salamauque.
J'ai vu les Œuvres spirituelles, composées par le très-révérend Père Fr. Jean de la Croix, premier Canne déchaussé, el je n'y trouve aucune proposition qui ne soit • alholique et conforme à la théologie scolaslique, et à la doctrine des Saints, bien loin d'avoir de la conformité avec les Illuminés. Néanmoins parce que lous n'enlen- Jenl pas bien les termes el les phrases de la théologie mystique, ceux qui en ont peu de connaissance, jugent facilement qu'il y a quelque chose à redire. Mai»
APPROBATIOXS.
comme celle théologie mystique est une sagesse secrète et cachée, ainsi que le l'auteur dans le second livre de la Montée, chapitre VIII, il ne faut pas s'étoni
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dit pas s'étonner que quelques-uns ne comprennent pas ces manières de parler : il ne faut pas non plus les condamner. En effet, quoique les paraboles qui sont dans l'Ecriture Sainte cachent le mystère de la vérité aux ignorants, on ne ies condamne pas comme inutiles ou contraires à la vérité. C'est ce que saint Thomas enseigne en ces termes : II est utile, dit-il en sa première partie, question première, article neuf, il est utile de cacher les figures pour exercer les gens studieux et savants, et pour éviter les railleries des infidèles, desquels il est dit dans saint Matthieu, chapitre VII : Ne donnez pas aux chiens ce qui est saint. Salomon a raison de dire dans les Proverbes, chapitre XV, que ce sont, suivant la version de Galatin, des pommes d'or dans des treillis d'argent ; parce que comme on ne voit qu'avec peine de l'or dans ces treillis, de même on ne connaît qu'avec difficulté le sens de ces paraboles. La même chose arrive à l'égard des phrases mystiques ; si ce n'est que nous disions que les théologiens,. qui ont de bonnes dispositions pour celte science, les goûteni. Certainement leur théologie scolastique ne doit pas condamner la théologie mystique de ces livres, à moins qu'ils ne veuillent aussi condamner la vérité des paraboles, et que l'or ne leur semble pas être mis bien à propos dans les treillis d'argent, ou que la manne qui tombait du ciel ne leur paraisse^.pas de bon goût, parce que c'était la nourriture de peu de gens solitaires, et délivrés de l'Egypte du monde. Mais comme on ne doit pas avoir égard à ces inconvénients, de même on ne doil pas désapprouver les manières de parler de la théologie mystique, dont l'auteur se sert en ces livres, avec beaucoup d'érudition et de force : ce qui sera sans doute fort utile à plusieurs. C'est ce que j'en juge sans préjudice duisenliment des autres. Dans le collège de saint Thomas de Madrid, le 1-2 de Juillet IC25.
M. Fr. François de Aradjo.
Approbation du R. P. Fr. Jean Ponce de Léon, Professeur de théologie, de l'ordre sacré des Minimes, Consulteur et Qualificateur au conseil royal, et de l'Inquisition générale et souveraine.
J'ai vu par le commandement de V. A. les Œuvres spirituelles du saint et mystique Docteur, le V. P. Fr. Jean de la Croix, premier Carme déchaussé de l'ordre trèsillustre de Notre-Dame du Mont-Carmel ; j'ai lu aussi une introduction que le R. P. Fr. Jérôme de saint Joseph, très-digne écrivain de l'histoire de eeite Religion, a composée pour faciliter la lecture de ces ouvrages. Il semble que saint Ambroise ait voulu parler en son sermon 8ô de cette florissante réforme, quand il s'est écrié : 0 précieux héritage, oh on laisse plus qu'on ne possède, où celui qui reçoit a plus que celui qui donne ! 0 héritage tout à fait précieux, qui augmente les mérites lorsque le père le transporte à son fils. Ces enfants si nobles et si célèbres, en reconnaissant saint Elie pour leur père, avouent que le V. P. Fr. Jean de la Croix est le réformateur de leur observance, auquel les ouvrages qu'il a faits ont justement acquis le nom de Docteur mystique. Car, selon l'expression de saint Ambroise, dans l'Epîlre dédicatoire de l'Apologie de David, personne n'en peut parler comme il fait, sinon celui qui a fort examiné toute l'Ecriture Sainte, qui en a pénétré le sens, qui l'a imprimée profondément dans son esprit, qui l'a comme digérée et fait passer en soi-même pat un long usage. Saint Anaslase de Nicée, sur le chapitre Xlll de saint Matthieu, dans la question 78, dit aussi : Que celui qui écrit pour les autres doit faire avec travail ta lecture des Ecritures sacrées, afin qu'il amasse le riche trésor de l'ancien et du nouveau Testament, et qu'il s'en serve lorsqu'il faudra combattre contre les adversaires. C'c^t ce qu'a fait admirablement le V. P. Fr. Jean de la Croix, dans ses Cantiques, d'où les rayons de l'amour divin sortent avec tant d'éclat et d'abondance, qu'on peut attribuer à ses ouvrages ce que dit S. Isidore de Damiette, dans le IVe livre de ses Epîtres : Comme un flambeau, dit-il, qui luit dans une obscure nuit attire nos yeux, de même la vertu nous éclaire d'elle-même. Mais ce n'est pas seulement sur les hommes qu'elle exerce sa puissance ; elle éclate encore dans les livres ; car la variété qui s'y trouve remplit les Anges d'admiration, et la clarté gui y est répandue est capable de toucher les astres du malin, et de donner de la joie aux enfants de Dieu, à la seule lecture qu'on fait de ces livres. Ainsi ces divins écrits éclairent l'esprit, et enflamment le cœur de l'amour de Jé<iis-Chrisl : de sorte que ceux, dit saint Basile, qui désirent comprendre et acquérir l'union de Dieu, doivent être éclairés de la Foi, et persévérer dans les lumières que ces ouvrages leur communiqueront. C'est pourquoi je juge que V. A. doit commander qu'on donne ce livre au public, comme un bien commun à tout le monde.
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