‹ Œuvres, Volume 1Chapitre 105 sur 115 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

HEEBflOIŒ seule.

Ou siiis-je?Qa*ai-je fait? Que doi»-je£aire encore? Quel transport me saisit? Qoel chagrin me dévore? Errante, et sans dessein, je cours dans ce palais. Ah , ne puis-je savoir si j*aime , ou si je hais? Le cruel ! De quel œil il m*a congédiée !

Sans pitié, sans douleur, au moins étudiée!

Ai-je vu ses regards se troubler un moment?

En ai-je pu tirer un seul gémissement ?

Muet à mes soupirs, tranquille à mes alarmes , Semblait-il seulement qu'il eût part à mes larmes? Et je le plains encore ? Et , pour comble d*ennui. Mon cœur, mon lâche cœur s'intéresse pour loi. le tremble au seul penser du coup qui le menace ! Et prête à me venger, je lui fais déjà grâce ! Non , ne révoquons point Tarrét de mon courroux. Qu'il périsse. Aussi bien il ne vi( plus pou^nous. Le perfide triomphe , et se rit de ma rage.

Il pense voir en pleurs dissiper cet orage.

U croit que , toujours faible et d'un cœur incertain,. Je parerai d'un bras les coups de l'autre main.

Il juge «Dcor de moi par mes bontés passées.

Mais plutôt le perfide a bien d'autres pensées.

Triomphant dans le temple , il ne s'informe pas

Si l'on souhaite ailleurs sa vie ou son trépas.

Il me laisse, l'ingrat, cet embarras funeste.

Non , non , encore un coup , laissons agir Oreste^

Qu'il meure, puisqu'enfin il a dû le prévoir,

Et puisqu'il m'a forcée enfin à le vouloin

A le vouloir ? Hé quoi, c'est donc moi qui l'ordonne I

Sa mort sera l'effet de l'amour d'Hermione I

Ce prince» dont mon cceur se faisait autrefois

Avec tant de plaisir redire les exploits ,

A qui même , en secret, je m'étais destinée.

Avant qu'on eût conclu ce fatal hyménée î

Je n'ai donc traversé tant de mers , tant d'états-,

Que pour venir si loin préparer son trépas!

L'assassiner, le perdre ! Ah, devant qu'il expire !....

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