‹ Œuvres, Volume 1Chapitre 15 sur 115 · SCÈNE H · texte numérisé non relu

SCÈNE H

JOCASTE seuie.

Dareront-ils toujours ces ennuis si funestes ? N*épuiseront-ils point les vengeances célestes? Me feront-Us sonfihr tant de cruels trépas.

Sans jamais an tombeau précipiter mes pas?

O Ciel , que tes rigueurs seraient peu redoutables. Si la foudre d'abord accablait les coupables ! £t que tes chAtimens paraissent infinis , Quand tu laisses la vie à ceux que tu punis ! Tu ne rignores pas , depuis le jour infâme Où de mon propre fils je me trouvai la femme , Le moindre des tourmens que mon cœur a soufferts j^ale tous les maux que Ton souf&e aux enfers : Et toutefois» 6 Dieux, un crime involontaire Devait-il attirer toute votre colère?

Le connaissais-je , hélas ! ce fils infortuné ? Vous-même, dans mes bras, vous l'avez amené : Cest vous dont la rigueur m'ouvrit ce précipice. Voilà de ces grands dieux la suprême justice ! Jusques au bord du crime ils conduisent nos pas , Ils nous le font commettre , et ne F^xcusent pas. Prennent-ils donc plaisir à faire des coupables , Afin d*en faire après d'illustres misérables? Et ne peuvent-ils point, quand ils sont en courroux. Chercher des criminels à qui le crime est doux?

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