‹ Œuvres, Volume 1Chapitre 80 sur 115 · PT&B,R9S · texte numérisé non relu

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La Grèce en ma faveur est trop in^étée.

De soins plus impovtans je l'ai crue agitée , Seigneur ; et sur le nom de son ambassadeur.

J'avais dans ses projets conçu plus de gvandeur. Qui croirait, en effet , qu'une teUe entreprise Du fik d'AgamemncfU méritât ^entremise? Qu'un peuple tout enti^, tant de fois triompbaïkt^

l88 AlfDROMAQUB,

T)*eùt daigné conspirer que la mort d'an enfant? Mais à qui prétend-t-on que je le sacrifie?

La Grèce a-t-elle encor quelque droit sur sa vie? Et, seul de tous les Grecs , ne m*est-il pas permis I)*ordonnerd*aii captif que le sort m*a soumis? Oui, Seigneur, lorsqu'au pied des murs (umans de Troie, Les vainqueurs tout sanglans partagèrent leur proie , Le sort, dont les arrêts furent alors suivis, Fit tomber en mes mains Andromaque et son fil». Hécube» près d'Ulysse, acheva sa misère; Cassandi'e dans Argos a suivi votre père.

Sur eux, sra* leurs captifs, ai-je étendu mes droits? Ai-'je enfin disposé du fruit de leurs exploits ? On craint qu'avec Hector Troie un jour ne renaisse : Son fils peut me ravir le jour que je lui laisse. Seigneur» tant de prudence entraine trop de soin. Je ne sais point prévoir les malheurs de si loin. Je songe quelle était autrefois cette ville , Si superbe en remparts , en héros si fertile , Maîtresse de l'Asie; et je regarde enfin Quel fut le sort de Troie, et quel est son destin. Je ne vois que des tours que la cendre a couvertes „ Un fleuve teint de sang, des campagnes désertes. Un enfant dans les fers; et je ne puis songer Que Troie, en cet état, aspire à se venger.

AJi , si du fils d'Hector la perte était jurée , , Pourquoi d'un an entier l'avons-nous différée ? Dans le sein de Priam n'a-t-on pu l'immoler?

Sous tant de morts , sou& Troie il fallait l' accablera Tout était juste alors : la vieillesse et l'enfance £n vain sur leur faiblesse appuyaient leur défense.

TEACéBIB. 189

La TÎctoire et la nuit, plus cmelles que noas ,

Nous excitaient au meurtre, et confondaientnos coups.

Mon courroux aux Yaincus ne fut que trop séyère.

Mais que ma cruauté survive à ma colère,

Qne , malgré la pitié dont je me sens saisir.

Dans le sang d*uu enfant je me baigne à loisir !

Non, Seigneur, que lesGrecs cherchent quelqu* autre proie>

Qu'ils poursuivent ailleurs ce qui reste de Troie :

De mes inimitiés le cours est achevé ;

L*£pire sauvera ce que Troie a sauvé.

oaxsTX.

Seigneur, vous savez trop avec quel artifice Un faux Astyanax fat offert au supplice.

Où le seul fils d*Hector devait être conduit : Ce n*est pas les Troïens , c*est Hector qu'on poursuit. Oui, les Grecs sur le fils persécutent le père. Il a par trop de sang acheté lepr colère !

Ce n'est que dans le sien qu'elle peut expirer; Et jusque dans l'Épire il les peut attirer.

Prévenez-les.

PTR&HVS.

Non, non. J'y consens avec joie.

Qu'ils cherchent dans l'Épire une seconde Troie. Qu'ils confondent leur haine et ne distinguent pins Le sang qui les fit vaincre, et celui des vaincus. Aussi bien ce n'est pas la première injustice Dont la Grèce d'Achille a payé le service.

Hector en profita. Seigneur; et, quelque jour. Son fils en pourrait bien profiter à son tour.

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