‹ Œuvres, Volume 1Chapitre 95 sur 115 · SCÈNE ra · texte numérisé non relu

SCÈNE ra

HERMIONE, CLÉONE

HEEMIOirE.

Attendais-tu, Cléone, un courroux si modeste?

CLSOITE.

La douleur qui se tait n'en est que plus funeste. Je le plains : d* autant plus qu'auteur de son ennui , Le coup qui l'a perdu n'est parti que de lui. Comptez depuis quel temps votre hymen se prépare. Il a parlé , Madame, et Pyrrhus se déclare. I. — Racine. 19

Sl8 AHDROMAQUE,

HERMIONB.

Tu crois que Pyrrhus craint? Et que craiut-il encor ? Des peu^rfes qui dix ans ont fui devant Hector; Qui, cent fois effrayés de Pabsence d* Achille, Dans leurs vaisseaux brMans ont cherché leur asile; Et qu*on verrait encor, sans Tappni de son fils , Redemander Hélène aux Troïens impunis?

Tîon , Cléone , il n*est point ennemi de lui-même : Il veut tout ce qn*il fait ; et s*il m'épouse , il m'aime. Mais qu*Oreste, à son gré, m'impute ses douleors ; D'avons-nons d'entretien que celui de ses pleurs? Pyrrhus revient à nous. Hé bien , chère Cléone , Conçois-tu les transports de l'heureuse Hermione? Sais-tu quel est Pyrrhus? T'es-tu fait raconter Le nombre des exploits. .. Mais qui les peut compter? Intrépide , et partout suivi de la victoire , Charmant, fidèle, enfin rien ne manque à sa gloire. Songe...

CLÉOlfE.

Dissimulez. Votre rivale en pleurs Vient à vos pieds , sans doute, apporter ses douleurs.

HERMIONE

Dieux , ne puis- je à ma joie abandonner mon âme ! Sortons. Que lui dirais-je ?

TRAGipIE. 319

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