‹ Œuvres, Volume 1Chapitre 97 sur 115 · PYRRHUS, ANDROMAQUE, PHOENIX, CÉPHISE · texte numérisé non relu

PYRRHUS, ANDROMAQUE, PHOENIX, CÉPHISE

PTREHUS , h Phœnix.

Où donc est la princesse?

Ne m* avais-tu pas dit qu'elle était en ces lieux?

FHŒHIX.

Je le croyais.

!FRAOEDIE. 831

▲NDROMÀQUE, à Céptùse, Tu vois le pouvoir de mes yens.

PY&RHUS

Que dit-elle, Pliœnix?

JLKDROMJLQUE.

Hélas ! tout m'abandonne.

PHOEITIX.

Allons , Seigneur, marchons sur les pas d'Hermione.

CIPHISE.

Qu*attendez-yous? Forcez ce silence obstiné.,

i.]ffnROM49^V^ Il a promis mon fil^*

CÉPHISR.

Il ne Fa pas donné,

▲NDROlfJLQUE.

Non» non, j*ai beau pleurer, sa mort est résolue.

PYRRHUS

Daigne- t-elle sur nous tourner au moins la vue? Quel orgueil!

JLNDROMAQUE.

Je ne fais que Tirriter encor.

Sortons.

PYRRHUS

Allons aux Grecs livrer le fils d*Heetor. JLNDROMJLQUB , se fêtant aux pieds de Pjrrrhus. Ah, Seigneur, arrêtez! Que prétendez-vous faire? Si vous livrez le fils, livrez-leur donc la mère. Vos sermens m*ont tantôt juré tant d'amitié; Dieux , ne pourrais- je au moins toucher votre pitié l Sans espoir de pardon m*avez-vou9 condamnée?

sa 2 aNDAOMAQUE ,

PhœnU TOUS le dira, ma parole est donnée.

ANDROMAQtJE.

Vous qui braviez pour moi tant de périls divets?

PYRRHUS

J*étais aveugle alors , mes yeux se sont ouverts. Sa grâce à vos désirs pouvait être accordée; Mais vous ne Tavez pas seulement demandée.

Cen est fait.

JLKDROMAQUE.

Ah, Seigneur, vous entendiez assez Des soupirs qui craignaient de se voir repoussés ! Pardonnez à Féclat d'une illustre fortune Ce reste de fierté qui craint d*étre importune. Vous ne l'ignorez pas: Andromaque, sans vous, Tf aurait jamais d'un maître embrassé les genoux.

PYRRHU».

Non, vous me haïssez; et dans le fond de Tâme, Vous eraigaez de devoir qnelqne chose à ma flamme Ce fils même, ce fils, Tobjet de tant de soins. Si je l'avais sauvé, vous l'en aimeriez moins. La haine, le mépris , contre moi tout s'assemble ; Vous me haïssez plus que tous les Grecs ensemble Jouissez à loisir d'un si noUe courroux.

Allons, Phœnix.

AKDROMAQUE.

Allons rejoindre mon époux.

cÉraisi.

Madame....

AatDROMAQU£.

£t qu« veux- tu que je lui dise encore ?

THAGÉuiE. aa3

Auteur de tous mes maux, crois-tu qu*il les ignore? Seigneur, Toyez l'état où vous me réduisez.

J'ai vu mon.père mort et nos murs embrasés.

J'ai vu trancher les jours de ma famille entière , Et mon époux sanglant traîné sur la poussière , Son fils , seul avec moi , réservé pour les fers. Mais que ne peut un fils ! Je respire , je sers. J'ai £ait plus. Je me suis quelquefois consolée Qu'ici plutôt qu'ailleurs le sort m'eût exilée ; Qu'heureux dans son malheur, le fils de tant de rois, Puisqu'il devait servir, fût tombé sous vos lois. J'ai cru que sa prisou deviendrait son asile. Jadis Priam soumis fut respecté d'Achille.

Tattendais de son fils encor plus de bonté.

Pardonne , cher Hector, à ma crédulité.

J« n'ai pu soupçonner ton ennemi d'un crime; Malgré lui-même enfin je l'ai cru magnanime.

Ah ! s'il l'était assez , pour nous laisser du moins Au tombeau qu'à ta cendre ont élevé mes soins ; Et que, finissant là sa haine et nos misères, 11 ne séparât point des déponilles si chères !

PYRRHUS

Xa m'attcndre , Phœnix.

3)4 ▲VD&OMAQUE,

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