‹ Vade Mecum du professeur de Français, encyclopédie portative de connaissances et d'exercices utiles à ceux qui enseignent la langue et sa littératureChapitre 3 sur 120 · DIALOGUES · texte numérisé non relu

DIALOGUES

Les Dialogues ont fait leurs preuves comme un des moyens les

Elus rapides d'amener les élèves a composer des phrases correctes, ^pendant, on n'en trouve que peu ou prou dans les Méthodes et Livres d'exercices.

Les Dialogues qui suivent sont arrangés progressivement, et de façon à introduire le plus possible de mots ou expressions usuelles. A cet eflfet, ils couvrent la plupart des situations dans lesquelles peut se trouver un étranger lorsqu'il voyage en France. Sous ce rapport, les Dialogues et les Thèmes oraux se complètent réciproquement.

Cet exercice peut s'employer de diverses manières. La plus simple, comme aussi la plus pratique, semble être de le dicter à une leçon, et le faire apprendre pour la leçon suivante. Ce procédé, outre qu'il fait entrer dans la tète de l'élève des phrases correctement construites, a l'avantage de le mettre en confiance, en lui permettant de faire de très bonne heure des conversations qu'il ne pourrait soutenir autrement que beaucoup plus tard. Eût-il des aptitudes au dessons de la moyenne, l'élève ainsi "dressé" l'emportera sur d'autres plus capables peut-être, mais dépourvus de ce "g^de rope" que constituent les Dialogues.!

Lors de la récitation du Dialogue, chaque élève dit tine phrase à son tour. S'il n'y a qu'un élève, le Maître peut prendre un des deux rôles et donner ainsi la réplique à cet élève. Il est à peine besoin d'ajouter que si l'élève, en récitant le Dialogue, n'emploie pas exactement les mêmes mots ou tournures que ceux du texte, on doit bien se garder de le corriger, si ses phrases sont correctes— à moins qu'il n'ait cherché à tourner quelque difiBculté importante (un idiotisme usuel, par exemple) qui, dans l'opinion du Maître, ne doit pas être négligée.

Enfin, comme on le voit, les Dialogues ont l'avantage de pouvoir s'utiliser suivant les principes de la méthode dite "naturelle."

' Souvent des élèves, exercés de cette façon, ont eu l'occasion de se servir preeqae textuellement, des phrases des Dialogues, au cours de leurs voyaees ojuis les pays de langue française.

Dialogrue 1.

A. Quelqu'un frappe. B. Qui est là? C. Cest moi. B. Qui vous? C. Le garçon de bureau que vous attendez. B. Comment vous appelez vous ? C. Pierre, Monsieur, pour vous servir. B. Eh bien, Pierre, prenez un balai et balayez le bureau. C. Ce bureau-ci, Mr. ? B. Non, l'autre pièce. Ouvrez les fenêtres, et fermez la porte, à cause de la poussière. C. Que dois- je faire après cela? B. Après cela, TOUS irez déjeuner.

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Dialogue 2.

A. Pierre, allez au restaurant en face me chercher mon déjeuner. B, Bien, Mr. Que faut-il prendre? A. Une assiette de jambon froid, du pain et du beurre, et un verre de lait. N'oubliez pas d'ap^ porter une serviette. B. Faut-il payer, Mr. ? A. Sans doute. Voici deux franoe. Gardez la monnaie pour vous. B. Je suppose qu'il faut aussi un couteau et une fourchette. A. Cela va sans dire.

Dialogue 3.

A. Qu'est-ce qu'il y a ? B. Mr., c'est votre déjeuner. A. Bon. Déposez le plateau sur ce banc; enlevez ces livres de mon bureau. B. Je puis étendre une serviette sur la table, qui est vide. A. Non, déployez ce journal ici et posez le plateau dessus. J'ai à travailler en mangeant. B. Mr. veut-il un verre d'eau fraîche ? A. Oui, mais l'eau de la fontaine dans le corridor est glacée. Je n'en veux pas. B. Alors, je puis en prendre au robinet du cabinet de toilette.

Dialogue 4 (avec un cocher).

A. Cocher, menez moi à l'hôtel d'Angleterre. B. Avez vous des bagages ? A. Non, seulement cette valise. Mettez la dans le fiacre. B. Votre jupe est prise dans la portière, Mme. A. Baissez cette glace je ne puis la faire bouger. Merci. B. Il faut descendre ici, Mme.

A. Pourquoi ue pouvez vous vous approcher davantage de la porte ?

B. Parcequ'il y a un fourgon devaut. A. Je ne veux pas marcher dans la boue. Dites au cocher de ce fourgon de faire avancer ou reculer sa voiture. B. Il dit qu'il ne peut pas, parcequ'il décharge des malles. A. Oh, ce sont mes propres colis. Très bien. Je descendrai ici. Voici votre argent et cinq sous pour vous.

Dialogue 5 (à l'hôtel).

A. Madame veut-elle une chambre ? B. Oui, au second étage, sur la cour. A. Les chambres sur le devant sont meilleures, Mme., et la rue très tranquille. B. C'est égal, donnez moi ce que je demande. A, Mme. veut-elle voir les chambres ? B. Oui, sans doute. Où est l'ascenseur? A. Il est dérangé aujourd'hui. Mais il n'y a que deux étages. B. Deux? Mais je vous ai dit le second. Cela fait seulement un escalier. A. Pardonnez moi ; Mme. en français le rez de chaussée ne compte pas comme étage. B. Alors, disons une chambre au premier. A. Voici, Mme. B. Y a-t-il un cabinet de toilette ? A. Oui, et aussi un placard. B. Placard ? qu'est-ce que c'est que cela ? A. Cela veut dire une armoire dans le mur. B. Quel est le prix de cette chambre par jour ? A. Trois francs 75 sans les repas.

Dialogue 6 (avec une bonne).

A. Madame a sonné? B. Oui. Apportez moi mon petit déjeuner dans ma chambre. A. A la française ? B. Que voulez vous dire ? A. Du café au lait et des petits pains, avec du beurre. B. Avez vous des fruits ? A. Oui, Mme. mais cela n'est pas compris dans le prix ordinaire du petit déjeuner. B. Demandez au bureau s'il y a des lettres pour moi. Si oui, montez les moi avec le déjeuner. A. Je sais qu'il est arrivé un paquet pour Mme. hier soir tard. B. Savez-vous ce que c'est ? A. Cela vient de chez Redfern. B. Laissez le en bas.

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Je n'en ai pas besoin ici. A. Faudra-t-il une voitnre à Mme. ce matin ? B. Oui, à 10 iieures et demie. Commandez un remise ; i je ne veux pas de fiacre. A. Faut-il un yalet de pied aussi ? B. Non, ce ne sera pas nécessaire, mais demandez un ciieval t'Ue,^ j'ai beaucoup de courses à faire avaut midi.

ï " Remise," aa masculin : voiture de chez on loueur. • "Vite " est ici adjectif.

Dialogue 7.

A, Bonjour. B. Vous de même, Madame. A. Plait-il? B. Je dis : Bonjour à vous aussi. A. Comment vous portez vous, ma petite enfant? B. Assez bien, merci, Mme. A. Comment vous appelez- Tous ? B. Je m'appelle Jeanne, Aime. A. C'est un joli nom. B. Je ne sais pas. A. Comment ! N'aimez vous pas ce nom ? B. Je voudrais m'appeler Rodogune. A. Chacun à son goût. Comment s'appelle votre petit frère ? B. Je n'en sais rien, Mme. A. Hein ? Comment cela? B. Je n'ai pas de frère. A. Oh, c'est différent. Quel est donc ce petit garçon là ? B. C'est mon beau frère. A. Ah ! le jeune frère de votre belle sœur, je suppose. B. Non, Mme. A. Alors je donne ma langue aux cliiens. B. C'est le flls du premier mari de maman. A. D faut alors dire : c'est mon demi-frère.

Dialogue 8.

A. Quel âge a votre demi-frère ? B. n aura trois ans à la St Jean. A. A la quoi? B. A la fin de juin, Mme. A. Allez vous à I école ? B. Pas maintenant ; nous sommes en vacances, depuis huit jours. A. A quoi jouez vous en ce moment ? B. Nous jouons au ménage, Mme., s'il vous plait. A. Cela me plait beaucoup • puis-je jouer avec vous ? B. Non, Madame, parceque vous êtes trop grande. A. Mais ne pensez vous pas que vous sovez trop petite pour une maîtresse de maison? B. On dit que j'ai 'l'air plus âgée que je ne BUIS. A. Vraiment ! Qu'en pensez vous, vous même ? B. Je ne sais, Mme. Mais je voudrais être plus âgée que je n'en ai l'air.

Dialogue 9.

A. Bonjour chère amie : je suis enchantée de vous voir. B Tout le plaisir est pour moi, ma chère. A. Pourquoi n'êtes voiis pas venue me voir plus tôt? B. Parceque je suis restée très longtemps au bord de la mer. A. Quand êtes vous revenue en ville > B Avant hier. Et vous, avez vous été dans les montagnes cet été > A. Oui, j ai été à la campagne chez une de mes tantes. B Combien de temps êtes vous restée là? A. Assez longtemps, depuis le 1 juillet jusqu'au 15 septembre. B. Demeurez vous toujours an même endroit? A. Vous voulez dire rue du Parc* Non j'ai déménagé. B. Comment ! vous avez changé de logement ! A Oui je suis maintenant au haut de la viUe. B. Est-ce que vous préférez ce quartier au bas de la ville ? A. Oui, sans doute parceque l'air est

Dialogrue 10.

A. Je désire acheter une paire de gants. B. Très bien Je vais TOUS Indiquer un bon magasin. A. Je^vous remerS Scoup B

SS.^fSS ^ ^""^^^ ^^ ^fF^^^i^^^' ^°^« l'Hôtel et rS Ï.e5: ce trop lom pour aller a pied ? B. Oui, je vous conseille de pren^

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nne voiture. A. Où puis-je trouver une voiture ? B. Sur la place. Il y a une station près de la fontaine. A. Combien coûtent les voitures ici ? B. Est ce que vous voulez une voiture à la course ou à l'heure ? A. A l'heure. Je dois faire plusieurs achats. B. Eh bien les voitures coûtent deux francs l'heure. A. Comment dites vous •' cab " en français ? B. Nous disons ; un fiacre. A. Eh bien appelez moi un fiacre s'il vous plait. B. Cocher, êtes vous pris ? Le cocher : Non, madame. Où voulez vous aller. A. Je vous prends à l'heure. Menez moi aux magasins du Louvre.

Dialogue 11.

A. Venez, que je vous montre quelque chose. B. Montrez, mais faites vite. Je n'ai pas de temps à perdre. A. Regardez ce que j'ai reçu par la poste ce soir. B. Est ce le portrait d'un de vos frères ? H vous ressemble beaucoup. A. Oui, mon frère me ressemble extrêmement. Comment trouvez vous cette photographie ? B. Fort belle mais pour vous dire la vérité, je connais un photographe qui travaille mieux que celui-là. A. Veuillez donc me donner son adresse, car je désire me faire faire aussi une douzaine de cartes. B. Si vous voulez je puis vous y conduire et vous présenter moi-même à l'artiste. A. C'est trop aimable, et je crains de vous déranger. B. Pas le moins du monde; ce sera au contraire un plaisir pour moi. A. J'accepte donc. B. Donnez moi un rendez-vous, et je viendrai vous chercher. A. Fort bien, venez demain à 4 heures. B. Permettez moi de vous faire observer que c'est un peu tard. Dans cette saison, il fait presque nuit à 4 heures. A. Eh, bien, passez chez moi à 2 heures ; je serai prête. B. A demain, donc. A. Au plaisir.

Dialogue 12 (une visite).

A. Bonjour, chère amie, comment cela va-t-il ? B. Pas mal, et vous, ma chère ? A. A merveille. B. Entrez donc : on gèle dans ce vestibule. A. Attendez que j'enlève mes caoutchoucs. B. Comment, vous portez des caoutchoucs par ce beau soleil ? A. Il pleuvait quand j'ai quitté la maison : c'est pourquoi je les ai mis et emporté mon parapluie. B. Cela ne m'étonne pas de votre part : vous êtes une personne si soigneuse. A. Merci du compliment. Je ne peux pas en dire autant de vous. B. Et pourquoi pas. A. Parceque vous êtes la personne la plus sans soin de toute la ville. B. Qu'est ce qui vous fait penser cela ? A. Tout le monde le dit. B. Vous n'avez pas d'opinion personnelle sur la matière? A. Je ne vous connais pas assez pour cela. B. Eh bien, je dois dire qu'à défaut d'autres qualités, vous avez au moins de la franchise. A. Pensez vous que ceci soit un compliment ? B. Je vous laisse le soin d'en juger.

Dialogue 13.

A. Un ami vient de m'expédier une bouteille de chartreuse. B. Je voudrais avoir beaucoup d'amis comme cela. A. Permettez moi de vous offrir un petit verre de cette liqueur, B. Avec plaisir. Débouchez la bouteille, pendant que j'ôte mon chapeau et mon manteau. A. Voici votre verre. A votre santé. B. A la vôtre. A. Comment trouvez vous cette chartreuse ? B. Elle est délicieuse. A. En voulez vous encore un autre verre ? B. Non, merci : mon verre est encore à moitié plein. A. Pourquoi riez vous ? B . Je ris parceque je pense à quelque chose. A. Puis-je vous demander à quoi vous pensez ? B. Vous pouvez le demander, mais je ne vous le dirai pas.

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Dialogue 14.

A. Permettez moi de vous présenter M. Chose. B. Monsienr, je suis heureuse de faire votre connaissance. C. Madame, il y a longtemps que je désirais vous être présenté. J'ai tant entendu parler de vous par notre amie commune, Mlle. Une Telle. B. J'ose espérer qu'elle ne vous a pas dit trop de mal de moi ! C. La croyez vous si injuste? Elle m'a fait votre éloge sur tous les tons. B. Je préférerais qu'elle eût été moins enthousiaste, car vous allez être désappointé en causant avec moi. C. Cela n'est pas possible, Mme., si j'en juge par le début de cette conversation. B. On voit bien, Monsieur,

Ïue vous arrivez de France, la terre des flatteries et des compliments. Cela veut-il dire que vous ne croyez pas à la sincérité de mes discours ? B. Cela signitie seulement que je me tiens sur mes gardes, en vertu de votre vieux proverbe : " La Méfiance est la mère de la Sûreté."

Dialogue 15.

A. Comment se fait-il, chère îimie. que vous ne soyez pas venue à ma réception de lundi dernier ? Etiez vous sotiffrante ? B. Pas du tout. Voici ce qui m'est arrivé. Au moment de qtiitter la maison, mon petit garçon est tombé dans l'escalier. A. Grand Dieu ! S'est-il fait mal ? B. Un peu. J'ai dû faire chercher le docteur. C'est une affaire de quelques jours. Il a le poignet foulé. A. Combien j'en suis fâchée ! Pourquoi ne pas m'avoir envoyé un mot ? B. Que voulez vous ! J'avais trop à faire pour penser à tout. A. Vous nous avez bien manqué à ma réception. Il semble que quand vous n'êtes pas là, persoime n'a d'entrain (spirit). B. Vous êtes une flatteuse, comme toujours. Je rougirais, si je ne savais que votis ne pensez pas ce que vous dites. A. Mais si, je le pense ! Et je ne suis pas la seule ! B. Décidément, vous mettez trop ma modestie à l'épreuve ; je me sauTe !

Dialogue 16 (avec une fille de chambre).

A. Marie, changez ces draps et cette taie-d'oreiller : ils ne sont pas très propres. B. Mme. veut-elle un moine ? A. Un moine ! Pourquoi faire ? Je ne suis pas à l'article de la mort (at the point of death). B. Je ne veux pas dire un. prêtre, Mme. Un moine est une bouteille d'eau chaude, pour chauffer le lit. A. Je n'ai pas besoin de cela. Mais si les draps sont humides, votis pouvez les bassiner. Et apportez moi un broc d'eau chaude quand vous remonterez. B. J'ai oublié de dire à Mme. qu'il est venu cet après-midi un monsieur pour lui parler. A. Qui était-ce ? B. Ce monsieur n'avait pas de cartes de visite, n a dit qu'il repasserait. A. Le cordonnier a-t-il envoyé mes bottines ? B. Oui, Mme., j'ai payé 3 francs pour les réparations. A. Qu'a-t-il fait aux bottines ? B. Il a mis de nouveaux talons et des demi-semelles. A. Je voudrais que vous fissiez ma chambre à fond demain. Elle est pleine de poussière, B. Très bien, Mme. Quelle heure vous conviendrait le mieux? A. Tout de suite après le déjeuner. B. C'est entendu.

Dialogue 17 (avec une blanchisseuse).

A. Vous êtes la blanchisseuse qu'on m'a recommandée ? B. Oui, Mme., pour vous servir. A. Eh bien, vous trouverez le linge sale dans un sac bleu, dans mon cabinet de toilette. B. Quand désirea vous que je vous rapporte votre linge ? A. Aussitôt que possible, car je compte partir à la fin de la semaine. B. C'est aujourd'hui mardi : je puis venir vendredi soir. A. C'est trop tard. Je ferai mes malles

jeudi ponr les envoyer au bateau du Havre, et il faut que j'aie mon linge au plus tard jeudi à midi.

B. C'est entendu. Mme., vous l'aurez. Dois- je empeser vos blouses? A. Oui, mais ne mettez rien de fort dans la lessive, afin que les couleurs ne passent point. B. Je ne lave qu'au savon.

A. Soignez bien les cols et les manchettes de monsieur. Et vous ferez attention aussi aux^mouchoirs de soie et aux cravates de soirée de mon mari. B. Mme., je ne vois pas les chaussettes, ni le peignoir marqués sur la liste. A. Cest vrai. Je les ai laissés sur le lit. Les voici. Tenez, ajoutez cet essuie-mains brodé et cette petite nappe à thé. B. Je crois que c'est tout. Au plaisir, Mme. A. Adieu, soyez exacte et ne déchirez rien, si c'est possible.

Dialogue 18.

A. Avez vous déjà retenu des places sur le bateau ? B. Certainement, parceque beaucoup de personnes désirent partir pour l'Europe au printemps. A. Quelle ligne avez vous choisie? B. Je voyage toujours par la ligne allemande. A. Combien de temps dure le trajet de New York à Brème? B. Cela dépend. Par le bateau que je prends, on met huit jours si le temps est beau. A. Quant à moi, je n'irai pas à l'étranger avant l'année prochaine. B. J'espère que nous ferons le voyage ensemble, si vous pouvez partir en juin. A. J'en suis très fâchée, mais il m'est impossible de quitter la ville avant la troisième semaine de juillet. B. Que c'est désagréable 1 J'aurais été si heureuse de voyager en votre compagnie 1 A. Peut-être que nous nous retrouverons en Allemagne dans le courant de l'été. B. Je l'espère. A quelle époque pensez vous être à Carlsbad ? A. Laissez moi réfléchir une minute. D'après mes plans j'y serai vers le 2 septembre. B. A quel hôtel descendrez vous? A. Toujours au Grand Hôtel. Les chambres y sont confortables et la table excellente. B. Eh bien, prenons rendez-vous pour la première semaine de septembre.

Dialogue 19 (pour demander son chemin).

A. Pouvez vous me dire le chemin pour aller au Bureau de Poste ? B. C'est assez loin d'ici. Mais vous pouvez prendre le tramway qui passe devant la porte. A. Je préfère marcher si la distance n'est pas trop considérable. B. Dans ce cas, descendez la rue jusqu'au magasin de nouveautés que vous voyez là bas. A. Et après ? B. Alors, prenez la rue à droite, puis la deuxième à gauche et marchez tout droit. A. Est ce qu'il est facile de voir ce bureau de Poste ? B. Très facile. La façade est peinte en vert et il y a deux réverbères rouges, un de chaque côté de la porte. A. Mâtin 1 je m'aperçois que j'ai oublié mon portemonnaie. B. Combien vous faut^il ? A. Seulement six sous pour payer ma place dans l'omnibus. B. H n'est pas prudent de vous mettre en route avec si peu d'argent. Permettez moi de vous offrir cinq francs. A. Merci infiniment. Vous êtes trop aimable. B. C'est un plaisir pour moi de vous obliger. A. Je vous rembourserai immédiatement après mon retour à la maison. B. Rien ne presse, je vous assure. Mais voyez, le temps se couvre. Il serait bon de prendre un parapluie. A. J'ai laissé le mien au bureau. B. Le mien est à votre service. A. Véritablement, vous êtes ma providence aujourd'hui et je ne sais comment vous remercier.

Dialogue 20 (une commission).

A. Voudriez vous me faire un plaisir ? B. Certainement, De quoi s'agit-il ? A. De me faire quelques emplettes si vous avez le temps. B. Je vais les mettre par écrit. Voilà, je suis prête. A, D'abord du

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papier à lettres à bords noirs petit format et des enveloppes assorties. B. Dois-je en acheter une boite ou une main ? A. Cela se vend d'ordinaire en boîtes. Prenez cette fexiille comme modèle. B. Bien, après ? A. Une petite bouteille d'encre noire bien liquide, un petit flacon de colle et quelques feuilles de papier buvard. Y êtes vous ? B. J'y suis. Continuez. A. Si ce n'est pas abuser de votre obligeance, je vous demanderai de passer chez le teinturier chez qui j'ai laissé une paire de gants à nettoyer. B. Avez vous un reçu ou un bulletin pour ces gants ? A. On ne m'en a pas donné. Mais on a pris mon nom. B. Je doute que le teinturier me remette la marchandise. A. Pourquoi pas ? Si vous payez ce qui est dû ? B. Oui, mais comme cela une personne quelconque pourrait retirer vos gants. A. Je n'ai jamais eu de diflaculté de ce genre. B. Enfin, je vais essayer. Donnez moi de la petite monnaie pour ces menues dépenses. A. Voici ma bourse. Au besoin, vous pouvez changer la pièce de 20 francs qui est dans la poche du milieu.

Dialogue 21 (avec un cordonnier).

A. Mme. Une Telle, qui est souffrante, m'a chargé de rapporter ces bottines ; elles ne lui vont pas. B. Cela me surprend considérablement. Cette dame les a essayées dans le magasin. A. Je ne dis pas non. Mais c'est un fait. B. Que veut-elle que nous fassions î

A. Que vous les changiez. Les talons sont de travers ; les semelles trop minces et il y a une couture sur le coude pied qui la gène.

B. Nous n'avons plus que cette paire en cuir verni. Mais il y en a du même numéro en veau, très élégantes, à boutons. A. Mme. Une Telle ne veut que des chaussures à lacets parcequ'eUes prêtent mieux. B. Je vous assure que celles à boutons s'élargissent vite.

A. Cela ne fait rien. Montrez m'en d'autres. B. Bouts ronds ou carrés ? A. Ni l'un ni l'autre. Bouts pointus. B. En voici tout un stock. Faites votre choix. A. Je crois que je m'arrêterai à celles-ci. Y a-t-il une différence de prix ? B. Naturellement. Elles sont moins chères, n'étant pas en cuir verni. A. Eh bien faites faire la rectiflca. tion sur le compte de mon amie et faites empaqueter les bottines,

B. Madame les emporte avec elle ? A. Oui, il n'y a qu'une petite distance à marcher. B. Mon garçon de boutique vous les portera. J» vais lui donner l'order de vous accompagner.

Dialogue 22 (avec un loueur de voitures).

A. Je désirerais louer une voiture pour faire une petite excursion dans la forêt. B. Voici la carte d'un loueur en qui vous pouvez avoir confiance. A. Monsieur, combien me prendrez vous pour une voiture à deux chevaux pour faire l'excursion de X ? C. Conduisez vous vous même ? A. Non, je ne connais pas la route. C. La route est très facile. On ne peut pas se tromper. C'est tout droit. A. Dans ce cas je conduirai, si vous me donnez des chevaux sages. C. Mes chevaux vont tout seuls. On peut leur laisser la bride sur le cou. A. Mais vous ne me dites pas le prix avec tout cela. C. C'est vrai. D'ordinaire je prends vingt francs pour l'excursion. Mais comme la saison est avancée, je ne puis vous donner une voiture que pour vingt cinq francs. A. Comment! Vous demandez plus cher parceque la saison est avancée ! Qu'est ce que cela veut dire ? C. J'ai moins de chevaux maintenant et je préfère les louer en ville pour plusieurs petites courses que pour une grande. A. Eh bien, gardez les, ces chevaux. Je vais m'adresser ailleurs.

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Dialogue 23 (avec un domestique de place).

A. Madame, je suis le domestique de place que Madame a fait demander. B. C'est bou. Est ce que vous vous louez à l'heure ou à la journée ? A. Comme on veut ; 5 francs l'heure ou 25 francs pai^jour. B. Cela me semble exorbitant. Dans mon guide, on dit qu'il se trouve ici des domestiques de place pour 2. 50 l'heure. A. C'était ainsi autrefois Mme. Il existe un nouveau tarif depuis l'été passé. B. Qui l'a fait, ce tarif ? Vous et vos collègues ? A. Mme., il est approuvé par M. le Maire. B. Montrez le moi. A. Je ne l'ai pas sur moi. B. C'est regrettable. Allez le chercher; en attendant je vais m'informer au bureau de police. A. Eh bien, Madame, par exception et parceque c'est vous, je veux bien vous faire voir la ville pour 2.50 l'heure. B. Alors, en route. Ne marchez pas trop vite, surtout en montant, et rappelez vous que je dois prendre le train à cinq heures. A. Si ces dames ne sont pas bonnes marcheuses, il serait préférable de louer des chevaux ou de prendre un fiacre découvert. B. Je crois que cela vaut mieux, en effet. Faites donc les arrangements nécessaires.

Dialogue 24 (achat de linge).

A. Voulez vous m'accompagner jusqu'au magasin de nouveautés ? Je désire y acheter du linge du table. B. Oui, par la même occasion je me procurerai du linge de toilette. A. En partant de suite nous pourrons être de retour facilement pour le déjeuner de midi. B. Nous voilà arrivées. Faites vos achats d'abord. Je vous attendrai dans le salon de lecture.

A. Mademoiselle, montrez moi des nappes unies de différents prix avec les serviettes de table assorties. C. Désirez vous un monogramme brodé sur chaque pièce? A. Non. Mais peut-être prendraije un service damassé. Sur celui-ci il me faudrait un monogramme brodé à la main. C. Voici ce que nous avons de mieux en uni. Mais je vous conseillerais de prendre des nappes de plusieurs largeurs. A. C'est ce que je compte faire. Ce service-ci me plait assez et le prix est à peu près ce que je voulais y mettre. C. Où dois^je envoyer cet achat? A. Faites porter, je vous prie, le paquet dans mon fiacre, No. 4746, qui est à la porte. C. Et avec cela, madame? A. C'est tout pour aujourd'hui. Voici un billet de cent francs. C. Pardonnez moi, madame, mais votre achat monte à 104.75. A. C'est exact. Voilà une pièce de cinq francs de plus. C. Merci, madame. Voici les 25 centimes qui vous reviennent.

Dialogue 25 (même stu'et).

A. Ma chère, j'en ai fini avec mes emplettes, car ma bourse est vide. C'est à peine s'il me reste de quoi payer mon cocher. B. Ceci m'arrive presque chaque fois que je viens ici. On voit une foule de choses qui vous tentent et on se laisse aller à acheter presque sans compter. A. Mais n'avez vous pas dit qu'il vous fallait du linge de toilette? Je crois qu'il y a aujourd'hui une vente spéciale de ces articles. B. Tant mieux. Je vais en profiter sur le champ ; mademoiselle, combien sont ces essuie-mains à bordure rouge et à franges ? C. Il y en a de deux prix, car les uns sont pure toile, les autres en coton. B. Oh, je ne me sers jamais de linge de coton. L'étiquette des essuie-mains de toile porte 2.50. Y a-t-il une diminution sur la douaaine? C. Non, madame. Mais ceux de coton se vendent par douzaine avec un rabais considérable. B. Je croyais que vous aviez une vente spéciale de linge de toilette et je m'aperçois que tout est aussi cher que les autres jours. C. Oh que non! les serviettes de

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bain ont été bien réduites. B. Mais elles sont encore plus chères

âa'au Bon Marché. C. Elles sont aussi de qualité bien supérieure, w C'est possible. Toutefois je ne pense pas qu'elles raillent ce prix.

Dialogue 26 (achat de vêtements).

A- Montrez moi, je vous prie, cette jaquette qui est dans la devanture. B. Nous en avons d'autres du même genre ici. A. Voyons. Non, cela n'est pas du tout la même qualité, B. Pardonnez mol. Il n'y a de différence que daus la couleur. A. Oh non, je connais assez les étoffes de laine potir voir la différence entre celle-ci et l'article qui est en montre. B. Si madame veut mettre un peu plus de 75 francs, nous avons des jaquettes tout-à^fait supérieures en qualité et en durée. A. Pas du tout. Je désire celle qui est en montre, marquée 75 francs et pas d'autre. Si vous ne me la montrez pas, je vais me plaindre à votre patron. B. Oh ! si vous y tenez absolimient, je vais la chercher. Cela m'est bien indifférent. A. Je ne crois pas que cela vous soit aussi égal que vous le dites. Mais peu Importe ; donnez mol ce vêtement et n'en parlons plus. B. Et avec cela, madame ? A. Avec cela, rien. Envoyez le paquet à cette adresse ce soir avant six heures.

Dialogue 27 (une visite).

A. Ma chère amie, j'ai bien de reproches à vous faire ! B. A mol t Comment cela ? A. Quoi 1 Vous êtes à Paris depuis quinze jours et vous venez seulement me voir aujourd'hui ! B. Mais, ma chère, pourquoi aussi demeurez vous au bout du monde ! 11 faut une demi-journée pour vous faire une visite. A. Croyez vous que Passy soit si loin que cela ? H y a des foules d'omnibus et même le chemin de fer de ceinture. B. Eh ! sans doute. Mais pourquoi ne pas vous être logée à Versailles ou à Saint Germain pendant que vous y étiez. A. Vous êtes taquine aujourd'hui. Quelle mouche vous a piquée ? B. Je vais vous dire. Je suis furieuse. Pendant que j'étais aux eaux, ma propriétaire m'a donné congé et j'ai dû déménager. A. Qui va à la chasse perd sa place. B. Oui; et figurez vous qu'avant de partir j'avais tout remis à neuf. A. Vous avez travaillé pour le roi de Prusse. B. Oh, vous me faites mourir à i)etit feu avec vos proverbes. A. Allons, vous avez la tète près du bonnet ce matin, décidément. Rappelez vous qu'en ce bas monde la patience vient à bout de tout.

Dialogue 28 (souhaits de bonne année).

A. Je vous souhaite une bonne et heureuse année. B. Merci, mol de même. Avez vous beaucoup de visites à faire aujourd'hui ? A. Oui, comme toujours à pareille époque. B. Voudriez vous me rendre un petit service ? A. Même un grand si je le puis: qu'est-ce ? B. Je suis peu familier, vous le savez, avec les finesses de la langue française et je ne sais comment souhaiter la bonne année à quelqu'un par t^crit. A. Vous voulez une phrase brève et polie, je suppose, pour Inscrire BUT votre carte de visite, n'est-ce pas ? B. Exactement. Vous avez deviné. A. Eh bien, mettez ceci: "veuillez, je vous prie, accepter, à l'occasion de la nouvelle année, mes meilleurs voenx et mes compliments bien sincères." B. Peut-on écrire simplement au dessous de son nom : "avec ses meilleurs souhaits de bonne année." A. Sans doute ; céda se fait couramment.

Dialogue 29.

A. Puisque vous connaissez si bien cette ville, vous potirrieï peut-être me donner quelques renseignements sur elle. B. Avec plaisir. A. Que je suis donc contente! Je déteste les guides et leurs

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boniments monotones. B. Les guides ont intérêt à vous faire perdre le plus de temps possible. A. Que c'est donc vrai! Quand serez vous disponible ? B. Quand vous voudrez, je n'ai rien à faire. Je me suis retiré du commerce Tannée dernière. A. Vous êtes bien heureux et j'envie votre sort. B. Vous avez tort, car je m'ennuie sou- Tcnt. A. Pourquoi n'abordez vous pas la politique ? Cela voas distrairait. B. La politique à peu d'attraits pour moi. Je préfère voyager; malheureusement les voyages coûtent cher. A. A qui le dites vous I J'en sais quelque chose, car il y a six ans que je suis en route continuellement. B, Moi, j'ai fait une fois le tour du monde et je suis prêt à recommencer.

Dialogue 30 (voitures à taximètre).

A. Je voudrais prendre un fiacre, mais j'ai peur d'être volé par le cocher. B. Vous avez tort. 11 n'y a pas de chances pour cela avec les voitures à taximètre. A. Comment cela ? B. Vous pouvez lire le Prix à Payer sur le Guichet ou cadran. A. Combien coûte la course ? B. C'est arrangé ainsi : 75 centimes pour 1200 mètres ou 9 minutes d'occupation et dix centimes pour chaque 400 mètres de plus ou trois minutes de plus. A. On m'a dit que la nuit, après une certaine heure, c'est plus cher. B. Oui, il y a ce qu'on appelle des Suppléments qui se marquent aussi sur le Guichet : 50 centimes de plus pour les trajets de nuit ou bien si la voiture va au delà des fortifications. A. Si je quitte la voiture au delà des fortifications, dois-je une indemnité ? B. Oui, un franc. A. N'y art-il plus de voitures sans taximètres ? B. Si. On paie alors 1 franc 25 pour la course et 2 francs l'heure. La nuit ces prix sont 2.25 et 2.50. A. Combien de pourboire dois-je donner? B. Cela dépend beaucoup. Pour une petite course, 25 centimes sont tout-à-fait suffisants. Si vous gardez la voiture trois quarts d'heure ou une heuje, donnez 50 centimes. Et ainsi de suite.

Dialogue 31 (automobile à taximètre).

A. Voulez vous venir avec moi au Trocadéro ? J'ai pris une automobile à taximètre. B. Merci beaucoup. Est-ce que ces voitures sont très coûteuses à louer ? A. Pas du tout. Mais les taxes varient avec les compagnies. La Prise de Charge, comme on l'appelle, est taxée 75 centimes et plus, jusqu'à 900 ou 1200 mètres, ou bien 5 minutes d'occupation. Chaque 400 ou 300 mètres de plus, ou 3 minutes d'occupation de plus, coûte de dix à vingt centimes. B. Voyez : nous nous arrêtons. H y a quelque chose de dérangé. Le chauffeur^ est descendu de son siège. Chauffeur : " Nous sommes en panne, monsieur. A. En avez vous pour longtemps ? C. Cinq ou dix minutes peut-être. Si vous êtes pressé, vous pouvez me quitter en payant ce qui est dû jusqu'ici. A. Je ne suis pas pressé. Arrêtez votre taximètre, B. Comment savez-vous si le chauffeur l'arrête? A. Parceque le mot "panne" doit apparaître sur l'appareil. B. Que doit-on faire en cas de contestation ? A. La chose la plus simple est de se faire conduire au plus proche Bureau de Police, sans discuter avec le cocher ou chauffeur.

»0u " mécanicien."

Dialogue 32.

A, Vous êtes très matinale aujourd'hui. Où allez vous si tôt? B. Vous pouvez dire matineuse. Car je vais au manège tous les matins de bonne heure. Ne voyez-vous pas que je porte une amazone ? A. Pardonnez moi. Je ne l'avais pas remarqué. B. Montez-

Dialogues 11

vous aussi quelquefois à cheval ? A. Je monte à la campagne. Mais je n'aime pas me promener à cheval en ville. B. Vous n'avez pas tort. Cependant, la ville est si grande, que cela prend trop de temps de sortir des rues et des maisons. A. Mais, je ne veux pas vous arrêter davantage. Au revoir ! B. Si vous allez de ce côt«, nous pouvons faire route ensemble. A. Avec le plus grand plaisir. Ce n'est pas souvent que j'ai la bonne fortune de vous rencontrer. B. Oh ! ne me débitez pas de fadeurs, {do not recite to me in-sipid sentences). Dites moi plutôt comment vont vos travaux. A. Ni trop bien, ni trop mal. Je n'ai pas lieu, en somme, dëtre très satisfait, après tous les efforts que j'ai faits. B. Je le regrette. Etudiez-vous toujours l'espagnol? A. J'y ai renoncé. Cest à peine si j'ai le temps de prendre des leçons de peinture. B. Nous voici à la porte du manège. Je ne vous propose pas d'entrer. Venez nous voir un de ces aprèsmidL A- Merci mille fois. Au plaisir.

Dialogue 33 (avec un guide).

A. Qu'y a-t-il d'intéressant à voir dans cette localité? B. Le vieux pont fortifié, le château fort et le musée des armures. A. J'ai vu les deux premiers en venant de la gare, et je ne tiens pas à les revoir en détaîL Menez moi donc au musée. B. Madame, Û est fermé le lundi, pour le nettoyage. A. J'irai donc demain. N'y a-t-il pas de galerie de tableaux ? B. Si, Mme, mais elle est fort inférieure à la collection privée de M . le comte de la Tuile. A. Cette collection est elle ouverte au public ? B. Oui, mais dans certaines conditions. A. Lesquelles? B. Il faut une carte d'admission, potir laquelle il est nécessaire d'écrire au secrétaire de M. le comte. A. Et j'aurai la réponse dans quinze jours, n'est-ce pas? Non, merci! B. Peut-être qu'en donnant la pièce au portier, on pourrait, s'arranger. A. Donnez lui donc 40 sous, et que cela finisse. B. En route, je pourrai vous faire voir la fontaine de la grande place, avec des bas reliefs ctirieux. A. Soit ! si cela ne nous éloigne pas trop. Chemin faisant, racontez nous brièvement l'histoire de cette localité et quelque chose sur son industrie.

Dialogue 34.

A. Comme je dois rester plus d'un an en Europe, je voudrais mettre mes deux garçons dans un établissement d'instruction où ils puissent apprendre le français. B. Vous avez là une bonne idée. Quel âge ont vos fils ? A. Treize et quinze ans. Me conseillez vous de les mettre dans un lycée de Paris ? B. Non, Madame. Ce sont là des établissements où l'on prépare les jeunes gens aux examens. Ce n'est pas là ce qui conviendrait à vos fils ; d'ailleurs, la discipline y est étroite, la vie monotone, et je ne crois pas qu'un jeune Américain s'en accommode. A. Que faire alors? B. A votre place, j'essayerais une i)ension privée, et, plus particulièrement en Suisse, à Genève ou à Lausanne. Le français qu'on parle là est ptir et les pensionnats y sont orsfanisés pour apprendre la langue aux étrangers. A. N'y-a-t-il rien de semblable à Paris? B. On trouve de bons établissements dans la banlieue. A. Alors pourquoi me conseillez vous plutôt la Suisse ? B. A cause de l'air, d'abord, et ensuite parceque l'instruction s'y donne sur des bases plus conformes aux habitudes anglosaxonnes.

Dialogue 35 (avec une femme de chambre).

A. Madame a sonné ? B. Oui, Julie. Je désire que vous brossiez ma jupe, qui est pendue à ce crochet, derrière la porte. A. Le galon qui borde (pinds) la jupe est décousu en deux endroits. B. £h

13' Vade Mecum de Français

bien, voilà un dé et une aiguille enfilée. Vous pouvez faire un point ou deux. A. Quelle robe Madame mettrar-t-elle pour sa réception ? B. Ma bleue avec les volants crème. A. Les volants ne sont pas revenus de chez le dégraisseur. B. Alors, cousez à leur place le tulle qui est arrivé ce matin du Bon Marché. A. Mettrai-je du tulle, comme ruches, aux manches ? B. Naturellement. Vous me préparerez aussi mes escarpins en suède gris-clair. A. Le coiffeur sera là à une heure un quart. B. C'est trop tôt. Téléphonez lui de venir à deux heures moins le quart précises. A. Faut-il apprêter le thé dans le boudoir ? B. Non, le boudoir est trop sombre aujourd'hui. A. Et quel service dois- je faire sortir, le Saxe, ou le Sèvres ? B, Ni l'un, ni l'autre. Prenez le Delf qui est dans le grand buffet. N'oubliez pas de remplir de fleurs le vase de Baccarat, sur la cheminée du salon.

Dialogue 36 (avec un valet de chambre).

A. Jean, vous ferez porter mon pardessus au tailleur, pour qu'on lui donne un coup de fer. B. Très bien, Monsieur. Dois-je préparer le costume de cheval ? A. Oui, mais au lieu des bottes à l'écuyère, je veux mes souliers jaunes avec les bandes molletières. B. Je ne trouve pas la cravache. A. Le bout en est cassé. Je l'ai envoyée au sellier par Bernard. Je passerai la prendre moi-même ce matin. B. La blanchisseuse n'a pas encore rapporté les cravates de chasse. Que faut-il donner à Mr. en place de cela ? A. Mon plastron gris, avec l'épingle fer-à-cheval. B. La jaquette fait beaucoup de plis dans le dos. A. C'est vrai. Elle ne va pas bien et j'ai envie d'en parler au tailleur. Elle me gêne d'ailleurs sous les bras. B. Mr. dîne en ville ce soir? A. Oui. Préparez moi mon habit noir et le reste pour 6 heures juste; et commandez le coupé pour 6.30 précises. B. Très bien. Faut-il les bottines vernies ou les escarpins ? A. Les bottines. Rappelez vous que je ne porte les escarpins que pour aller au bal. B. Dois-je attendre Mr. ? A. Attendez jusqu'à minuit. Si je ne suis pas rentré à cette heure-là, allez vous coucher.

Dialogue 37 (au sujet de bibliothèques).

A. Je voudrais consulter quelques livres à la Bibliothèque Nationale. Savez-vous à quelle heure cette institution est ouverte ? B. Non. Vous pouvez voir cela dans votre guide. Toutefois, il n'est pas possible d'y aller sans une autorisation. A. Mais alors ces formalités prennent sans doute assez longtemps. B. Une semaine environ. A Si on est muni d'une carte, peut-on emporter les ouvrages chez soi ? B. Oh non! Ce n'est pas une bibliothèque de prêt. Il faut lire les livres sur place. A. Comment dois-je faire pour obtenir les livres courants, les romans du jour, tout de suite, et sans formalité ? B. La chose la plus simple est de s'adresser à un cabinet de lecture privé, où, moyennant une somme modique, on peut louer ces ouvrages. A. Pourriez vous m'en indiquer un ? B. Facilement; à la " Lecture Universelle," par exemple, vous pouvez, soit vous abonner au mois, ou à l'année, soit payer tant par volume. A. Avez-vous une idée de ce que cela coûte ? B. Je crois que c'est quelque chose comme 2 francs par mois, ou 15 centimes par volume. A. Et les ouvrages anglais, s'y trouvent-ils aussi ? B. Je l'ignore. Pour ceux-là, il vaut mieux aller chez Neal's, rue de Rivoli. A. Où une femme seule peut-elle aller lire les journaux? B. Au "Herald," 49 Avenue de l'Opéra. On paie là 25 centimes par jour. Il y a aussi un établissement analogue. Passage de l'Opéra, appelé, si je me souviens bien, "le Salon Littéraire."

Dialogues 18

Dialogue 38 (avec un tailleur).

A. Prenez moi mesure pour un costume de voyage, en drap anglais, de cette qualité. B. Voulez vous un veston croisé sur la poitrine? A. Oui, si c'est la dernière mode. Faites les épaules bien concaves. B. Faut-il le gilet très ouvert? A. Non, pas trop; mettez 7 une poche intérieure pour portefeuille. B. Le pantalon un peu large, je suppose ? A. Notez que je ne porte pas de bretelles. Ainsi, faites le serré à la taille et mettez une boucle par derrière. B. Pour un costume de voyage, je vous recommanderais le pantalon retroussé. A. Non, je n'aime pas cela. Quant au veston, ne craignez pas de donner un peu d'aisance. Mon dernier complet me gênait tant soit peu sous les bras. B. C'est tout, Mr. L'essayage sera mercredi, si cela vous convient.

Dialogue 39 (avec une couturière).

A. Je désire, pour assister au mariage de Mlle. Une Telle, votre cliente, une robe en mousseline de soie peinte, de cette espèce, d'après ce patron. B. Quelle jaquette ? Vous voyez qu'on met avec cela une jaquette de taffetas mauve: regardez cette planche de modes. Les manches sont courtes, et Imssent voir des volants de Malines. A. Cela m'irait assez. Le corsage que vous n'avez fait pour mon autre costume, me serrait sur la poitrine. Il faudra que vous l'élargissiez, et que vous échancriez sous les bras. En même temps, vous pourrez relever un peu les épaules. Je vous l'apporterai un de ces jours. B. Désirez vous pour votre nouvelle robe une ruche "collier de chien " avec chou de ruban de satin ? A. Non, je préfère une guimpe de tulle, barrée d'entredeux de Cluny. B. Je trouve qu'une echarpe en mousseline de soie, drapée sur la robe, ferait un effet très gracieux. A. Je m'en rapporte à vous. Dites moi combien de mètres de drap seraient nécessaires pour une jupe tailleur, à cinq lès (gore»). Et aussi, combien pour la doublure ? B . Ne vous inquiétez pas de ces détails. Je ferai moi-même la commande aux grands magasins, quand vous serez décidée à faire faire le costume.

Dialogue 40 (avec une modiste).

A. Bonjour, Madame. Ne voulez vous pas ôter votre cachepoussière, vous serez plus à votre aise. B. C'est vrai, j'ai oublié de l'enlever, dans l'automobile. A. Qu'y a-t-il pour votre service aujourd'hui ? B. Je veux un chapeau, mais je ne sais que prendre. A. Si c'est pour aller en auto, on porte beaucoup ces galettes de paille crayeuse. B. Comment les garnit-on ? A, On les entoure d'une draperie roulée de mousseline de soie avec une grosse rose de couleur, ou noire, formant chou, placée sur le devant du chapeau. B. Cest bien volumineux! A. Si vous préférez, vous pouvez mettre une simple capeline, comme celle-ci, qui est couverte de fleurs de trèfle rose épanouies. Sur le côté, un noeud en ailes de moulin de satin liberty noir. B. Combien ce canotier, avec la plume-couteaui rouge ? A. 20 frs. Madame, mais, je ne le vous conseillerais pas pour aller en voiture découverte. Cela tient d'ifQcileraent sur la tête par un grand vent. Si vous voulez prendre la peine de monter au premier, je vous ferai voir de charmantes créations que je viens de recevoir.

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