‹ Vade Mecum du professeur de Français, encyclopédie portative de connaissances et d'exercices utiles à ceux qui enseignent la langue et sa littératureChapitre 66 sur 120 · Epoque Révolutionnaire · texte numérisé non relu

Epoque Révolutionnaire

Carmagnolb.

Les paroles datent de 1789, mais l'air est pins ancien. Il avait été composé, dit-on, pour nne chanson sur la victoire du général ita' lien F. Carmagnola sur les Suisses, dans le Milanais. On prétend aussi que le nom est tiré d'une veste portée par les Fédérés marseillais qui se sont rendus célèbres à Paris, le 10 août, 1792. Ce sont ces mêmes Fédérés, soit dit en passant, qui introduisirent à Paris la Marseillaise (voir plus bas). La Carmagnole se dansait comme une ronde, avec un mouvement de plus en plus rapide.

Le nom de Carmagnole fut donné aussi à un costume patriotique de l'époque. Dans la littérature anglaise, ce mot est emplové parfois pour désigner un soldat de l'époque révolutionnaire. Burns s'en est servi comme synonime du mot "diable" ("tbat corst carmagnole auld Satan").

Mme. Veto ^ avait promis De faire égorger tout Paris (bis) Mais son coup a échoué.

Grâce à nos canonniers!

Dansons la Carmagnole. Vive le son! Vive le son! Vive le son du canon !

• Le Bornom de " Veto " avait été donné à Louis "XVI à la stiite de pla- ■ieiire vetoe appoeéa par le soaveraia à des décisions de l'Assemblée.

Ça iba!

Date de 1789. Le nom en a été suggéré par B. Franklin qui employait volontiers cette expression dans le sens de " It will succeed.'* L'air est emprunté à une contre-danse, composée par Bécourt, et souvent jouée stir le clavecin par Marie Antoinette. On prétend que c'est Lafayette qui demanda à un musicien ambulant, nommé Ladre, d'y mettre des paroles de circonstance. Ça Ira fut employé comme pas redoublé par les musiques militaires des armées de la République. Ce chant porte encore le nom de " Carillon National." Marseillaise.

Air ou Hymne National. Composé en avril, 1792, à Strasbourg par Rouget de Lisle, officier du génie militaire. ^ Chanté pour la première fois par le compositeur chez Dietrich, maire de Strasbourg, 3 lequel le fit imprimer dans un journal patriotique. Un numéro de ce journal tomba sous les yeux de Mireur, député de Montpellier, qui chanta l'hymne à Marseilles, lors du départ des volontaires pour Paris. Ces derniers, appelés Fédérés, firent connaître à leur tour le chant dans diverses villes, et surtout à Paris, où on lui donna le nom de Marseillaise. La première audition du chant, chez le maire Dietrich, a fait le sujet d'un tableau célèbre par Pils, reproduit ensuite par les lithographies de Cottin, qui ont rendu cette &cène, d'ailleurs imaginaire, extrêmement populaire en France.

» Né à Long le Saalnier en 1760. mort dans la misère en 1836.

* Le maire Dietrich périt lai-même sur l'écbafaad.

Allons, enfants de la Patrie, Le jour de gloire est arrivé.

Contre nous de la tyrannie L'étendard sanglant est levé Entendez-vous, dans ces campagnes, Mugir ces féroces soldats Qui viennent jusque dans nos bras Egorger nos fils, nos compagnes ?

98 Vade Mecum de Français

Aux armes, citoyens ! Formez vos bataillons, Marchons, (bis) Qu'un sang impur abreuve nos sillons !

Que veut cette horde d'esclaves, De traîtres, de rois conjurés ?

Pour qui ces ignobles entraves.

Ces fers dès longtemps préparés ?

Français, pour noua, oh ! quel outrage 1 Quels transports il doit exciter !

C'est nous qu'on ose méditer De rendre à l'antique esclavage!

Quoi, des cohortes étrangères Feraient la loi dans nos foyers!

Quoi, ces phalanges mercenaires Terrasseraient nos fiers guerriers!

Grand Dieu ! par des mains enchaînés Nos fronts sous le joug se ploiraient!

De vils despotes deviendraient Les moteurs de nos destinées !

Tremblez, tyrans et vous, perfides, L'opprobre de tous les partis^ Tremblez, vos projets parricides Vont enfin recevoir leur prix.

Tout est soldat pour vous combattre, S'ils tombent, nos jeunes héros, La France en produit de nouveaux, Contre vous tout prêts à combattre.

Français, en guerriers magnanimes.

Portez ou retenez vos coups. Epargnez ces tristes victimes A regret s'armant contre vous.

Mais le despote sanguinaire, Mais les complices de Bouillé.i Tous ces tigres qui sans pitié Déchirant le sein de leur mère!

Amour sacré de la Patrie,

Conduis, soutiens nos bras vengeurs.

Liberté, liberté chérie.

Combats avec tes défenseurs.

Sous nos drapeaux, que la Victoire

Accoure à tes mâles accents !

Que tes ennemis expirants,

Voient ton triomphe et notre gloire !

Allons, etc.

Remarque. A ces six couplets, composés par Rouget de Lisle pour ce qu'il appela " Le Chant de Guerre de l'Armée du Rhin," l'abbé Peyssonneau ajouta le suivant, chanté d'habitude par des enfants:

' Le général marqnis de Bouille avait favorisé la fuite de Louis XVI, et encooru ainsi l'animosité populaire.

Renseignements Divers 99

Nous entrerons dans la carrière Quand nos aines n'y seront plos.

Nous y trouverons leur poussière Et la trace de leurs vertus.

Bien moins jaloux de leur survivre

Sue de partager leur cercueil, ous aurons le sublime orjgueil De les venger ou de les suivre.

Cha^t du Dépakt.

A été composé par le poète Marie Joseph Chénier (voir Chapitre X) pour la fête du 14 juillet, 17&4. La musique est de Mehul. La victoire, en chantant, nous ouvre la barrière, La Liberté guide nos pas.

Et du nord au midi, la trompette guerrière A sonné l'heure des combats.

Tremblez, ennemis de la France, Rois ivres de sang et d'orgueil.

Le peuple souverain s'avance:

Tyrans, descendez au cercueil.

La République nous appelle:

Sachons vaincre ou sachons mourir.

Un Français doit vivre pour elle.

Pour elle un Français doit mourir.

Htîtnb dk l'An II.

De ce chant, composé en 1794, il ne subsiste plus que le refrain ci-après, devenu très populaire en France vers 1848 (voir plus loin: " Chant des Girondins "). 11 est dû à Rouget de Lisle, qui l'avait placé dans un opéra, " Roland à Roncevaux," puis l'avait transporté dana le chant du " Vengeur." i

Mourir pour la Patrie (bis)

C'est le sort leplus beau, le plus digne d'envie (bis).

1 KiTire de guerre français qui, pendant les gaerres de la Bévolation, coula plntfit que de se rendre.

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