Chansons et Complaintes
Au CLAIR DE LA LUNE.
Chanson très populaire, dont la musique est attribuée à Lulli. Lés paroles sont naïves et d'origine inconnue. Le premier couplet seul est généralement chanté.
Le compositeur Boieldieu a fait, dans son opéra comique " Les Voitures versées," de charmantes variations sur cette mélodie.
Le roi Dagobert.
Origine inconnue mais antérieure à la Révolution. C'est une des mélodies favorites des joueurs de cor de chasse.
Le Juif Errant.
Le sujet de cette complainte est bien connu. La légende remonte à 1218, époque à laquelle elle fut introduite en Angleterre par un patriarche venant d'Arménie. En France sa première apparition date du XV le siècle. C'est en 1608 qu'on publia la complainte, sous sa forme actuelle, à Bordeaux. Il est probable que la mélodie remonte au moyen âge. Les couplets sont au nombre de 24. Le plus célèbre de ceux-ci, que l'on trouvera un peu plus loin, a fait le sujet d'une lithographie de 1774, qui est restée extrêmement populaire dans les campagnes françaises.
Un jour, dans la ville De Bruxelles en Brabant, Des bourgeois fort dociles L'accostèrent en passant:
Jamais ils n'avaient vu Un homme si barbu.
Marlborough.
Ce chant, qui représente le général anglais de ce nom sous un jour ridicule, a été composée, non au moment de la mort du duc en 1722, mais en 1709, immédiatement après la bataille de Malplaquet. Durant cette journée, funeste pour les Français, le général avait passé pour mort; le soir de la bataille, au bivouac de Quesnoy, les soldats français, pour se venger de leur vainqueur, se mirent à chanter sur lui des couplets grotesques, qui n'eurent, d'ailleurs, qu'un succès épliémère. La chanson, qui avait survécu dans quelques garnisons, réapparut soudainement en 1781. Mme. Poitrine, nourrice du Dauphin, berçait ce dernier avec la mélodie de *• Marlborough"; l'air plut a Marie Antoinette, et la reine le remit à la mode. C'était aussi l'air favori de Napoléon ï; l'empereur aimait à le chantonner en montant à cheval au matin d'une bataille; et cela est caractéristique, car il avait horreur de la musique.
On suppose que l'air date du temps des croisades.
La MÈRE Michel.
Il y a dix versions différentes de cette chanson, qui semble un peu l'œuvre de tout le monde. Le personnage de " Lustucru " apparaît dans diverses autres chansons; c'est un '* compère," donnant la réplique. On ignore son origine.
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Benseignements Divers 101
La Palice.
Cette chanson fut composée après la défaite de Pavle (1525). Au début, elle n'était pas ironique. Les soldats français, déplorant la mort de leur générialfavori, tué dans cette journée, célébraient sa bravoure:
Trois quarts d^heure avant sa mort,
n était encore en vie.
exprime simplement, d'une façon maladroite, que ce guerrier lutta jusqu'à son dernier souffle. Mais la postérité, mal renseignée, fit de cette composition naïve une complainte ridicule.
Remarque. 11 existe bien d'autres chansons ou complaintes populaires, mais elles sont moins importantes pour les élèves étrangers. Toutes ces compositions ont du cachet. Elles présentent un mélange de naïveté, de douce malice, et de sensibilité qui offre beaucoup de charme. Quoiqu'elles aient d'habitude la hardiesse de mots de l'époque, elles dépassent rarement la mesure.
Les principales sont ** Girofle, Girofla," " Le Compère Guilleri," "Nous étions trois filles," "Ah! vous dirai- je, maman, ce qui cause mon tourment ? " " J'ai du bon tabac dans ma tabatière " (chanson du XVIIÏe siècle, attribuée à l'abbé de l'Attaignant).
Les enfants chantent encore "Le Chevalier du Guet," "Nous n'irons plus au bois," " Sur le Pont du Nord," " Mr. DumoUet," "Cadet Èousselle," " Il était une Bergère."
Section 6.
Vocabulaires Techniques.