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DE LA CORRECTION

Anciennement, l’emploi de correcteur était tenu par des hommes d’une érudition reconnue, et les autorités ne badinaient jias sur le chapitre de la correction typographique.

En 1539, François Ier édicta un règlement où il était stipulé (art. 17) :

« Si les maistres imprimeurs des livres en latin ne sont » sçavans et suffi sans pour corriger les livres qu’ils impri- » nieront, seront tenuz avoir correcteurs suffisans, sur peine » d’amende arbitraire; et seront tenuz lesdicts correcteurs )) bien et soigneusement de corriger les livres, rendre leurs » corrections aux heures accoustumées d’ancienneté, et en tout )) faire leur debvoir; autrement seront tenuz aux intérestz et » dommages qui seroient encouruz par leur faulte et coulpe. »

Depuis cette époque, l’imprimerie a fait d’immenses progrès. Seul, le travail de la correction est sacrifié de plus en plus. La cause? Les exigences de la clientèle.

11 faut produire vite, et surtout à bon marché, en ce siècle d’automobilisme et d’électricité : on n’en demande pas davantage.

La profession de correcteur est la plus ingrate et la moins appréciée de toutes celles qui contribuent à la bonne réputation d’une imprimerie. Et cependant, l’utilité de ce précieux auxiliaire n’est pas à discuter. La lecture de ce qui suit le démontrera à suffisance.

PRÉLIMINAIRES

La composition terminée, on en tire une épreuve, soit à la brosse, soit au taquoir (ce dernier garni d’un blanchet). Dans certains ateliers même, on se sert d’une presse à épreuves, très pratique, dont ci-après le dessin.

Le compositeur doit avoir soin d’inscrire son nom sur la coiiie qu’il remet au correcteur avec l’épreuve. Et s’il travaille aux pièces, il doit y ajouter le nombre de lignes composées.

Pour bien réussir l’épreuve, il faut employer du papier préalablement trempé, c’est-à-dire rendu humide à l’aide d’une

éponge légèrement mouillée. L’eau ne doit pas être visible sur le papier.

Si l’on a beaucoup d’épreuves à tirer, on prend une demidouzaine de feuilles que l’on trempe dans l’eau ; on place dessus une quantité égale de papier sec, puis une nouvelle partie de feuilles mouillées, et ainsi de suite. On serre le tout entre deux planches de bois et on surcharge le tout au moyen

d’un poids quelconque.

Au bout de quelques minutes, toute la partie de papier est humide à point.

Après avoir tiré les épreuves, ne pas négliger de bien nettoyer la composition.

Recommandation très importante. — - Enlever les porte -pages si les épreuves se font sur paquets liés, car les papiers employés comme porte-pages contiennent souvent des fragments de corps durs, qui provoquent l’écrasement de la lettre sous laquelle ils se présentent accidentellement.

Deux personnes concourent au travail de la correction typographique :

Le correcteur (1), qui lit les épreuves en première et indique, au moyen de signes conventionnels dont on trouvera le tableau ci-après, toutes les fautes qui se sont glissées dans la composition ;

Le corrigeur, qui fait sur plomb les corrections indiquées par le correcteur.

(1) « ... Mais il faut s’entendre sur la valeur de ce mot (correcteur). Le véritable correcteur doit être à la fois érudit et typographe. Si ce n’est qu’un érudit, un déclassé, qui fait ce métier parce qu’il n’en trouve pas de meilleur, il ne remplira que la moitié de sa tâche. » (A. Rernard, lettre à M. A. Firmin-Didot, insérée dans le journal L’Imprimerie, n° 49, janv. 1868.)

Presse à épreuves.

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