‹ Vade-mecum du typographieChapitre 127 sur 269 · DES TABLEAUX · texte numérisé non relu

DES TABLEAUX

formulaires qui doivent entrer dans un volume en cours d’exécution.

Pour un registre, on occupera la plus grande surface possible de la feuille de papier, puisqu’il importe de ménager à l’écriture autant de place que de besoin.

Du reste, il est facile de comprendre qu’on ne commande pas un registre pour avoir du papier inutile.

Mais pour les pages-tarifs et les formulaires, on observera la justification de l’ouvrage où ils doivent figurer. En cas de nécessité, ces tableaux peuvent être élargis et allongés, tout en laissant une marge respectable, afin qu’au brocliage et à la reliure, on ne coupe pas dans le texte.

Il se présentera évidemment des cas où il ne serait pas possible de ramener la justification de toutes les colonnes sur des cicéros. (Voir l’exemple que nous donnons dans l’entête de tableau ci-contre.)

On sacrifiera ici les subdivisions supérieures, afin de pouvoir employer, dans le montage du tableau, des blancs systématiques correspondant aux largeurs des colonnes 1, 2, 3, 4, 5 et suivantes.

Xous ferons remarquer que tous nos modèles ne sont donnés que pour mieux faire compren-

dre le raisonnement. Toutes les colonnes seront en conséquence élargies- en raison de leur importance réelle, et du format sur lequel les tableaux devront être imprimés. Et, naturellement, les caractères à employer subiront par là même une gradation similaire.

composition. -

Pour produire une bonne composition, il faut tout d’abord se servir d’outils dont la justesse ne laisse rien à désirer : deux ou trois composteurs, dont deux petits, et une galée bien d’équerre.

On peut même se procurer des composteurs fabriqués spécialement pour la composition des tableaux, et dont voici le dessin :

De même que pour les conrpositions avec accolades, le typographe ne peut apporter trop de soins à la composition des tableaux, car il n’est rien de plus disgracieux que la nonconcordance des filets.

Il doit retenir ce conseil : pour réussir un travail de l’espèce, il faut bien compter et justifier soigneusement. Un tableau bien conditionné doit pouvoir être enlevé du marbre sans perdre des blancs ou des lettres, ainsi que cela se produit encore trop souvent, et surtout, sans que l’on ait recours aux coups de pointe ou de pinces pour parfaire ce qui manque à la justification.

L’ouvrier qui agit de la sorte est un mastiqueur et non un typographe.

Une recommandation qui a aussi son importance :

Dans la composition d’un tableau, il faut toujours s’assurer si le nombre des points typographiques est égal d’une colonne à l’autre, et ne pas travailler au pouce, c’est-à-dire au hasard.

Les textes figurant dans les têtes de tableaux doivent autant que faire se peut être disposés en titres ; les lignes principales

COMPOSITION DES TABLEAUX

seront composées en grandes capitales, les lignes secondaires en petites capitales ou en bas de casse.

On peut aussi se servir de caractères classiques ou de g'enre, tels que bretonnes, égyptiennes, antiques, sans en abuser. Les fantaisies et ornées doivent être rigoureusement proscrites.

Les coupures, dans le texte, doivent se faire avec intelligence. (Voir les différents exemples.)

Les lignes trop longues se placent verticalement, de bas en baut, et au milieu de la justification qui leur est propre.

Lorsque plusieurs colonnes se suivent avec une ligne unique composée verticalement, et que toutes ces lignes ont à peu près la même longueur, F alignement se fait par le bas.

Si, au contraire, la disproportion entre elles est assez sensible, ou s’il y a plusieurs lignes à disposer en titre dans une même colonne, la composition se met au milieu. (Voir modèle p. 215.)

Cependant, on fera exception à la règle et l'on alignera du bas lorsque la composition au milieu de la justification amène une disposition en cul-de-lampe, comme dans cet exemple :

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