‹ Vade-mecum du typographieChapitre 132 sur 269 · DES TITRES · texte numérisé non relu

DES TITRES

Il est de règle de mettre trois titres à un livre : le faux titre, qui constitue la première page du volume et contient la désignation principale de l’ouvrage, parfois même en résumé; le frontispice ou grand titre, formant la page 3 et qui donne l’énoncé complet du contenu de l’ouvrage, avec le nom de l’auteur, ses qualités, et la firme de l’imprimeur ou de l’éditeur avec le millésime de la publication; le titre de départ, qui est généralement la répétition du faux titre. Cependant, lorsque le texte est précédé d’un titre divisionnaire, tel que Première Partie ou Livre Premier, on peut le considérer comme titre de départ et se dispenser de répéter le faux titre.

Le faux titre se place vers le milieu de la page, de façon que le blanc de dessous soit de trois cicéros plus fort que celui de dessus. Le faux titre est suivi d’une page blanche où parfois on répète le nom de l’imprimeur en petits caractères, entre deux filets si on le place au milieu de la page, ou surmonté d’un seul filet si on le place au bas de la page, à droite.

Le grand titre doit occuper toute la hauteur fixée pour les pages de texte. Il est aussi suivi d’une page blanche, où l’on peut faire figurer la ligne : Tous droits réservés, entre deux filets, au milieu de la page.

Le titre de départ se détache du haut de la page, de deux, trois ou quatre cicéros, selon le format adopté.

La composition d’un grand titre n’est pas toujours chose facile, à cause de la rédaction souvent ingrate du texte. C’est pourquoi il ne doit pas être interdit d’apporter quelques légères modifications à cette rédaction, en respectant toutefois les indications générales de l’auteur.

Avant de commencer son travail, le typographe examinera soigneusement la copie et fera pour ainsi dire mentalement la composition du titre qu’il a sous les yeux, en s’aidant, si cela lui convient, d’un croquis lestement crayonné. Il s’inspirera du genre de l’ouvrage et appropriera le titre au sujet qu’il

annonce. Si les ouvrages administratifs, scientifiques et autres analogues exigent des caractères sérieux, sans fioritures, il lien est lias de même des romans, de certains catalogues, ni des livres de poésies ou de ceux qui traitent des beaux-arts, pour lesquels remploi des caractères de fantaisie est tout indiqué.

Il faut en outre savoir amener de l’opposition dans la composition d’un titre. Ne pas abuser, par exemple, des caractères noirs; une ligne de caractères dominants d’une petite force de corps et introduite bien à propos sera d’un très heureux effet. Deux défauts sont à craindre : faire lourd ou trop léger; mais des deux, nous préférons le second, car une composition lourde choque bien plus l’œil qu’un ensemble trop léger.

La ligne qui exprime le sujet principal de l’ouvrage doit être la plus apparente, et l’on fera en sorte qu’elle soit placée en deuxième ou en troisième ordre, dût-on, pour y arriver, sacrifier la règle au coup d’œil. Prenons un exemple. Soit à composer le titre : Manuel grammatical à l'usage des compositeurs-typographes, ou les difficultés de la langue française réduites a leur plus simple expression.

Ce titre peut être traité de trois manières. (Voir les exemples ci-après.)

Quel est ici le sujet principal? Manuel grammatical. Pour respecter la règle, il faudrait donc adopter le troisième exemple; mais pour les raisons indiquées précédemment, on lui préférera la première interprétation.

Le deuxième exemple doit être condamné parce qu’il met trop en évidence la ligne compositeurs-typographes, qui n’est (pie l’accessoire.

On évitera de débuter par une ligne pleine, et on commencera le travail par la ligne principale, en empiétant même sur les marges en cas de besoin, afin de réussir une belle ligne.

Toutes les autres lignes lui sont subordonnées et doivent être de longueurs inégales.

Le nom de l’auteur 11e doit pas avoir trop d’importance, tout en étant bien visible; ses qualités se composent en bas de casse ou en petites capitales d’un corps 6. Lorsqu’elles sont d’une certaine étendue, on les dispose en sommaire brisé, comme 011 peut le voir aux modèles.

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CHARLES CHATHELP, LL.D.

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LES CROQUIS TELS QU’ON LES EXÉCUTE EN AMÉRIQUE. (Procédé recommandé par le Vade-Mecum).

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