DES HYPOTHÈQUES
Il est préférable de mettre le mot et en ligne perdue au milieu de la justification.
DES TITRES ET COUVERTURES
Depuis la publication de la deuxième édition du Vade-Mecum , des théories nouvelles sur la composition des titres ont été introduites dans le code de l’imprimerie. Mais peu ou point préparés à cette transformation de l’art typographique, les premiers adeptes de l’école nouvelle produisirent des compositions hétéroclites, pompeusement qualifiées de modem-style, et même de style esthétique (!?), dont l’ensemble baroque était de nature à faire sombrer sous le ridicule la rénovation artistique que l’on tentait d’appliquer à l’imprimerie, après l’orfèvrerie, l’architecture et l’ébénisterie.
Toujours les mêmes caractères, les mêmes vignettes, les mêmes dispositions et les mêmes teintes : c’était vraiment désolant !
Dans ces derniers temps, l’art nouveau s’est affiné et a pris définitivement possession de la place qui lui revenait.
Xous ne disons pas, comme certains apôtres trop zélés — tous les néophytes le sont tant soit peu, — que l’ancienne méthode, dénommée la méthode classique, est irrémédiablement destinée à disparaître.
A notre avis, l’une complète l’autre, en ce sens que bien des difficultés rencontrées naguère dans l’exécution d’une composition typographique peuvent être aplanies, grâce aux dispositions nouvelles qu’il est permis d’adopter. Mais le caractère scientifique de certains ouvrages exigera longtemps encore le respect des anciennes traditions.
Avec les praticiens compétents, nous disons que les règles classiques, étudiées, modifiées et rendues pratiques par tant de générations, doivent former la base de toute éducation typographique .
Du reste, le typographe qui sait produire un beau titre classique fait preuve de bon goût et, partant, saura réussir la composition d’un titre d’après les idées nouvelles, lesquelles aussi ne doivent s’inspirer que du bon goût.
Ainsi qu’on peut le constater par les modèles que nous reproduisons, l 'école moderne ne reconnaît pas les règles observées par Yécole classique.
Aux lignes de caractères placées méthodiquement les unes sous les autres, l’école moderne oppose des groupements et
des fractionnements de textes, qu’accompagnent des ornements variés.
Le typographe peut ainsi donner libre cours à son imagination et produire une œuvre ayant un cachet tout personnel.
Il convient toutefois de ne pas exagérer et de ne i>as vouloir faire du moderne quand même. Nous le répétons : nous considérons la méthode nouvelle comme un excellent appoint ; mais si l’on fait du moderne, il faut s.e méfier de l’abus des motifs ornementés, qui, loin d’embellir le modèle, lui donnent l’aspect d’une étiquette de pâtissier.
C’est, du reste, par la simplicité que doit se distinguer la composition d’un grand titre, et le bariolage sera toujours une preuve de mauvais goût, soit en style moderne, soit en style classique.
Nous reproduisons quelques titres composés d’après les théories modernistes.
Tous ne sont pas également heureux. Aussi ne les donnonsnous pas comme des exemples à suivre. Nous n’aimons pas les dispositions trop heurtées du titre Jean Calvin, et nous déplorons la conception du titre Histoire de l’Art. Le titre consacré à l’étude de notre confrère Ifan, Le Prote, serait parfait si le typographe n’avait eu la malheureuse idée de choisir des caractères ultra-fantaisistes — déplacés dans un travail de l’espèce — pour la firme de l’imprimeur.
Il convient d’ajouter que la complication du texte dans le titre Jean Calvin rendait difficile la tâche du typographe.
Nous apprécions beaucoup le titre exécuté en Angleterre. Quant à celui exécuté à Berlin avec des éléments nouveaux, nous pensons qu’il y a moyen de faire mieux.
Les autres sont d’origine belge.