‹ Vade-mecum du typographieChapitre 140 sur 269 · DES LETTRINES ET INITIALES ORNÉES · texte numérisé non relu

DES LETTRINES ET INITIALES ORNÉES

Lorsque la lettrine n'a pas une forme régulière, la composition doit suivre les contours du dessin; cependant, il ne faut pas pousser cette règle jusqu’à l’exagération :

v art l’origine de l’Imprimerie, les gens de lettres étaient obligés d’avoir recours à des copistes pour la transcription de leurs ouvrages; ceux-ci. souvent peu instruits, défiguraient les originaux à mesure qu’ils les copiaient, et prenaient plusieurs mois pour terminer un travail de quelque importance. Ainsi, il existe à Paris, dans la bibliothèque des Célestins, un bel exemplaire des Ccnwyis de Gratien, en manuscrit; le copiste y a indiqué qu’il a passé vingt et un mois à le faire.

Grâce à l’invention de l’Imprimerie, les savants ont à leur disposition un moyen de propagande bien autrement puissant et rapide. A quel homme faut-il en attribuer le mérite, et dans quelle ville faut-il placer le berceau de la typographie?

Est-ce à Gutenberg, de Mayence, ou à Laurent Coster, de Harlem, que nous sommes redevables de cette glorieuse découverte ?

Les bibliographes les plus compétents ne sont pas encore parvenus, malgré les recherches les plus consciencieuses, à se mettre entièrement d’accord.

Et cependant, que de savants ouvrages, que de poèmes, d’éloges, de dissertations ont été publiés sur cette question dans différents pays !

On remarquera que, contrairement au premier exemple de la page 250, aucune des lignes qui suivent la première dans l’exemple ei-dessus n’est renfoncée d’un demi-cadratin. Cela tient à la forme de la lettrine, qui se détache suffisamment de ces lignes pour rendre superflu tout blanc supplémentaire.

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