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ART HÉRALDIQUE

Trois choses sont indispensables pour composer les armoiries : les métaux ou émaux, Vécu et les figures.

Les métaux sont : l’or ou le jaune; l’argent ou le blanc.

Les émaux sont : l’azur, qui est bleu : le gueules, qui est rouge; le sinople, qui est vert; le pourpre, qui est violet; le sable, qui est noir.

Dans la gravure, soit sur bois, sur pierre, sur vaisselle d’or ou d’argent, ou sur tout autre objet, les couleurs et les métaux qui entrent dans la composition des blasons sont représentés par des lignes ou des hachures qui ont été fixées comme suit :

Tiff. 3

L’or est représenté par des points (fig. 1).

L'argent, par un fond uni (fig. 2).

Le gueules ou rouge, par des lignes perpendiculaires (fig. 3).

L’azur ou bleu, par des lignes horizontales (fig. 4).

Le sinople ou vert, par des lignes diagonales de droite à gauche (fig. 5).

Le pourpre (violet), par des lignes diagonales de gauche à droite (fig. 6).

Le sable (noir), par des lignes horizontales et verticales croisées (fig. 7).

Fig- 5

Fig. 6

Les Anglais emploient, en outre, dans la composition des armoiries, la couleur orangée, et ils l’indiquent dans la gravure par des lignes verticales, croisées par des lignes diagonales allant de senestre à dextre.

Les expressions dextre et senestre signifient droite et gauche, mais dans l’art héraldique, la droite et la gauche sont prises en sens inverse.

On ne peut mettre couleur sur couleur, ni métal sur métal.

Le pourpre, par exception, peut être employé comme métal.

(Extrait de la Grammaire héraldique de H. Gourdon de Genouillac.)

DES TRAVAUX DE VILLE

§ 10. — Des travaux de ville.

La composition des travaux de ville constitue certes la branche la plus attrayante de notre métier.

Pas de règles à observer. Du goût, de l’initiative et de l’originalité : voilà les trois éléments qui doivent guider le typographe dans son travail. Mais comment les acquérir? Par l’étude, l’analyse et la critique des imprimés qui journellement sont lancés dans la circulation. Tout doit être mis à contribution pour l’accomplissement de ce travail intellectuel : la circulaire, la carte d’adresse, la facture d’un fournisseur, les innombrables imprimés de réclame qui sont distribués à foison, les livres exposés aux devantures des libraires, et même les enseignes des maisons de commerce.

Tout typographe devrait en outre être abonné à une bonne revue technique. En un mot, rien ne doit être négligé de ce qui est de nature à former le jugement et faire naître le goût et l’initiative.

Mais si l’on peut s’affranchir des règles absolues dans la composition des travaux de ville, il est cependant certains principes qu’il convient d’observer.

Ce que nous avons dit au paragraphe des grands titres trouve également ici son application.

Ainsi, les imprimés de commerce ne peuvent avoir la même physionomie (pie ceux des arts libéraux, et les imprimés administratifs doivent être composés simplement, sévèrement (si nous pouvons employer cette expression).

Si des lettres ornées embellissent une carte d’adresse ou une carte de fête, elles sont on ne lient plus déplacées dans une lettre de deuil. La lettre M qui surmonte cette dernière ne doit donc avoir aucune fioriture, et le nom de la personne décédée doit être composé en caractères simplement noirs.

Il faut arriver à donner à la composition, par les contrastes, de l’expression et de la vivacité, sans détruire l’harmonie. Par exemple, l’introduction d’une ou de deux lignes de petits caractères simples, mais pleins et nourris, au milieu de caractères gracieux et légers, produit d’ordinaire un bon effet.

Il en est de même d’une ligne d’italique ou de caractère d’écriture, intercalée judicieusement dans une manchette de lettre, de circulaire ou de facture. Par contre, on ne composera pas deux lignes successives en caractères ornés, et l’on n’abusera pas de ce genre de caractères dans un même modèle. Il faut savoir les alterner avec des caractères simples, si l’on veut qu’ils produisent tout l’effet qu’on en attend.

Nous pouvons nous résumer en disant que le choix des caractères est l’un des principaux éléments de la réussite du travail : il convient donc d’apprendre à grouper des caractères variés d’œil et de force pour obtenir d’heureux effets d’ensemble, tout en évitant la trop grande diversité, car là est souvent la pierre d’achoppement; un travail typographique ne doit pas être un spécimen de caractères variés.

Bien souvent une modification insignifiante change agréablement l’aspect d’un travail. Une page est élégante, et cependant quelque chose d’indéfinissable lui manque; ce quelque chose, il s’agit de le trouver.

Lorsqu’une ligne un peu longue doit figurer en tête du travail, comme dans une facture ou un en-tête de lettre, on a la faculté de la cintrer pour détruire le mauvais effet produit par une première ligne trop pleine.

Modèles de cintres en cuivre.

Et comme il existe différents modèles de cintres que les fondeurs fournissent tout préparés, il est dispendieux de chercher à les faire soi-même : c’est une perte de temps, et souvent

DES TRAVAUX DE MLLE

Monsieur et Madame V anden Heckb, ont l'honneur d'annoncer ^ le Mariage de leur Fils Charles.

avec Mademoiselle BaüT ,

& <10, Absens,

Monfieur & Madame de Lichtervelde ont l’honneur d’annoncer le Mariage de leur fils aîné , avec îa f fille aînée de Monfieur van H u EJJ. N E.

■2 O feê 2 1 y c% ^ ■ Abfents.

Anciens billets de faire part (1798 et 1809).

Une carte de visite au XVIIIe siècle.

l’exécution en est imparfaite, sans compter les dangers du levage des blancs à l’impression. (Voir, à la Cinquième Partie, ce que nous disons au sujet du levage des blancs.)

Ce qu’il importe de savoir, c’est que tous les caractères ne conviennent pas pour être introduits dans un cintre. Les lettres ne doivent être ni trop minces ni trop larges, car les lettres minces conservent difficilement la position oblique, et les lettres larges brisent l’ harmonie de la courbe. Donc, on fera choix de lettres d’épaisseur moyenne. Les italiques seront complètement proscrits.

Pour terminer, disons que les caractères précédant ou suivant les pointillés réservés à F écriture dans certains formulaires doivent être penchés et non droits.

Dans l’emploi des caractères d’écriture, ppiucipalement ceux à corps penchés, il faut tenir compte du blanc que portent quelques capitales, par suite de la conformation de l’œil. Lorsque ces capitales se présentent au commencement d’une ligne, elles dérangent l’alignement. On évite cet inconvénient en mettant un demi-cadratin au début de toute ligne commençant par une lettre bas de casse ; de cette façon, on peut avancer autant que de besoin la lettre capitale, lorsqu’il s’en présente une, et respecter l’alignement.

Il faut réserver des caractères bien nourris pour les lignes que l’on désire imprimer en couleur, car les déliés et les traits d’ombre, généralement fins et délicats, prennent mal l’encre et ne donnent pas le résultat désiré. De même pour les encadrements, on doit employer des filets à l’œil légèrement gras, de préférence aux filets fins. Et surtout, employer des filets en fonte, principalement lorsqu’il s’agit d’un tirage en rouge, car certains rouges se décomposent au contact des filets en cuivre.

DU PARANGONNAGE.

Certaines combinaisons dans les travaux de ville exigent le parangonnage de caractères entre eux.

Parangonner, c’est suppléer, au moyen de blancs (interlignes ou cadrats), à la différence de corps existant entre deux

DES TRAVAUX DE VILLE

caractères que l’on veut présenter ensemble. Naturellement, l’alignement doit être observé comme s’il s’agissait de caractères fondus sur un même corps. Voici un exemple de caractère corps 12 parangonné avec deux lettres corps 10 (les traits noirs indiquent le parangonnage, qui est de 4 points) :

On peut aussi présenter un mot ou une ligne en regard d’une initiale ornée, comme ceci :

Toujours soucieux des progrès de l’art typogTapliique, les fondeurs ont créé des séries de caractères comportant deux et trois œils fondus sur un même corps. En voici quelques spécimens :

2 œils.

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