EN LINOLÉUM
Pour les fonds unis d’une certaine dimension ou qui n’exigent pas une grande finesse dans le dessin, on peut employer avantageusement du linoléum bien lisse et d’une épaisseur moyenne. Le décalque et le découpage se font de la même manière que celle décrite pour les fonds en carton.
§ 14. — De Fimposition.
Imposer, c’est faire une forme de la composition typographique, à l’aide de châssis, réglettes, garnitures et coins de serrage, afin de pouvoir la livrer à l’impression.
L’imposition des travaux qui ne forment qu’une page ne présente aucune difficulté : c’est un in-plano. S’il y a deux pages, on impose en clemi-feiiille in-folio.
Les impositions pour l’impression de livres sont un peu plus compliquées, car il s’agit de disposer les pages de façon qu’elles puissent se lire dans leur ordre après que la feuille a été imprimée et pliée.
Ces impositions donnent lieu à diverses combinaisons dont nous allons indiquer les plus usuelles.
La base de toute imposition de l’espèce est le carton de quatre pages, ou une feuille in-folio (1).
Viennent ensuite :
L’ in-quarto, qui comprend huit pages à la feuille ou quatre par forme. La feuille est pliée deux fois sur elle-même.
L 'in-octavo : seize pages à la feuille ou huit par forme. La feuille est pliée trois fois sur elle-même.
L 'in-douze : vingt-quatre pages à la feuille ou douze par forme.
JS in-douze sans coupure se plie en mettant le folio 3 sur le folio 2, le folio 17 sur le folio 16, le pied de la page 20 sur le pied de la page 21, et le folio 12 sur le folio 13.
(1) L’imposition en feuille comporte deux formes, dont l’une s’imprime en retiration sur l’autre; une feuille in-8°, par exemple, donne donc seize pages (huit par forme). Tandis que l’imposition en demi-feuille ne demande qu’une forme s’imprimant en retiration sur elle-même; une demi-feuille in-8° donne par conséquent huit pages imprimées en double, c’est-à-dire deux exemplaires de quatre pages par feuille de papier.
L’imposition diffère naturellement. Ainsi, les deux formes de la feuille in-4° réunies donnent la demi-feuille in-8°; les deux formes de la feuille in-8° superposées donnent la demi-feuille in- 1 6 ; les deux formes in-6 réunies donnent la demi-feuille in-12, et les deux formes in-12 réunies donnent la demi-feuille in-24.
DE LDIPOSITION.
lu in-douze avec coupure se plie en mettant le folio 3 sur le folio 2, le pied de la page 16 sur le folio 20, et d’un coup vif de plioir on sépare le carton. On j)lie ce carton en mettant le folio 12 sur le folio 13. L’autre partie se plie comme l’in-8° et on y encarte le carton.
JY in-seize : trente-deux pages à la feuille ou seize par forme. La feuille est pliée quatre fois sur elle-même.
JY in-dix-huit : trente-six pages à la feuille ou dix- huit par forme.
L’ in-dix-huit en deux cahiers est plié en mettant le folio 25 sur le folio 22, pour couper la feuille. La première partie se plie en mettant le folio 4 sur le folio 5, le ined de la page 3 sur celui de la page 2, et 6 sur 7; la deuxième partie se p>lie comme l’in-12, mais sans faire l’encartage.
En trois cahiers ég-aux, on plie la feuille en mettant le folio 25 sur 24, on coupe la feuille et on plie cette partie comme il est dit ci-dessus pour la première partie de l’in-18 en deux cahiers. On prend ensuite la partie qui reste, on met le folio 13 sur le folio 2, on coupe encore la feuille et on plie cette partie comme la précédente. La troisième partie se plie de la même manière.
L’ in-ving't-quatre : quarante-huit pages à la feuille ou vingtquatre par forme. La feuille est pliée cinq fois, d’abord en deux, le folio 3 sur le folio 2; le surplus comme pour l’in-12 sans coupure.
Et enfin, Y in-trente-deux : soixante-quatre pages à la feuille ou trente-deux par forme. En quatre cahiers égaux, la feuille se coupe en quatre et ces quatre parties sont pliées comme la feuille in- 8°.
Il nous a paru superflu d’étendre nos modèles au delà de l’in-32. Comme le dit fort bien M. Cornet dans son manuel (1), les formats multiples pouvaient avoir leurs avantages jadis, mais actuellement, avec les moyens rapides de tirage qui sont mis à la disposition des imprimeurs, ils paraissent complètement surannés.
(1) Petit manuel de l’imposition, par J. Cornet, rue Grande-Saint-Jacques, à Perpignan. 1 fr. 75 c. broché.
LES IMPOSITIONS EXPLIQUEES (1).
Les transformations constantes apportées à l’amélioration de l’outillage exigent naturellement des modifications dans le mode d’imposition, qui, pour être rationnel, doit allier la conception typographique à la conception mécanique.
Les taquets automatiques notamment, s’ils constituent, au point de vue de la facilité du repérage, un progrès sérieux, peuvent être, si toutes les mesures préventives n’ont lias été prises, une source d’erreurs, car ici le margeur ne peut plus à première vue, comme aux impressions avec pointures, se rendre compte de la correction de son travail à la retiration.
En effet, pour la retiration in-8°, que l’on peut considérer comme la règle générale, les pointures se trouvant à inégale distance du bord du papier, les feuilles plongeraient trop dans les pinces au cas où elles auraient été retournées à la retiration : d’où avertissement immédiat de l’anomalie.
On objectera cependant que, pour les impressions à retiration in-12, semblable indice n’existe pas, puisqu’ici les pointures doivent forcément se trouver à égale distance du bord, vu qu’à la retiration le trou de la pointure de derrière vient se présenter à la pointure de devant et réciproquement ; mais nous ferons remarquer que la retiration in-12 forme l’exception, puisque même les feuilles in-12 s’impriment en retiration in-8°.
Les retirations qui, soit dit en passant, constituent le seul guide de l’imposition, sont au nombre de deux : la retiration in-8°, qui se fait dans le sens de la plus grande longueur du papier, et la retiration in-12, qui se fait dans le sens de la plus petite dimension du papier. L’aile-de-moulin n’est, à vrai dire, qu’une subdivision de l’in-12, avec cette seule différence que l’impression se fait deux fois du même côté du papier.
(1) Ce paragraphe a été écrit spécialement pour le Vade-Mecum par M. François Dewit, notre premier élève à l’École de typographie, en ce moment professeur à la cinquième année d'études dans ladite école et chef des ateliers de la maison Lesigne, à Bruxelles. C’est donc l’œuvre d’un homme qui a tous les jours l’occasion de mettre en pratique ce qu’il enseigne.
DE L’IMPOSITION
Un antre principe dont on ne peut se départir, c’est que, dans les impositions combinées, la première page du premier cahier doit prendre la place de la première page impaire de l’imposition-mère ou type; — la première page du deuxième cahier, la place de la deuxième page impaire; — la première page du troisième cahier, la place de la troisième page impaire, et ainsi de suite.
Un exemple : une circulaire de quatre pages à grand tirage se fait au moyen d’un double jeu de clichés. En appliquant aux pages des deux cahiers la même disposition d’imposition, on aboutira nécessairement à un résultat également satisfaisant. Ainsi :
Cependant, si les feuilles étaient, par erreur, mises en retiration in-8°, comme cela est très possible et arrive même fréquemment, que se produirait-il? C’est (pie toutes les feuilles seraient gâtées ! il n’en serait pas de même en observant l’imposition suivante :