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LEUR ORIGINE

L’usage des affiches remonte à une époque très reculée. La manière de le pratiquer a seule varié.

En Grèce, pour publier les lois, on les inscrivait sur des rouleaux ou sur de grandes tablettes de bois qui tournaient sur un pivot comme nos lutrins d’église, et que l’on appelait axones, en latin asses.

Tous les peuples civilisés de l’antiquité paraissent avoir connu ce mode d’affichage, qui était également employé pour tous les actes émanant des autorités. Les Romains l’adoptèrent en y apportant certaines modifications, variables suivant l’importance des choses à porter à la connaissance du public.

Ainsi, les lois admises par les Comices étaient gravées sur cuivre; les ordonnances du Sénat, sur des tablettes d’ivoire. Le simple bois était réservé à l’annonce des livres, des programmes de spectacle, aux avis concernant les ventes, en un mot, à tout ce qui constitue la réclame proprement dite.

Quelquefois aussi, les Romains peignaient leurs affiches importantes sur des portions de mur blanchies, qu’ils appelaient album. On en a trouvé un grand nombre de cette espèce parmi les ruines de Pompéi.

Pendant le moyen âge, on promulgua quelquefois les actes de l’autorité au moyen de l’affichage, mais en général on eut recours à des proclamations à son de trompe et à des lectures faites le dimanche, dans les églises, à la messe de paroisse.

Quant aux particuliers, c’est par des erieurs qu’ils firent connaître habituellement les avis qui pouvaient intéresser le

DES AFFICHES

public; les montreurs de sjieetacles ajoutaient à ce procédé primitif des promenades en musique à travers la ville.

Les affiches reparurent dès le début du XVe siècle.

Le siècle suivant vit revivre l’usage de la publication des lois au moyen de l’affichage.

Sous le règne de Louis XIII, les frondeurs inondèrent Paris de placards séditieux et satiriques. Le désordre devint même si grand que, le 5 février 1652, le Parlement se vit obligé d’intervenir sévèrement.

C’est également sous Louis XI II que les affiches commencèrent à devenir ce qu’elles sont encore aujourd’hui : spectacles, annonces judiciaires et commerciales ou publications, elles servirent à rendre tout public.

Les abus ne tardèrent x>as à donner lieu à une législation spéciale sur l’affichage, dont le plus ancien titre est un arrêté du grand Conseil, rendu le 20 octobre 1721.

On y limite à quarante le nombre des personnes pouvant exercer ce métier à Paris; ces afficheurs devaient être porteurs d’une plaque et d’une commission, et ne pouvaient travailler avant 7 heures du matin ni passé 6 heures du soir.

Lui décret des 22-28 juillet 1701 enjoint aux particuliers de se servir de papiers de couleur pour leurs affiches, réservant le papier blanc pour celles de l’autorité.

D’après une loi du 28 germinal an IV, toute affiche doit porter le nom de l'imprimeur.

Depuis le 9 vendémiaire an VI, les affiches sont soumises au timbre, et un arrêté du 3 brumaire stipule que le papier doit être timbré d’avance.

Différentes lois ont ensuite abrogé plusieurs des mesures prohibitives des lois précédentes.

Ainsi, il a été créé des timbres adhésifs qui doivent être appliqués de manière à être couverts par une ou deux lignes d’impression; s’ils sont collés après l’impression, ils doivent être oblitérés à l’encre grasse à l’aide d’une griffe qui indique le nom et l’adresse de l’imprimeur.

Les affiches électorales portant le nom du candidat sont exemptes du timbre ; les écriteaux contenant les demandes d’ouvriers ou d’employés doivent porter le timbre correspondant à leur dimension, de même que les affichettes annonçant

la mise en location d’une maison, d’un appartement ou d’une chambre, et, en général, toutes les affiches, grandes ou petites, placées dans un endroit ouvert au public.

Les affiches officielles seules peuvent être imprimées en noir sur papier blanc; mais du moment qu’on change la couleur de l’encre, le papier blanc peut être employé.

En France, le papier tricolore est aussi réservé aux affiches officielles.

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