LES ENCRES
De même que les rouleaux, l’encre joue un rôle considérable dans l’impression. Il importe donc de ne lias donner la préférence aux encres offertes à bas prix, car l’emploi d’une bonne encre évitera non seulement plus d’un ennui à l’imprimeur, mais lui procurera en outre une sérieuse économie au bout de l’année : les encres bon marché couvrant beaucoup moins que les autres, il en faut par conséquent une plus grande quantité.
L’encre noire de bonne qualité est un composé de vernis consistant et rapidement siccatif, mélangé avec du noir de fumée ou du charbon finement divisé ; on l’additionne quelquefois de diverses substances pour lui donner plus de mordant et du brillant.
La fabrication des encres de couleur ne diffère que dans le mélange des matières colorantes.
On peut aisément se rendre compte de la bonne fabrication d’une encre en prenant une feuille de papier non collé et en étalant sur ce papier un peu de l’encre que l’on veut essayer. Quelques heures après, l’encre s’est nimbée d’une auréole. Si l’encre est de bonne qualité, cette auréole sera blanche; si, au contraire, elle est jaunâtre, l’encre est imparfaite.
Il est entendu que ces essais ne doivent pas être faits avec des encres à journaux ou pour affiches, qui doivent se vendre à trop bas prix pour qu’elles puissent être de bonne qualité.
Pour obtenir une impression parfaite, il faut veiller à ce la température de l’atelier se rapproche sensiblement de celle à laquelle l’encre est fabriquée (16° Réaumur, 68° Fahrenheit ou 20° centigrades). Pour les encres de couleur, la température de l’atelier peut être de 22° à 24° C.
Lorsque la température est plus basse, le vernis durcit et devient résineux. Et si la température est plus élevée, le vernis se délie trop, l’encre perd sa propriété de bien couvrir l’œil de la lettré, qui a l’air alors d’avoir été imprimé avec de l’huile.
Comme on le voit, la température est souvent la cause d’un résultat défectueux. Cette influence se fait surtout sentir en hiver, et principalement le lendemain des jours de congé, lorsque l’atelier n’a pas été chauffé pendant un jour ou deux.
La quantité d’encre nécessaire doit être donnée progressivement, en faisant passer quelques mauvaises feuilles avant de commencer le tirage définitif, c’est-à-dire qu’il faut encrer peu à peu la table et les rouleaux.
Lorsqu’on a des petites formes à imprimer, il ne faut encrer qu’une partie de la table. On rapproche les deux plombs dans l’encrier et on supprime les rouleaux distributeurs, laissant aux rouleaux touclieurs seuls le soin de distribuer le peu d’encre que donne le preneur.
Les encres non employées journellement doivent être mises à l’abri de tout contact avec l’air : principalement, les encres de couleur. Sans cette précaution, il se forme à leur surface une peau qui s’épaissit peu à peu, et bientôt la masse est plus