DE L’ESPACEMENT
Entre les mots, on met une grosse espace, que l’on diminue ou que l’on augmente selon les besoins, sans aller au-dessous de la moyenne espace (sauf cependant dans certaines justifications réduites), ni sans atteindre le cadratin.
En règle générale, disons qu’on doit espacer plus largement les caractères d’un corps 12 que ceux d’un corps inférieur.
Mais il faut aussi tenir compte de la force d'oeil du caractère et ne pas seulement s’inquiéter du corps. Ainsi, on espacera plus largement les caractères d’un g'ros œil que ceux d’un petit œil, quoique fondus sur le même corps.
L’espacement doit être autant que possible uniformément réparti. Il ne faut donc pas, pour remplir la ligne, jeter au hasard une avant-fine ou une moyenne espace, ni diminuer l’espacement en laissant d’une part une grosse espace, et d’autre part une avant-fine.
Les caractères de genre, larges ou gras, exigent un espacement plus fort que celui du texte courant ou d’un type allongé. On peut prendre pour base un blanc de la valeur d’une lettre E du caractère employé. De même pour les lignes entièrement composées en grandes capitales.
Rien n’est plus désagréable à la vue qu’une ligne dont les mots sont insuffisamment séparés les uns des autres.
On ne met pas d’espace avant le point qui termine une phrase, ni avant le point abréviatif ou la virg'ule. On peut mettre une fine espace devant cette dernière ponctuation lorsque la ligne est largement espacée, pour éviter une mauvaise division ou une coupure interdite par les règles.
L’espacement peut être diminué de préférence après un point ou une virgule, ces deux ponctuations donnant un certain blanc par elles-mêmes. Il en est de même pour quelques lettres, telles que : bdpqrvwy A C F O P Q T Y W Y,