‹ Valentine de MilanChapitre 17 sur 59 · LE DUC DE FERARE · texte numérisé non relu

LE DUC DE FERARE

Pouvons-nous jamais oublier les cruautés commises dans nos états par lexecrable Duc de Bourg;o£;ne ?

LOUIS

S'il trahit à ce point la confiance du roi, mon frère, il expie en ce moment sa félonie au fond d'un château -fort .

LE GRAND DUC

Eh bien, parlez, prince; quelles sont vos propositions et celles du Connétable ?

LOUIS

C'est à l'insu de Clisson que j'ai voulu vous voir et tenter une reconciliation qui me serait encore plus chère que la victoii^e. Seiçneur , promettez moi de vous rendre, avant le coucher du soleil , à cet ohelisque, élève par vou^mème a la mémoire de Bélisaire, et qui semble n'avoir été placé entre nos armées , que pour les réunir. Je ne puis m'expliquer d'aman tage;mais ce jour qui déjà coûte bien des larmes , ce jour, peut-être, sera l un des plus beaux de notre vie . . . (D'une voix altérée, et s'adressant àvalentine qui ;i"est avancée insensiblement et paraît à ses yeux.) Ah! madame , vous dont j'entends bénir le nom dans ces contrées. . . vous qui devez avoir tant démpire sur les cœurs, dai2;nez être l'interprète d'un ambassadeur qui reclame votre appui ! Fh ! qui pourrait refuser l'olivier de la paix, présente par une main telle que la votre ?

VALENTINE avec trouble et retenue

Crojez, prince crojez que mon plus'

erand bonheur serait de seconder vos généreux desseins... Qui plus que Yalentine, a souffert de la guerre qui nous divise ? LOUIS au Grand Duc

Selçcneur, vous l'entendez la princesse

elle-même . . .

LE GRAND DUC, avec sévérité.

Xe devrait pas oublier qu'il t>t des momens ou le devoir impose un rigoureux silence LOUIS

.\li ! le premier devoir c'est d'assurer le. bonheur de tout ce qui nous entoure . Pourquoi l'attendre du hazard, quand tout vous en offre l'assurance? Doutez vous de ma foi? Voulez vous que je vous donne un g:arant ? URBAIN, s'avançant jusqu'à lui.

Prince, vous en avez un dans celui qui vous doit la vie.

LOUIS

C'est vous, jeune et vaillant Urbain; la promesse que j'exio:eai de vous au champ d'honneur, a dû vous coûter cher aujourdhui . . . ( lui serrant la main.) Dès Cet instant je VOUS en degage .

URBAIN

Comment pouvoir m'acquitter envers vous?

LOUIS

En vous joignant a moi pour obtenir du Grand Duc l'entrevue que je réclame.

UR BAIN, au Grand Duc . Sei£;neur, vous ne pouvez la refuser !

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