LE DUC DE FERARE
Pouvons-nous jamais oublier les cruautés commises dans nos états par lexecrable Duc de Bourg;o£;ne ?
LOUIS
S'il trahit à ce point la confiance du roi, mon frère, il expie en ce moment sa félonie au fond d'un château -fort .
LE GRAND DUC
Eh bien, parlez, prince; quelles sont vos propositions et celles du Connétable ?
LOUIS
C'est à l'insu de Clisson que j'ai voulu vous voir et tenter une reconciliation qui me serait encore plus chère que la victoii^e. Seiçneur , promettez moi de vous rendre, avant le coucher du soleil , à cet ohelisque, élève par vou^mème a la mémoire de Bélisaire, et qui semble n'avoir été placé entre nos armées , que pour les réunir. Je ne puis m'expliquer d'aman tage;mais ce jour qui déjà coûte bien des larmes , ce jour, peut-être, sera l un des plus beaux de notre vie . . . (D'une voix altérée, et s'adressant àvalentine qui ;i"est avancée insensiblement et paraît à ses yeux.) Ah! madame , vous dont j'entends bénir le nom dans ces contrées. . . vous qui devez avoir tant démpire sur les cœurs, dai2;nez être l'interprète d'un ambassadeur qui reclame votre appui ! Fh ! qui pourrait refuser l'olivier de la paix, présente par une main telle que la votre ?
VALENTINE avec trouble et retenue
Crojez, prince crojez que mon plus'
erand bonheur serait de seconder vos généreux desseins... Qui plus que Yalentine, a souffert de la guerre qui nous divise ? LOUIS au Grand Duc
Selçcneur, vous l'entendez la princesse
elle-même . . .
LE GRAND DUC, avec sévérité.
Xe devrait pas oublier qu'il t>t des momens ou le devoir impose un rigoureux silence LOUIS
.\li ! le premier devoir c'est d'assurer le. bonheur de tout ce qui nous entoure . Pourquoi l'attendre du hazard, quand tout vous en offre l'assurance? Doutez vous de ma foi? Voulez vous que je vous donne un g:arant ? URBAIN, s'avançant jusqu'à lui.
Prince, vous en avez un dans celui qui vous doit la vie.
LOUIS
C'est vous, jeune et vaillant Urbain; la promesse que j'exio:eai de vous au champ d'honneur, a dû vous coûter cher aujourdhui . . . ( lui serrant la main.) Dès Cet instant je VOUS en degage .
URBAIN
Comment pouvoir m'acquitter envers vous?
LOUIS
En vous joignant a moi pour obtenir du Grand Duc l'entrevue que je réclame.
UR BAIN, au Grand Duc . Sei£;neur, vous ne pouvez la refuser !