‹ Valentine drame en deux actes, mele de coupletsChapitre 10 sur 35 · LARA, VALENTINE · texte numérisé non relu

LARA, VALENTINE

LARA, à V alcaline qui fait quelques pus pour sortir. Eliquoi! madame , même eu ce château, vouloir encore me fuir! m’envier un instant de bonheur que je paierais au pris de mes jours!..

valentine. Pourquoi venez- vous ici?

LARA. Parce que vous y êtes!.... parce que je ne puis vivre sans vous , et que je vous l’ai dit , mon destin est de vous suivre partout où vous irez !....

valentine. Et que vous ai-jc fait, monsieur , pour vous jouer ainsi de mon repos et de mon honneur ?

lara. Moi ! plutôt mourir ! aussi , vous le voyez , pour ne pas vous compromettre, j’ai piis la feuille de route d’un de mes malheureux compatriotes; je suis venu ici à sa place comme un esclave , comme un forçat!.... Mais que m’importaient le soleil brûlant et les travaux les plus durs?... que m’importaient les mauvais traitemens, la honte, l’humiliation? J'étais près de vous... je vous voyais... oui, je vous ai vue., vous avez passé près de moi , et vous ne vous doutiez pasquece malheureux ouvrier ni travaillait , penché sur la route, aurait onné sa vie pour tomber à vos pieds et vousdire : C’est moi... moi qui vous aime t valentine. Monsieur!...

lara. Mais je ne l’ai pas dit’... j’a gardé le silence... et, craignant que ma vue ne vous arrachât un cri de sm prise ,

j’ai eu le courage . . j’ai en l'amour de ne pas vous regarder, et vous doutez encore de moi ?...

valentine. Non , monsieur... Mais qui vous a permis de vous exposer à de pareils dangers ?...

lara. Eli! qui vons a donné le droit de me les défendre?... Depuis le jour où, en Espagne , vous fûtes ma prisonnière , jusqu’à ce moment où je suis à vos pieds...

ai-je reçu de vous une seule preuve d’amitié qui m'enchaîne par la reconnaissance et me force à vous obéir?... Ah! s'il en était ainsi si j’étais aimé de vous. . . vous n’auriez qu'à commander., vous médiriez .

« Eloigne-toi, fois mes regards.. soùAe.

en silence... » j'obéirais à l'inslaut sans murmurer, saus me plaindre. . ce serait mon devoir... celle qui m’aime me l'aurait ordonné... Mais vous... je ne vous dois rien... je suis maître de mes jours... je puis les exposer., pour les conserver, il faudrait qu'ils vous fussent chers!...

valentine. Monsieur... je ne puis ni ne dois vous répondre... mais j’ai pitiéde l’état où je vous vois... vous ignorez quel est mon inari...

LARA. Un homme qui ne vous méritait pas... un homme qui vous rend malheureuse et qui paiera de son sang les tourmens qu'il vous fait souffrir...

valentine. On vous a trompé!... mon mari est digne de mon estime et de toute ma tendresse... Ses torts, quand même il en aurait, ne légitimeraient pas les miens... et ne me donneraient pas le droit de trahir des devoirs que je respecte, que j’aime, et auxquels je serai fidèle !...

lara. Soit!... moi , je reste ici.

valentine. Non, monsieur, vous écouterez la voix de la raison... vous sortirez de ce château.

Lara. Pourquoi donc?... c’est votre mari qui m’y retient... qui veut que je démettre ici .. près de vous .. et avant de mourir je refuserais un pareil bouheur...

le premier qui me soit arrivé... Non, madame... je ne vous quitterai pas... mon parti est pris !

valentine. Et le mien aussi... car songez- y bien , monsieur , c'est vous qui le voulez... c’est vous qui m'y forcez... je dirai tout à mon mari...

LARA , froidement. Comme vous voudrez...

valentine. Je vous en prie encore... ne

VALESTIftft.

m’y oblige* pas! faites bien vos réflexions...

lara . Elles sont faites.. Je suis chez lui... sans défense... il ine tuera, soit...

Am de Lan tara.

Ainsi jaili* le sort des armr»

Vous lit tomber en mon pouvoir.

Je suis au \ôlrc!... et sans alarmes,

J'attcmls mou sort , faites voire devoir!

Mais si je meurs .. c'est là mou seul espoir, Vous vous dirra: Par lui je fus chérie,

Kl mon mépris a pavé ses amours! *

Vous vous dircm: Il m'a sauvé la vie,

Kt suu* pitié , moi , j’ai livré ses jours.

VALENTINE, Us mnins jointes. Monsieur !

(/ 1 pénétrant l'ultlini , fui entre.) Ali! mon Dieu ! le voici

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