LE MAGASIN THÉÂTRAL
, froidement et faisant passer Geneouve entre elle et V aldini. Parle, je te l’ordonne.
Geneviève *. Si vous l’ordonnez... c’est différent.... Il y a donc que je suis désolée, et que j’accours à vous, ma marraine , qui êtes la consolation de tous ceux ui ont du cliagriu... parce que je viens e voir Boutilier le maître maçon , qui veut m’épouser.... or c’te vôlonté-là ça me serait égal, ça ne me ferait rien....
mais il dit qu’il a aussi pour lui celle de monsieur le colouel... qui lui a promis de parler à mon pire. .. .
valdini. C’est vrai !....
Geneviève. Alors je suis perdue , parce que mon père, qui est votre coucierge, a une peur de notre maître....
v aldini. Qu’est-ce que c’est?...
Geneviève. Il le craint comme Satan en personne....
VALDINT. Eli bien ! par exemple !....
Geneviève. Dain!... vous voulez que je parle devant vous.... il faut bien que je dise les choses — comme elles sont
valdixi. Ce qui veut dire, en d’autre* termes, que tu n’aimes pas Boutilier....
Geneviève. Dam!... c’est un bon garçon... qui m'aime bien, lui.... mais il est un peu jaloux et brutal, et un mari qui est jaloux et brutal, vous savez bien, ma marraine. ... (K alcaline l’arrête d’un coup
d’ixil S'apercevant de sa gaucherie. )
Non pas qu'on ne l’aiuie... mon Dieu! on l’aime tout de même.... il le faut... c'est Votre devoir.... mais ça n’einpéclie pas que, si on élaitsa maîtresse, il y en aurait peut-être d'autres plus gracieux et plus gentilsà qui on donnerait la préférence...
VALDINI , fronçant le OTU/r//.'Qu'est-ce À dire?
Geneviève. Que voilà justement où j’en suis.... il y en a un autre.
valdini. Que tu aimes ...
Geneviève. Tant que j'ai de forces!...
valdini. Et tu oses nous l’avouer?..
Geneviève. Pouiquoi donc que je vous tromperais?. ... vous n 'êtes pas mon mari... vonsn'êtes pas mon père.... vous êtes mon maître , c’est vrai , mais ma marraine est ina maîtresse.
Ata rte Turrnnr.
Et je lui viens adresser ma prière,
(..mire vous el votre rigueur,
s Val.lini, Geneviève, Yaleu'ina
VALDINI.
Tu n'es donc pas comme Ion pire.
Que mon aspect fait trembler ils frayeur.
GEMRYlZva,
Ob! non , vraiment, moi je n'ai jamais penr,
O'ètr'brave j'ai U privilège,
VAZdini , d'un ton menaçant.
Tu n’as donc pas peur da moi !
«ssaviiva.
Nullement. , valdini , de même.
Tu n'as pas peur de Satan ?
SlNlvlivs.
Non , vraiment. ..
( Se eapprOchant de Valentine. )
Quand mon bon ange meprolige.
VALENTINE , effrayée el lui faisant signe de se taire. Geneviève!....
Geneviève , avec force. Oli ! je ne crains rien.... (s’arrêtant.) que de faire du chagrin à ma marraine car elle en a bien
assez sans moi
VALENTINE. Tais-toi....
valdini. Pourquoi donc l’arrêter? laissez-la dire...., elle est brave celle-là!.... elle a du caractère, etc’est ce que j'aime..
Approche — Quel est ton amoureux ?... estil du paya?....
f Valcntinc va s'asseoir pris de la table.)
GENEVIÈVE. Non, c’est un étranger
un jeune homme.... un pauvre prisonnier
comme il y en a tant ici a Vendôme
un prisonnier espagnol, employé aux travaux de la ville.... il n un air si trisle et des yeux noirs si expressifs...
valdini. Y a-t-il long-tems que tu l'aimes?....
Geneviève. O h! mon Dieu! non. .ça m'est
venu tout de suite il y a unequintaine
de jours. ... quand il est arrivé ici , avec le dernier dépôt des prisonniers de guerre. ..
VALENTINE. C’estun honnête homme?...
Geneviève. Rien qu’en le voyant , on en est persuadé... et puis si respectueux...
si timide — ce n’est pas comme les paysans d'ici....
Ata: Vaudeville de l'Homme Vert.
Qui sont d'une hardiesse eitréme.
Et qu'il faut toujours repousser.
Csr il vous pinc’iit les liras, et même
Ils veiil’souvcnt vous embrasser ;