‹ Valentines et autres versChapitre 22 sur 64 · GATE · texte numérisé non relu

GATE

Comme une femme, hélas 1 vous change ! Ainsi, moi... je tume toujours, Je ris, je dors, je bois, et mange, Mais tu m'as rendu bien étrange, Et de tous les fils, le plus lourd.

Un fils qui foule au pied sa mère, Ce que le dernier des troupiers Au pas accéléré peut faire, Qui s'oublie, ô folie amère, Jusqu'à l'écraser sous ses pieds !

Eh ! oui, je foule aux pieds la Terre Qu'à deux genoux a su baiser Un Romain plein d'amour sévère, Brutus, que j'appelle mon frère, J'ai pu quelquefois l'écraser.

VÀLEN'TÎNES 93

Ecraser qui? la Terre où l'homme?

Les deux, n'en soyons pas surpris : Le Temps est le grand agronome ; Il peut aux poussières de Rome Mêler les cendres de Paris.

Oui, la Terre en travail et soûle.

Notre Mère à tous, n'est-ce pas?

Mère des fous et de la foule, Et dont on mange, je la foule Amoureusement sous mes pas.

Car cette Mère elle ne gronde Jamais ses fils et nous avons Son sang qui circule à la ronde, Le vin rose et la bière blonde Dans les verres où nous buvons,

Quant à la vraie ou bien la fausse, Nous dirons comme nous voudrons, Elle est morte, elle est dans sa fosse,

Dans la fosse où nous pourrirons.

Tiens ! qu'entends-je ? mais, là, sans rire. « Excusez-vous » ce n'est pas Toi, N'est-il pas vrai, qui l'a pu dire?

Serait-ce... son ton... plein d'empire?

Eh ! bien : Madame... excusez-moi.

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