‹ Valentines et autres versChapitre 35 sur 64 · L CIDRE · texte numérisé non relu

L CIDRE

Je veux en vider un grand litre.

C'est très chic le cidre, et d'abord C'est le tien ! je l'aime à ce titre. Il est clair, derrière sa vitre, Comme une aune des Ciels du Nord.

C'était le cidre de Corneille, Ne pas confondre avec le Cid :

Le premier sort de la bouteille, L'autre, le casque sur l'oreille.

Doit venir de Walladolid.

C'était le cidre de Guillaume.

Duc des Normands pleins de valeur, Qui lit, sur leur nouveau royaume, Flotter les plumes de son heaume, Plus doux que les pommiers en fleur!

VALEMINES 13 9

Ah ! vos pommiers criblés de pommes, Savez-vous qu'ils ne sont pas laids !

Il me semble que nous y sommes, Non loin des flots, où sont les hommes, Près du sable, où sont les mollets.

Et les pommes donc ! qui n'adore Leurs jolis rouges triomphants !

Qu'elles soient deux ou plus encore ; Sans les pommes que l'on dévore, Personne ne ferait d'enfants,

L'humanité serait peu fière ;

Vos cœurs, Femmes, seraient glacés,

Sans les pommes... qu'avait ton père,

Ah ! bienheureuses sont les branches, Qui cachent, dans leur gai fouillis, Le cidre d'Harfleur ou d'Avranches, Que l'on boit gaiment, les dimanches, Aux cabarets de ton pays !

Et bienheureux sont ceux qui portent Ces fruits dans toutes leurs saveurs ; Que jamais ; jamais ils n'avortent, Puisque aussi bien c'est d'eux que sortent Les Buveuses et les Buveurs '

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