‹ Valentines et autres versChapitre 50 sur 64 · MENDIANTS · texte numérisé non relu

MENDIANTS

Pendant qu'hésite encor ton pas sur la prairie, Le pays s'est de ciel houleux enveloppé. Tu cèdes, l'œil levé vers la nuagerie, A ce doux midi blême et plein d'osier coupé.

Nous avons tant suivi le mur de mousse grise Qu'à la iin, à nos flancs qu'une douleur emplit, Non moins bon que ton sein, tiède comme l'église, Ce fossé s'est ouvert aussi sûr que le lit.

Dédoublement sans fin d'un typique fantôme, Que l'or de ta prunelle était peuplé de rois Est-ce moi qui riais à travers ce royaume ? Je tenais le martyre ayant les bras en croix.

Le fleuve au loin, le ciel en deuil, l'eau de tes lèvres, Immense trilogie amère aux cœurs noyés, Un goût m'est revenu de nos plus forts genièvres, Lorsque ta joue a lui, près des yeux dévoyés '

Et pourtant, oh ! pourtant, des seins de l'innocent Et de nos doigts, sonnant, vers notre rêve éclos Sur le ventre gentil comme un tambour qui chante Diane aux désirs, et charger aux sanglots,

De ton attifement de boucles et de ganses,

Vieux Bébé, de tes cils essuyés simplement,

Et de vos piétés, et de vos manigances

Qui m'auraient bien pu rendre aussi chien que l'aman

Il ne devait rester qu'une ironie immonde,

Une langueur des yeux détournés sans effort.

Quel bras, impitoyable aux Echappés du inonde,

Te pousse à l'Ouest, pendant que je me sauve au Non

Janvier 75.

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