SCÈNE VIII
Les Précédents, LE COMTE.
(Le comte sort du cabinet tout effrayé et prend le no 3; Henri est en haut, no 2.) Caroline, allant à lui. .
Eh -bien... mon ami, qu'avez-vous à m'anjioncer ? Parlez, de grâce !
le comte.
Je ne puis \ous répondre... J'ignore moimême...
CAROLINE
Qu'est-il donc arrivé !
LE COMTE
Un instant... je me suis flatté du succès.
HENRI
Eh bien?
LE COMTE
Au cri qu'elle a jeté... j'ai fui épouvanté.
ooeMoooooooooeoooooooooooeoooooooooc ooocoooeooooo» SCÈNE IX.
Les Précédents, VALÉRIE, qu' Ambroise suit
de loin, tenant un large ruban noir.
Caroline, allant à ele.
Valérie, elle s'élance rapidement de la porte de
côté.
Laissez moi, laissez-moi; je vois! je' vois 5 (Elle fait quelques pas au milieu du théâtre; ella s'arrête en chancelant et comme éblouie du rayon de lumière qui la frappe.) Qui m'a touchée? qui m'a arrêtée? (Ouvrant de nouveau les yeux et étendant la main comme pour saisir l'air et la lumière.) Où suis-je?... quel est ce monde nouveau?... ces objets inconnus qui m'environnent... qui me touchent et que je ne puis saisir? (Se regardant et regardant autour d'elle.) Dieu !... je ne suis plus seule!... O merveille que je ne puis comprendre !... ô spectacle
éblouissant qui confond ma raison ! Oui,
c'est là le jour.... c'est la lumière.... c'est la vie ! (Croisant les mains et tombant à genoux.) 0 mon Dieu ! je te rends grâce... je sors de ma prison... j'existe!
Caroline, allant à elle.
Valérie... mou amie...
Dieu, quelle voix! c'est toi Caroline... laissemoi te connaître, que je te regarde!... Que tu es belle!., autantque tu étais bonne... (Jusquelà Valérie n'a vu que Caroline; elle se retourne, aperçoit lss deux hommes et est -effrayée. Elle jette un cri : Oh ! met les mains en croix sur son estomac, prend l'attitude de la pudeur. Puis regardant de nouveau, elle se remet, hésite un instant, et va droit à Ernest. Arrivée près de lui, elle s'arrête, détache son bouquet et le lui présente.) Tiens, Ernest !
le comte, se .jetant à ses genoux.
Ah ! je suis trop récompensé.
ambroise, à Valérie, lui présentant un bandeau noir.
Allons, mademoiselle.... encore pendant quelques jours... c'est par ordonnance du docteur.
Quoi ! déjà redevenir aveugle !
le comte.
Ce matin, Valérie, vous trouviez que c'était un état si agréable !
Valérie, le regardant.
Ah! je n'avais pas vu.
( Elle regarde le comte ; de sa main droite elle
éloigne toujours Ambroise, qui lui présente le
bandeau, et recule dans cette position, pendant
que le rideau baisse. Henri donne la main à
Caroline. )