OBSERVATION II
(Empruntée à MM. R. Monod et et O, Monod!
(Presse ale 8 février 1922)
Mme J. H.., 46 ans. Le début de l'affection remonte au mois, de janvier 1921, caractérisé par des pertes rosées et Jaunâtres et des douleurs dans le bas ventre. La malade est vue pour la première fois en mars 1921. Le toucher vaginal révèle une masse bourgeonnante, dure, saignant au moindre contact: les -culs-de-sac sont souples, non envahis; l’utérus est mobile.
Le toucher rectal montre que les paramètres sont intacts. Au spéculum, on constate une masse ulcérée et bourgeonnante développée aux dépens de la lèvre postérieure du col exclusivement et proéminant dans le cul-desac postérieur. La lèvre antérieure est normale. L'’orifice utérin est large, situé à gauche de la fente qui surmonte la tumeur. Hystérométrie facile sur une longueur de 7 em. 1/2; la muqueuse vaginale est saine. Le 30 mars, à 10 heures, on fait une application de radium. On introduit dans l'utérus trois foyers avec une filtration de 1 millim. 1/2 d’or platiné, 2? centièmes d’aluminium, plus sonde en caoutchouc.
Dans le vagin, trois foyers, deux latéraux dans les eulsde sac, un médian entre les deux branches du colpostat, filtration 2 mm. 1/2 d’or platiné, aluminium 2 centièmes de millimètres, plus liège.
L application dure quatre-vingt-seize heures pendant lesquelles on détruit 59 mm. 52 dont 25 dans l'utérus. et 33,96 dans le vagin. Le premier jour de l’application la
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température de la malade est montée à 38°3, tombant à 31°5 le matin, pour remonter à 38°3 le second jour de lapplication, descendant progressivement les jours suivants jusqu’à 37°. Ni pendant l’application, ni après, on ne constate de reugeur de la muqueuse vaginale.
Le 20 avril, on revoit la malade. Le col est encore déchiré et bourgeonnaut. Dans le cul-de-sac gauche, on sent une masse annexielle mobile située sur le côté gauche de - l’utérus dont elle est indépendante. Les paramètres sont souples. Lie spéculum montre le col de l’utérus déchiré av niveau de sa lèvre postérieure, qui saigne encore facilement au moindre contact. Il existe une tendance à l’enchâtonnement du col.
Le 31 mai, la malade est opérée par M. Robert Monod. Intervention: anesthésie rachidienne à la stovaïne. Incision médiane sous-ombilicale. On trouve des lésions anciennes et très accentnées de pelvi-péritonite avec adhérences à l’utérus et aux annexes, à gauche de l’anse SISmoïde, à droite de deux anses grêles. Après libération de l'intestin, on découvre un volumineux pyosalpinx du côté gauche. La région cervicale de l’utérus étant transformée en un bloc fibreux fusionné avec les paramètres rendant sa libération impossible, on pratique d’abord par le procédé américain de droite à gauche une hystérectomie subtotale qu’on transforme secondairement en totale, en enlevant toute la portion vaginale du col, fusionné avec le vagin, l’ensemble formant un bloc fibreux cicatriciel méconnaissable. tea
On met en place un drain vaginal. Fermeture de la paroi en trois plans. Petit drain abdominal. Suites simples.
La malade quitte l'hôpital le vingt-troisième jour.
Le 3 août, la malade est revue. Elle présente un bon
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état général èt un parfait 6 avec une induration cicat opératoire.
"Les Culs-de-sac et les paramètres ne sont pas dépressi- bles, mais ceci du fait de Ja rétraction cicatricielle,
tat local. Le vagin est conique ricielle au niveau de fa plaie
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RADIUMTHERAPIE POST-OPERATOIRE
Préconisée bien avant la méthode précédemment décrite, la radiumthérapie post-opératoire ne semble pas devoir survivre aux recherches actuelles. Expérimentée par Pozzi et Roubrier dès 1915, qu’une théorie très logique avait engagés dans cette voie, cette méthoûe, chaque jour battue en brèche, est ruinée par les désastres qu’elle a occasionnée. Deux grands buts étaient visés par ses auteurs : | E
1° Lutter contre le danger de récidive; k 2° Compléter une intervention partielle.
N'étais-ce pas logique en effet d'espérer, par l'aclion stérilisante des rayons pénétrants, voir disparaître en grande partie le danger de greffe et de métastase. Dans cette plaie, que le bistouri vient d’ouvrir et où l’opérateur a pu essaimmer des cellules cancéreuses actives, les disséminant jusqu'aux limites du champ opératoire, il semble que le radium devrait jouer un rôle primordial en détruisant tous ces agents de récidive. Il n’en est malheureusement rien; du moins les nombreuses observations rassemblées jusqu’à ce jour parlent dans ce sens.
M. Iartmann déclare que la curiethérapie après l’opération semble dangereuse, et M. Bégouin le confirme en ces termes: ;
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« Les récidives sont plus nombreuses et plus rapides après l’hystérectomie suivie d'application de radium qu'après l’hystéreetomie seule ».
Et il donne cette raison:
Nous revenons là à cette grave question qui a tant intrigué les premiers médecins qui utihsèrent le radium: à savoir la limite exacte jusqu’à laquelle les rayons pénétrants produisent la nécrobiose de la cellule cancéreuse; limite à partir de laquelle ils augmentent au contraire son activité. Est-ce bien à ce fait que sont dues Jes tristes statistiques publiées dans ces dernières années : S’agit-il seulement d’une hyperactivation des cellules cancéreuses greffées dans le champ opératoire. Certes, nous pensons avec M. Bégouin, que cette action doit jouer un rôle capital dans la récidive; mais nous croyons aussi que d’autres facteurs en rapport avec l’état des forces de l’organisme entrent en question.
Nous ignorons dans son essence même, ce qu'est le pro-
cessus cancéreux, mais nous sommes en droit cependant d’estimer que l’organisme atteint par ce mal se trouve dans un réel état d’hyporésistance.
- Faisons Ini subir la grave mutilation que constitue l’hystérectomie: c’est l’obliger à mettre en œuvre toutes les faibles défenses qui lui restent encore, pour soutenir le choc opératoire. Et maintenant, sur cet organisme malade et blessé, faisons agir une dose de radium: que va-t-il se produire? Une nécrobiose rapide des cellules cancéreuses encore existantes, une nécrose aussi rapide d’un grand nombre de cellules saines, mais en état de moindre résistance par hyponutrition.
Les humeurs plus ou moins toxiques résultantdece foyer nécrosé vont peu à peu être absorbées par le milieu intérieur, se répandre dans tout l’organisme, produisant une
toxémie fatalement grave, sur un terrain déjà si fortement atteint. Et alors ou bien la malade ne résiste pas à toutes ces -attaques, et voilà l’explication de toutes ces . morts rapides publiées depuis l'introduction de cette méthode, où bien nous assistons au développement impressionnant par sa rapidité, d’une récidive en plein champ opératoire.
Les promoteurs de la méthode, Bayer de Bruxelles entre autres, espéraient compléter ainsi des interventions partielles. À part dans les cancers du col tout au début, nettement localisés, il est toujours difficile d’affirmer que l’acte opératoire a supprimé toute la masse néoplasique, ne laissant aueune parcelle de tissu malade.
Le plus souvent même, les infiltrations dans le paramètre obligent à disséquer en plein tissu malade, le chirurgien laissant nécessairement intactes quelques zones : néoplasiques. N'était-il pas logique de chercher par l’application de radium dans la plaie à détruire, ces tissus volontairement abandonnés ou à rechercher dans cette application, une garantie de plus, espérant ainsi annihiler le danger constitué par les quelques cellules malades oubliées ou greffées dans le champ opératoire.
Malheureusement, l'application du radium dans la plaie chirurgicale est des plus difficiles et des plus dangereuses par l’action nocive qu'elle peut produire sur les tissus sains environnants. D'autre part, cette question de shock se surajoutant au shock opératoire et dont nous avons montré tous les dangers précédemment, intervient encore pour condamner définitivement l’application de radium post-opératoire.
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