INFECTION
Nous avons vu que dans les infections et les septicémies 1] se produit une destruction globulaire parfois intense d'où résulte une anémie qui n'est pas pour améliorer le pronostic. Le dosage de l'hémoglobine permettra toujours de doser cette anémie. Certes, dans ces cas, il sera plus intéressant que dans les hémorragies de pouvoir faire l'examen complet du sang. On sait l'importance des formules leucocytaires pour prévoir les suppurations. Dans l’obs. LIV, par exemple, le jour où nous avons trouvé 38.000 globules blancs, avec les signes cliniques observés, nous avons affirmé à notre maître M.le D' Bonxaime qu'il y avait du pus dans le péritoine. M. BonnaïRE fit venir M. PEYROT qui, malgré la formule leucocytaire que nous lui soumettions, se prononça pour l'expectative. La femme mourut 15 jours après : elle avait une péritonite généralisée avec du pus dans toute la cavité péritonéale.
En pratique, et pour ne pas perdre de vue le but de ce travail, le clinicien pourra toujours demander, à défaut d'un examen complet, au dosage de l'hémo-
globine une évaluation approximative de l’anémie
de la malade.
Infection Ogs. LI (énédite)
Mme D. Ipare âgée de 23 ans entre le 25 novembre 1904 à la Maternité de Lariboisière à 3 heures de l'après-midi après 18 heures de travail. Elle est à terme, a perdu les eaux en ville où elle a été touchée souvent. Elle est très pâle, très fatiguée. Elle a 38.2. Nous faisons un forceps et, en dépit de nos soins, faisons une déchirure périnéale incomplète. L'enfant pèse 4.480. Délivrance artificielle, placenta de 650 gr. adhérent en totalité, utérus mou.
Le lendemain 39.4. Les 13 jours suivants la femme oscille entre 38 et 39, a de la lochiométrie qui est soignée par des injections utérines à l’eau oxygénée et iodées.
Le 2 décembre, examen du sang :
Hémogl. 60 — 9 G1. R. 2.150.000 GI. BI. 16.666
La femme est toujours très pâle, comme si elle avait été profondément saignée. Elle a des sueurs nocturnes abondantes. À l’auscultation elle ne présente pas de signes nets de tuberculose au début. Tout en faisant des réserves sur Ce point, M. Bonnaire autorise la femme, qui y tient beaucoup, à nourrir son enfant.
Le 12, la femme n'a plus de température mais n’a pas beaucoup d’appétit.
La femme sort le 15 décembre nous promettant de
se suralimenter chez elle, et de venir nous revoir. Elle ne revient que le 6 février ; elle a repris son tra-
vail de modiste mais se fatigue beaucoup. Elle donne le sein à son enfant qui se développe très bien. Tout le mois de janvier elle a suivi. le régime quotidien suivant : 12 jaunes d'œufs, 300 gr. de viande crue dans du bouillon, des purées (lentilles, pommes de terre, haricots) 1 litre 1/2 à 2 litres de lait, 2 bouteilles de bière, 50 à 70 gr. de moelle rouge de veau. Elle est toujours pâle, a des palpitations facilement et se sent malgré tout faible.
Hémiogl. 55 —- 8