B) LA TÈTE ISOLÉE DU POISSON
Il était intéressant d'utiliser une préparation de tête de poisson (gobius lota), isolée et perfusée suivant : la technique de H. Cardot et L. Binet, pour étudier l’action du cyanure de potassium sur le centre respiratoire et les effets de i’hyposulfite de soude sur cette intoxication.
Les faits suivants furent enregistrés:
I. On utilise la solution suivante: Nacl, 8 gr. 2 ; Kel, 0 gr. 36 ; MyCE, 0 gr. 08 ; NaHCO, 0 gr. 27 ; NaH?PO*, 0 gr. 04 ; glucose, 0 gr. 59 ; urée, 4 gr. 58; eau distillée, 1 litre. La solution ne contient pas ici de sels de calcium, afin d'éviter des précipitations dans les essais ultérieurs. Cette solution assure une survie de la tête de 27 minutes.
Il. Additionnée d’hyposulfite de soude (1 gr. pour 1.000), cette solution entretient les mouvements respiratoires durant 48 minutes.
IT. Additionnée de cyanure de potassium (0 gr. 30 pour 1.000), la solution amène un arrêt de la respiration au bout de 2 minutes.
IV. Additionnée à la fois d’hyposulfite de soude (1 gr.) et de cyanure de potassium (0 gr. 30), la solution est capable d’entretenir la vie durant 32 minutes.
V. Après un arrêt respiratoire obtenu par le passage d’une solution cyanurée (arrêt obtenu après 2 minutes), on n’a pas eu de reprise par un passage de la solution hyposulfitée (ID).
Hyposulfite de soude et novarsénobenzol
C'est à P. Ravaut que revient tout le mérite d'avoir introduit l’hyposulfite de soude en thérapeutique dermatologique et syphiligraphique. Dans la Presse Médicale du 28 janvier 1920, cet auteur montrait l’action de l’hyposulfite de soude, en injections intra-veineuses et par voie buccale dans certains accidents du novarsénobenzol et dans quelques dermatoses.
Le point de départ des travaux de Ravaut fut l’action réductrice de l’hyposulfite de soude. Depuis plusieurs années, dans le service de ce dermatologiste, le 914 est dissous dans une solution à 20 % d’hyposulfite de soude.
L'oxygénation des solutions est ainsi infiniment plus lente et, partant, le médicament injecté moins toxique. L’hyposulfite de soude agit par son rôle réducteur. et sans doute par d’autres processus parmi lesquels intervient la nature soufrée de ce corps.
À. Arnaudet avait repris l’étude de l’action de l’hyposulfite de soude sur l’intoxication par le novarsénobenzol, chez l’épinoche — et, en particulier, avait fait
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l'expérience suivante : Dans un premier bocal, l’épinoche était placée dans une solution contenant 0 gr. 15 pour 1.000 de novarsénobenzol et 10 gr. pour 1.000 d’hyposulfite de soude. Le poisson témoin était placé dans un bocal contenant uniquement une solution de novarsénobenzol à 0 gr. 15 %o.
Le lendemain, le poisson hyposulfité était vivant, le poisson témoin était mort.
Les expériences qui consistaient à préparer les poissons par un passage de 48 heures dans une solution hyposulfitée avant de leur faire subir l’action du novarsénobenzol n’ont donné aucun résultat favorable.