DUC DE B E DS F ORD
(Collection du comte Spencer Altliorp.)
VAN DYGK.
iOl
finesse de sa pâte. Les portraits de Van Dyck, d’après lin dire du peintre Richardson, avaient un aspect rude et blanc les premiers jours. Le temps en adoucissait la surface, leur communiquait une patine dorée, une lumière caressante, merveilleusement propre, ainsi que le remarquait Bellori, au jour d’une chambre.
Van Dyck a donc fini par acquérir une technique absolument originale et adéquate à son sentiment de la beauté. La grâce aristocratique de ses modèles nécessitait une délicatesse extrême de la facture. Avant Musset, Van Dyck avait connu le secret des ironies élégantes ; avant Schumann, il apportait à l’art les élans de la poésie intime ; avant Mozart, il cherchait des harmonies qui sont des caresses, découvrait une expression nouvelle de l’art qui est toute harmonie. Comme ces trois chantres inimitables des sentiments individuels, le grand disciple de Rubens fut, avant tout, un profond, un irrésistible charmeur. Il ne chercha pas à nous surprendre, à nous bouleverser; il voulut tout simplement nous séduire. Aussi préta-t-il à toutes ses figures un langage plein d’élégance, de beauté délicate et noble.
11 fut un temps, à l’époque des Van Eyck, dés Memling, du musicien Willaert, où le mot flàmisch était devenu en Allemagne synonyme de bon goût et d’esprit. Van Dyck presque seul de son temps n’a pas failli à cette antique réputation de sa race. L’art llamand ne Fut pas exclusivement pléthorique, sanguin, il ne glorifia pas seulement, comme le croit Taine, les inslincts sensuels, la grosse et
grande joie, Fénergie rude des classes populaires. Il connut des raffinements qui n’étaient point de la préciosité, des élégances qui n’étaient point des mièvreries, des subtilités qui n’étaient point de la déliquescence. Van Dyck manifeste avec une abondance magnifique et victorieuse ce besoin de charmer, d’attirer par la grâce plus que par la grandeur. Et c’est précisément cet ‘exemple mémorable qui allait toucher l’âme des peintres futurs. L’enseignement de Van Dyck fut plus écouté que celui de ses émules illustres : Velasquez et Franz Hais. En affinant l’idéal flamand du xvii® siècle, « sir Anthony » lui assura la paternité d’une beauté nouvelle.
Van Dyck accomplit ce miracle de créer une atmosphère d’art en Angleterre.
« Van Dyck est le premier peintre anglais », disait un jour M. Fernand Khnopff.
Encore convient-il de remarquer que les nombreux Flamands employés par le grand artiste dans son atelier de Londres pour la préparation de ses portraits : Jan Roose, Van Leemput, Thys, Van Belcamp, Corneille de Nève, Hannemann, et plus tard ses imitateurs anglais : les Dabi, les Richardson, les Jewas, les Thornhill, les Hudson, ne sont que des intermédiaires entre sir Anthony et la véritable école anglaise, née au commencement du
(Mirlié Kl(‘imt)aiin.