‹ Van DyckChapitre 5 sur 16 · Années de jeunesse · texte numérisé non relu

Années de jeunesse

Van Dyck naquit le 22 mars 1599. Son père était considéré comme l’un des bourgeois les plus riches d’Anvers. Sa mère, Marie Cuypers, possédait un talent très délicat de brodeuse. Elle exécuta, nous dit le bon chroniqueur Mensaert, plusieurs sujets d’histoire « avec un entendement et une adresse si surprenants qu’ils ont été regardés comme des chefs-d’œuvre par les maîtres dans cette profession ». Morte au moment où le jeune Antoine atteignait l’âge (le huit ans, elle put lui enseigner les premiers éléments du dessin et déposer dans son esprit le goût instinctif des élégances féminines.

Sans nul doute le jeune Antoine reçut une éducation des plus soignées. La bourgeoisie flamande était fort instruite à cette époque. Virgile, Homère, Cicéron, Démosthène étaient aussi familiers aux jeunes gens d’alors que La Fontaine l’est aux générations actuelles. Les artistes

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eux-mêmes se montraient d’une inlassable curiosité d’esprit. Otto Venius et Rubens n’ont-ils pas offert le spectacle magnifique de leurs aptitudes universelles ? Van Dyck, doué d’une nature primesautière, élevé dans un milieu riche, grave, pieux, aux côtés d’un frère qui devint un savant prémontré et de sœurs vouées de bonne heure aux ordres, suivit sans trop d’effort, peut-on croire, le studieux exemple des siens. 11 parlait le flamand, l’espagnol, le français, l’anglais, l’italien. La physionomie gracieuse et prenante du jeune artiste se dessine ainsi dès les premières années ; éclairée d’une flamme plus hardie après le séjour au delà des Alpes, elle conservera jusqu’à la fin la séduction tendre de l’enfance.

Les Liggeren ou registre des Corporations anversoises, transcrit par MJM. Rombouts et Van Lerius, nous apprennent que le jeune Antoine entra chez Henri Van Balen comme leerjongen, c’est-à-dire comme apprenti ou écolier en 1609. 11 n’avait que dix ans, — mais il poursuivit sans doute à la fois son éducation générale et ses études de peintre. Combien de temps passa-t-il chez son premier maître, artiste habile, sans originalité et qui semble un attardé de l’école de Fontainebleau sij’enjuge d’après la figurine nue et banale de la Fécondité que conserve le musée de Bruxelles? En quelle année Van Dyck devint-il ensuite le disciple de Rubens? Autant d’interrogations qui restent sans réponse.

11 fut l’élève de Van Ralen pendant deux ans, a-t-on cru longtemps ; après quoi, dit Mois dans ses Additions au

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