AMARYLLIS
L’opération terminée, on place les Amaryllis près des jours, dans la terre tempérée ou dans la serre chaude, sans les arroser, jusqu’à ce qu’ils semblent se mettre en mouvement» et même alors, il ne leur faut que bien peu d’humidité; il n’en sera plus ainsi quand la végétation se prononcera dans toute sa force ; pendant cette période, les arrosements seront abondants.
Comme il a été dit, on place les pots en serre tempérée ou en serre chaude, suivant qu’on veut voir fleurir ces plantes plus ou moins tôt en saison.
Après la floraison, on enterre les Amaryllis avec leurs pots, en plein soleil, dans la terre du jardin ou dans de la vieille tannée, en continuant les arrosements tant que la végétation est vigoureuse; puis on les discontinue tout à fait, en laissant exclusivement aux plantes l’eau qui tombe du ciel. — Avant de placer les pots dans les ti'ous qu’ils doivent occuper, il faut forer, à l’aide d’un bâton pointu, un second trou dans la terre du fond, là où se trouve l’orifice de l’écoulement de l’eau du pot; ce trou, creusé assez profond dans la terre, a pour but d’empêcher les lombrics de s’introduire dans le vase et d’en bouleverser la terre. Le lombric fatigue les racines par ses pérégrinations incessantes, quand il ne leur occasionne pas d’autres dommages.
On rentre les Amaryllis aussitôt que l’atmosphère se refroidit et que les pluies cessent d’être chaudes, et l’on place les pots, sans leur donner un atome d’eau, sur quelque tablette élevée de la serre où ils se ressuient, où les feuilles se fanent, où la plante se prépare à un repos tout à fait indispensable, si l’on veut que les fleurs fassent merveille l’année suivante.
On peut aussi procéder au rempotage des Amaryllis après leur floraison. Dans ce cas, on doit secouer la motte sans briser les racines nouvelles qui sont très-cassantes étant jeunes. Cette pratique a pour effet d’assurer une floraison plus luxuriante que si le rempotage avait lieu en hiver. Après ce rempotage, on place les pots à l’ombre, sous les arbres, jusqu’à ce que le temps soit sombre et que la venue de la pluie soit certaine. A ce moment, on enterre les pots en plein soleil et l’on procède comme il vient d’être dit.
Le rempotage opéré après la floraison peut amener parfois une floraison plus vigoureuse, tandis qu’elle peut être chanceuse quand on ne le fait qu’en décembre. Voici d’où cela pourrait provenir : en rempotant après la floraison, les racines s’étendent, se fixent et tapissent le vase à l’entrée de l’hiver; si, pendant l’hiver, elles se maintiennent dans cet état, la plante sera bien ancrée lorsqu’elle émettra sa hampe florale ; en ne rempotant, au contraire, qu’en hiver, si le défaut de soins et de chaleur ambiante provoquent l’émission du feuillage et des boutons à fleurs avant que les racines nouvelles aient tapissé le vase, la floraison sera sans vigueur, parce qu’une plante non ancrée par ses racines n’a pas de force propulsive.