‹ van Houtte, Louis: Ognons, bulbes, 1880Chapitre 61 sur 76 · CULTURE EN POTS · texte numérisé non relu

CULTURE EN POTS

Les Amaryllis passent l’hiver sur une tablette de serre tempérée. On les tient en pots dans leur vieille terre, sans les arroser. Vers la mi-décembre, on les rempote dans de la terre neuve composée uniquement de terreau de feuilles mortes, mêlé à un peu de sable. On secoue toute la vieille terre; on met les racines à nu, sans les casser, et on se sert, dans ce but, d’un bout de baguette à l’aide duquel on tisonne la terre qui adhère aux racines. On enlève soigneusement toutes les racines pourries ou cassées, et on passe le doigt sous le plateau, à la base inférieure du bulbe, autour duquel se forment les racines, pour en enlever le3 parties détériorées; on doit se garder de dépouiller le bulbe des pellicules dont il est revêtu, quand bien même elles n’adhéreraient pas fortement à Pognon ; on verra plus tard, quand la plante sera en pleine végétation, que Pognon, en se gonflant, reprendra sa fermeté première et que les tuniques feront alors corps avec le bulbe.

Puis a lieu le rempotage. On garnit le fond du pot de tessons de poterie, et, tenant le sommet du bulbe d’une main, les racines pendant dans le pot, on laisse glisser doucement un peu de terre autour de celles-ci, et on continue à en faire tomber jusqu’à ce que toutes les racines et tout le bulbe soient enterrés jusqu’au collet exclusivement, La terre ne doit être que modérément tassée.

L’opération terminée, on place les Amaryllis près du jour, dans la serre tempérée ou dans la serre chaude, suivant qu’on veut les voir fleurir plus ou moins tôt, sans les arroser, jusqu’à ce qu’elles semblent se mettre en mouvement, et même alors, il ne leur faut que bien peu d’humidité; il n’en sera plus ainsi quand la végétation se prononcera dans toute sa force; pendant cette période, les arrosements seront abondants.

Après la floraison, on enterre les Amaryllis avec leurs pots en plein soleil, dans de la terre de jardin ou dans de la vieille tannée, en continuant les arrosements tant que la végétation est vigoureuse; puis on les discontinue tout à fait, en laissant exclusivement aux plantes l’eau qui tombe du ciel. — Avant de placer les pots dans les trous qu’ils doivent occuper, il faut forer, à l’aide d’un bâton pointu, un second trou dans la terre du fond, là où se trouve l’orifice de l’écoulement de l’eau du pot; ce trou, creusé assez profondément, a pour but d’empecher les lombrics de s’introduire dans le vase et d’en bouleverser la terre.

On rentre les Amaryllis aussitôt que l’atmosphère se refroidit et que les pluies cessent d’etre chaudes, et l’on place les pots à sec, sur quelque tablette élevée de la serre où ils se ressuient, où les feuilles se fanent, où la plante se prépare à un repos indispensable, si l’on veut que les fleurs fassent merveille l’année suivante.

On peut aussi procéder au rempotage des Amaryllis après leur floraison. Dans ce cas, on doit secouer la motte sans briser les racines nouvelles qui sont très-cassantes étant jeunes. Cette pratique a pour effet d’assurer une floraison plus luxuriante que si le rempotage avait lieu en hiver. Après cela, on place les pots à l’ombre, sous les arbres, jusqu’à ce que le temps soit sombre et que la venue de la pluie soit certaine. A ce moment, on enterrç les pots en plein soleil et l’on procède comme il vient d’être dit,

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