Vanloo negociant, 1745-1767
Quand en 1765, à la mort de Carie Vanloo, la direction de l'Ecole royale des élèves protégés fut confiée à son neveu, un élève espiègle aurait pu, d'un pinceau malin, sans manquera la vérité, sinon à la charité, écrire furtivement sur la porte de Tappartement du nouveau directeur :
Louis-Michel Vanloo Broderies, Galanteries et Commissions
Par acte signé à Lyon le 24 juillet et à Madrid le 16 août 1745, Louis Vanloo, premier peintre de Sa Majesté Catholique, résidant à Madrid; Antoine Berger, négociant audit lieu; Antoine Rey et Barthélémy Magneval, marchands à Lyon, avaient en effet constitué une société pour faire le commerce des broderies, galanteries et commissions. '
Et on avait loué à Lyon, sur le quai Saint-Clair, maison Tolozan, près des Feuillants, sous la raison sociale Rey, Magneval et C'% un apparicment dans lequel allaient passer, soumises à la critique de Mme Rey, les broderies de soie, fleurs, bouquets, personnages; les soieries : gros de Tours, moires, satins, taffetas, couleur dauphine, couleur souci, vert céladon, vert émeraude, rose, bleu, lilas, or, argpnt et couleur extnîordinaire, criarde ou terne, bon goût ou mauvais goût, mais couleur nouvelle.
Plies sur leurs planchettes, garnies d'un papier teinté, arrivaient les galons d'or, les cordonnels, les mousquetaires, les réseaux d'or ou d'argent fin; dans des cartons, dans des écrins, les cabriolets noir ou couleur ; nœuds de manches, boucles, barbes, blondes et dentelles, nœuds d'épée pour hidalgo, manteaux de caballero, bas de soie pour les jambes brunes des manolas; boutons guillochés.
boulons ciselés, boutons garnis de diamants ; roî)es de cinq cents livres et plus; vestes et culottes brodées et chamarrées pour dessiner les formes pleines des toreros ; des fleurs, des rubans, des plumes, de ces riens, souffles d'art qui s'évanouissent avec le sourire de femme qu'ils ont provoqué; colifichets, fanfreluches, tout ce que demande la mode, tout ce que va réclamer Madrid, la ville et la cour.
Il faut un homme de confiance à Paris; on y installe Philippe Regnel, le beau-père de Rey et de Magneval, qui va faire pour le compte de la maison la banque et la commission; on s'assjire de correspondants à Montpellier, Toulouse, Bayonne, Valence, Carcassonne, Marseille, Bordeaux, Perpignan, Elbeuf, Rouen, Thiers, Saint-Chamond, Morlaix, Lille, Liège, Gand, Bruges, Genève; on se souvient des Magneval de Pézenas, des cousins Delhorme de Limoges, qui portent à Torme arraché accosté de deux étoiles; on affrète les navires la Nouvelle-EspagneGiNotre-Dame-du-Rozaire; on écrit aux AIzina et fils de Francfort, aux Bertrand et Perrin de Turin, aux Bonhour et Algaroti de Venise, aux Cana de Milan, à d'autres à Palerme, Lisbonne, Pampelunc, \alladolid. Valence, Murcie, Saragosse, aux Malibran de Cadix et de la Vera-Cruz.
A Lyon, la u maman » Regnel n'a que quelques marches à descendre pour faire glisser dans le courrier de Paris des instructions à son mari et pour apporter à ses gendres et à ses filles l'appui de son expérience de commerçante et de femme de lête.
A Madrid, le premier peintre de Sa Majesté Catholique, tout en brossant le portrait de quelque grandesse, peut laisser tomber négligemment de ses lèvres écoutées le nom de l'étofie nouvelle qu'on ne trouvera que chez Berger et C'% Berger, son beau-frère, le mari de sa sœur Marie-Anne Vanloo.
Le terrain est reconnu, chacun est à son poste, on va courre la Fortune.
Tout de suite on aurait pu sonner le laticer; pour ne pas être atteinte, la Fortune laissait tomber de l'or. Lps 60,000 livres de capital engagé produisaient au terme de l'association, en 1751, indpper>damment des 36,000 livres de levées opérées par les associés, un bénéfice net de 145,441 livres 19 sous 1 denier. C'est-à-dire pour la part des seuls associés Vanloo et Vanloo-Berger, qui ne touchent qu'un tiers, 48,480 livres 13 sous 6 deniers de
béDéfîce, somme à laquelle ils pouvaient ajouter les 30,000 livres de capital et les 2,000 livres de levées par année pendant six ans, soit 12,000 livres, ce qui leur donnait un total disponible de 90,480 livres 13 sous 6 deniers^.
Quelques années encore, et c'est la vie large, le grand art qu'on peut cultiver, une dot pour la petite Berger, du bien-être pour les nombreux Vanloo qui courent le monde; aussi semble-t-il, d'après les feuillets du grand livre, que l'association continue sous la raison sociale Rey, Hlagneval et Vanloo : un nom de l'aristocratie de l'art à la suite des noms obscurs de deux marchands de Lyon.
Ce titre de commerçant que l'artiste pouvait ajouter désormais à ceux qu'il tenait de son talent fut-il une diminution de sa situation en Espagne ? Quelques aspirations d'art, quelques causes étrangères le poussèrent-elles? Toujours est-il que, dès 1752, il quittait Madrid pour Paris, emmenant sa sœur Marie-Anne avec sa jeune nièce, y laissant Berger, dont les afTaires semblaient péricliter.
Les associés sont devenus des amis, Vanloo et les siens ont un peu vécu de leur vie de famille; la raison sociale pourra changer, devenir successivement Hélène Curia-Regnel (la maman Regnel qui prend la tête des affaires), Antoine Rey et Barthélémy Magneval (1754); Rey, Magneval et Dumas, un Dumas qui blasonne de deux mâts gréés et trouve que les demoiselles Berger disent trop de choses; Rey-Magneval et C'\.., les capitaux de l'artiste resteront sous un titre ou l'autre engagés dans le commerce, et les lettres désormais directement échangées garderont l'allure de l'intimité.
Ces lettres, les documents qui s'y joignent permettent d'estomper à grands coups dans la pénombre du passé la physionomie de quelques-uns (les familiers de Louis-Michel Vanloo, cet excellent homme qu'aimait Diderot.
Antoine Berger, son beau-frère, qui, laissé seul à Madrid, dépose son bilan dès la fin juillet 1753, roule carrosse et est réduit à la misère. Berger, le commerçant chez qui les grandes dames choisissaient autrefois les étoffes précieuses, réduit pour vivre au rôle de courtier courant les boutiques de Madrid, plaçant les articles qu'on veut bien lui confier; le beau-frère du premier peintre du roi d'Espagne, rebuté des patrons, s'accrochant aux garçons de magasin pour connaître les impressions du personnel et surprendre les secrets de la mode, tombé si bas qu'il demande des chemises à
ses anciens associés et quémande une pension de cent livres par mois «i'un monsieur de Saint-Laurent, un sien neveu.
Marie-Anne V.mloo; une femme d'affaires qui abandonne Berger, son mari, pour suivre son frère, dont elle tient la bourse; qui aux plaintes de Berger répond par de sages avis et peu de viatique, se contentant de le recommander à la bonté des amis de Lyon pour en faire leur représenlant à Madrid; Marie-Anne, qui soigne son frère d'une fluxion de poitrine (1757) selon les règles de Fart et qui pour elle, en fait de remèdes, croit surtout à la patience ; la femme de tête qui dans le désarroi que cause le mal subit de Mme Bron, la fille unique de Carie Vanioo, se souvient de la maman Kegnel, qui fera tenir à Genève une lettre au grand Tronchin, dans lequel on a placé le suprême espoir; la femme qui veut la fortune et pousse Vanloo plutôt an labeur qui rapporte qu'à l'art qui fait vivre, l'incite à ce voyage d'Angleterre d'où il reviendra dé.-abusé (juin 1765); femme un peu sècbe et autoritaire et malgré tout indulgente qui donne une part de tendresse au petit François- Micbel.
Ce petit François-Michel (ju'en 1756 ou met à la diligence avec SOS paquets, un petit François-Michel dans les traits duquel on peut consulter un singulier air de famille avec les Vanloo; un tout petit que, le 27 airil 1744, une sœur de l'Hôtel-Dieu avait trouvé avec, piqué à ses langes, un billet portant son nom et son âge, deux jours; un tout petit confié le lendemain, avec le corset de toile de l'hôpital, à une noun-ice de la cam[)agne, et qu'un beau jour, (juand il avait eu deux ans, on avait ramené à Lyon, rueCb rmont, chez un agent de change, où il avait (|uil!é sa délroque de pauvre pourdes habits d'enfant riche; un enf iul lioavé, (jui, jeune homme, portait des bas de soie et faisait des délies chez la marcltatide de tabac -, qui, commis à Lyon, chez nn marchand de soieries, vèvaii d'art et recevait des mains (!<i cousin Brun Sainte- Catherine un assortiment d(î cnub'urs el une paletie il'ivoire que lui adressait Vanloo.
Les amis de Lyon, dans l'appa: lemenl familial, au second étage de la maison Tolozan, avec vue sur le large Uliône et au delà sur l. plaine des Broleau?v, où on ira s'ébattre le dimanche : la maman Uegnel, vieillie, njais loujonrs alerte; Key, un fi-anc Lyonnais à l'accent un peu traînard ; Magneval, (jui garde le Ion chantant (!e
Pézeiias et porte beau quand il endosse son habit de drap d'Elbeuf mordoré, à galons et boutons d'or, avec au côté la petite épée à poignée, garde, sous-garde et coquille d'argent ; les deux jeunes femmes, les sœurs Louise et Madeleine RegneJ, tout le petit peuple, onze petits Rey et deux Magneval, petit peuple qui fait silence quand on reçoit les parents d'importance; le médecin Louis Magneval, ngrégé à la faculté de Lyon ; le greffier à la Cour des monnaies, Jean-Nicolas Delliorme; l'écnyer Benoît Allier d'Hauleroche ; les éclievins François Valesque et Pierre Flachon ; le curé de Saiul- Denis-de-Bron, Claude Rey; le président juge général-visiteur des gabelles François Lambert ' ; petit peuple qui jouera avec les brandebourgs d'Hippolyte lanloo, le militaire, qui fera fête à François- Michel et au commissaire de la marine Bi un Sainte-Catherine, leur montrant les portraits de famille où on reconnaît le faire d'un artiste connu.
Puis des figures plus effacées, le vieux M. Regnel, isolé à Paris, qui prend des babitudes au café et y signe des billets de complaisance, grand étourdi de soixante-six ans qui par distraction adresse aux correspondants de la maison les factures des fournisseurs; pour qui son gendre Rey, plutôt que de le remmener à Lyon, cherclie une pension chez ses amis Roques et une place chez les Clerisseau.
M. Regnel, le fils, soldat des compagnies franches à Tarragone, prisonnier à Barcelone, Jacques Regnel, celui-là peut-être que Alarie-Anne appelle l'Américain et qui, à Bordeaux, va brûler les louis comme de la paille.
L'ami Privât, auteur de gouttes de santé dont use Vanloo et d'un sel de Mars dont Mme de Parme s'est trouvée bien.
Puis d'autres encore, les Milanois, cbez qui se sont rencontrés les Magneval avec la pauvre Mme Bron; les Maindestre, un M. de Brye, Mme de Salornay,le P. Gaudin, du collège de la Trinité...
Les années passent. Carie Vanloo meurt et Louis-Michel obtient sa succession comme directeur de l'Ecole royale des élèves protégés (août 1765). Marie-Anne sonne en fanfare le succès de son Vanloo, son succès à elle, qui aura désormais à gouverner une maison de vingt-deux à vingt-quatre personnes.
' Cf. Arch. du Rhône, série B, sénéchaussée; tutelles, inventaires, 21 février, 3 mars 1766; 18 avril, 8 mai 1767.
Berger, auteur des soucis et de la gêne, s'agite toujours, écrit des pages et des pages remplies d'observations sur le commerce; au sujet de la concurrence de Tolozan, de l'état des marchandises moins bien présentées que celles qui arrivent de Paris; annonce que la maison fournit des éponges pour la toilette du roi d'Espagne et est chargée de faire confectionner ses castors sur mesures spéciales; parle de ces grands seigneurs qui ont charge de choisir des étoffes; de cette petite duchesse à qui il faut des valets râblés et qui chambre un médecin pour veiller à ses plaisirs; répète les bruits de cour, maladies des grands, deuils et mariages, bruits et scandales de la ville et de la colonie française.
François-Michel s'émancipe lors du carnaval et rêve de se faire comédien.
On annonce un M. Rey de La Morande; c'est le cadet des petits Rey, dont le nom s'est allongé avec la fortune et l'ambition, un petit Rey devenu secrétaire de l'intendant de la Martinique et écrivain de vaisseau.
Les affaires de la maison de commerce se sont étendues, elle possède maintenant une succursale à Cadix sous la raison sociale Rey et Brandembourg. IMus que jamais on peut croire à la fortune.
Mais les événements se précipitent, Rey meurt à Madrid, le 16 décembre 1765, dans les bras de Berger, qui, pour la première fois de sa vie peut-être, écrit une lettre à peu près concise; à un an delà, Magneval le suit, emporté par la maladie, dans la nuit du 19 au 20 janvier 1767.
C'est la ruine de la maison, sur le compte de laquelle des bruits fâcheux ont couru; c'est l'apposition des scellés par les gens du tribunal de la Conservation; c'est le bouleversement de l'appartement familial du quai Saint-Clair par les officiers de la Sénéchaussée ; c'est la ruine de Vanloo, qui perd ses réserves, 36,000 livres, et dit ce mot rapporté par Diderot : « J'ai perdu un bon ami. V
Tout cela, du mouvement et de la vie qui ne sont plus que des souvenirs pour l'artiste vieilli, qui, de son rêve de fortune, n'a plus que le 20 pour cent distribué aux créanciers et le reste de ses provisions de pinceaux, de vin de Lamalgue et de Malaga, avec quelque peu de chocolat d'Espagne qu'on réserve pour les amis. Souvenirs que, dans son logement du vieux Louvre, entre Marie-
Anne un peu grondeuse, Anne-Marie-Christine Somis, la gracieuse veuve de Carie, et la petite Berger, sortie du couvent, il évoque le soir en rêvant devant la flamme du foyer, souvenirs qui se précipitent et pétillent avec les étincelles de la bûche qu'il tisonne.
Et de tout cela il nous reste quelques feuillets noircis, un traité d'association, deux lettres de Vanloo, quatorze de Marie-Anne, auxquelles adhèrent quelques fragments de cachets armoriés ' ; des extraits de correspondance commerciale, les chiffres d'un grand livre, documents précieux surtout parce qu'ils permettent dVn retrouver d'autres, mais dont, pour le moment, il faut peut-être simplement conclure que les Vanloo ont séjourné à Lyon, qu'ils s'y sont créé des relations, partant qu'ils ont dû laisser là quelquesunes de leurs œuvres, et qu*à coup sûr ils y ont laissé un portrait vivant... le petit François Michel.
' Je devaisla reconstitution des cachets de Vanloo à la bonne amitié de M. Albert Sandier, le peintre dijonnais; mais le dessin définitif ayant été égaré on ne trouvera ici qu'un croquis pouvant servir d'indication sommaire.
24 juillet- 1() août 1745 Au nom de Dieu, Amen.
Nous soussignés sieurs Louis Vanloo, premier peintre de sa Majesté Catholique, résidant à Madrid, Antoine Berger, négotiant aud. lieu, Antoine Rey et Barthélémy Magneval, marchands à Lyon, avons fait la présenta société, sous les clauses et conditions suivantes, pour faire à Lyon le commerce de broderies, galanteries et commissions, savoir :
1" Le sieur Louis Vanloo n'entrera dans lad^ société qu'en commandite seulement et ne pourra, en cas qu'il y survint des pertes, perdre plus grande somme que jusqu'à la concurrence de son fond, sans quoy il n*auroit pas fait la présente société, et supposé qu'il luy prêtât d'autres sommes, elles luy seront rendues et payées par la société, ensemble les intérests d'icelles tout ainsi comme si elles avoient été prêtées par une tierce personne..
2" Le fonds capital de ladite société sera composé de soixante mille livres qui seront fournis ï:avoir quinse mille livres par le sieur Louis Vanloo en commandite, comme il est dit à l'article cy dessus, pareille somme par le sieur Antoine Berger, lesquelles trante mille livres seront payées au moyen des fonds que lesd. sieurs ont déjà dans la société de Barthélémy Magneval et G'% et le surplus en deux payements égaux de trois en trois mois à compter du premier aoust prochain, pareille somme de quinze mille livres par le sieur Antoine Rey, payables en payement de Saints prochains et pareille somme enfin par le sieur Barthélémy Magneval, à prendre sur les proffîts qui lui reviendront dans la présente société, el, en considération de celte facilité accordée au sieur Magneval, il sera permis auxd. sieurs Vanloo, Berger et Rey de porter en compte courant tous les ans même somme que celle que led. s'^ Magneval aura levé de son compte de proffits, pour former son compte de fonds jusques à la concurrence de quinze mille livres, pour le sieur Rey et pareille somme entre les sieurs Vanloo et Berger, pour leur en être payé l'intérest par la société à raison de cinq pour cent par années.
3° La société commencera cejourd'huy et sera pour le ternie de six années consécutives, qui finiront à pareil jour de l'année mil sept cent cinquante un.
A" Les sieurs Rey ou Magneval pourront seuls valablement engager la présente société, dont la raison sera ; Antoine Rey, Magneval et Compagnie.
5® Les proffits ou pertes qu'il plaira à Dieu nous donner seront répartis entre nous, savoir un tier entre les sieurs Vanloo et Berger, un lier pour le sieur Rey et l'autre tier pour le sîeur Magneval.
6° Il sera levé chaque année et passé à proffits et pertes la somme de six mille livres, savoir deux mille livres entre les sieurs V anloo et Berger, deux mil livres par le sieur Rey, et pareille somme par le sieur Magneval, sans que, pendant les trois premières années, aucun d'eux puisse, sous aucun prétexte, prélever davantage, sauf dans la suitte d'augmenter lesdites levées de mille livres pour chacun dans la forme cy dessus
7° II sèra loué des magazins et apartements nécessaires pour led. commerce dont le loyer sera porté à proffits et pertes^ ainsi que les apointements des commis, filles pour la fabrique, voyages, feu, chandelles et autres frais nécessaires aud. commerce, contre lequel les sieurs Vanloo et Berger ne pourront répéter d'autres frais que deux mille réaux de villons pour les pertes que peuvent leur causer ce qu'ils recevront en veillons pour compte de ladite société ou pour port de lettre, r 8° Il sera tenu des livres brouillards, journeaux et grand livre de raison à partie doubles qu'il sera libre aux sieurs Rey et Magneval de tenir eux-mêmes ou de faire tenir par une personne étrangère du goût des associés.
9° La caisse sera tenue alternativement de six en six mois par les sieurs Rey et Magneval et il leur sera fait bon par le commerce chaque année la somme de cent cinquante livres qui seront passées à proffits et pertes entre eux deux pour les indemniser des erreurs qu'ils peuvent faire.
lO** Il sera, tous les ans, fait un inventaire, lequel sera envoyé aux sieurs Vanloo et Berger, certifié par les sieurs Rey et Magneval, que lesd. sieurs VanloQ et Berger examineront et renverront signé par chacun d'eux, auquel ils seront tenus de se raporter ou d'y faire leurs objections dans les deux mois après qu'il leur aura été envoyé, contre lequel aucun ne pourra revenir sous quelle raison ni prétexte que ce soit une fois qu'il aura été signé et aprouvé de toutes les parties,
n 11° Laditte société ne pourra se résoudre avant le tems porté par l'article trois, sous quelle raison que ce soit, à peine de quatre mille livres payables par les contrevenants aux acquiesçanis.
12" En cas de mort de quelqu'un des associés, il sera libre à ceux qui resteront de continuer ou de résoudre la présente société en rembourçant aux héritiers du deffunt, en espèces, ce qui luy reviendra, un anaprèsson décès, et ce suivant le dernier; inventaire signé,
13° Les parties seront tenues de s'avertir six mois avant le terme de la présente société, soit pour la continuer, soit pour la résoudre, et, en cas de dissolution, les marchandises qui se trouveront en nature à Lyon, les
sieurs Uey et iMagneval seront tenus de s'en charger sur le pied du dernier inventaire, pour en payer le montant à la liquidation, dans un an à compter du jour de la séparation; les sieurs Berger et Vanloo seront tenus de se charger également de celles qui seront à Madrid aux mêmes conditions. La liquidation de la présente société sera faite conjointement par les sieurs Rey et Magneval, sans qu'ils puissent prétendre pour cela aucun dédomagement, bien entendu que tous les frais qu'elle ocasionera seront passés à proffits et pertes.
14" Madame Rey sera à la tête de la fabrique et donnera tousses soins pour la perfection et le goût des ouvrages, moyennant cinq cent livres de gratifications qui seront passés à proffils et pertes.
IS** Au cas que, pour le bien du commerce, les associés jugent à propos d'avoir une maison à Paris, les sieurs Rey et Magneval seront tenus d'y aller rester alternativement, et les frais de lad* maison seront toujours supporté par le commerce.
16° Le sieur Berger, ni à son nom ni à celuy de sa société avec led. sieur Vanloo, ne pourra commettre directement ni indirectement aucun des articles relatifs au commerce de la présente société qu'aux sieurs Rey et Magneval à peine de six mille livres payables par les sieurs Berger et Vanloo aux sieurs Rey et Magneval.
17" Il ne sera fait par les sieurs Rey, Magneval et d'autres envois en commissions que celles que leur procureront les s" Berger et C'« ou qui leur seront venues par leur canal, et soit en étoffes ou autres articles ce ne sera autant qu'il sera possible que pour comptant. Il sera libre auxd. s" Rey et Magneval de se prévaloir sur leur commettants ou de remettre leurs Iraittes aux s" Anl« Berger et Comp% tirer ensuite le montant desd. traittes, sur lesd. sieurs, à soixante ou quatre vint dix jours de datte, ou sur d'autres places, qui leur seront indiquées par lesd. sieurs Berger et C*. Bien attendu que fout ce qui pourroit arriver à raison desd. traittes faites parles sieurs Rey et Magneval, sur les lieux à eux indiqués par lesd. s" Berger et G'*, sera aux périls et risques des sieur Berger et Vanloo; à l'égard des autres envois faits à forfaits, lesd. s" Rey et Magneval s'en prévaudront de la même façon.
18" Les envois à terme ne seront faits que pour six mois à compter du jour de l'expédition, etce ne sera que sous la garantie des sieurs Berger et Vanloo, qui seront responsables des débiteurs quant aux échéances et quant à leur solvabilité ; lesd. s" Rey et Magneval à l'échéance desd. envois se prévaudront de leur montant, moitié à soixante et moitié à quatre vint dix jours de datte, sur les s" Berger et C%qui seront tenus d'acquiter leurs traittes moyennant les lettres de changes qu'ils leur enverront sur les débiteurs de la société, sans pouvoir répéter aucun inlê-
rest pour le retard ou avance de leur argent et seront responsables à la société, en leur seul et privé nom, desd. débiteurs tant les sieurs Louis Vanloo qu'Anl« Berger, sans qu'à cet égard il puisse se prévaloir de la qualité de commandataire, et en considération de ladite garantie, il sera fait bon par lesd. s" Rey et Magneval en leur particulier de quatre pour cent auxd. s" Berger et Vanloo sur tous les ouvrages de mode et broderies qui seront fabriqués par Rey et Magneval, et de deux pour cent sur tous les autres articles, à l'exception des rubans, galons reiseaux et autres dorures, sur lesquels articles, attendu le peu de proffit qu'ils donnent, et que d'ailleurs les commissions en seront faites pour comptant, lesd. s" Berger et Vanloo n'auront point de provision, le produit desd. provisions sera porté après le payement de chaque partie dans un compte particulier des sieurs Vanloo et Berger, et au débit de compte de proffits des s" Rey et Magneval. 11 sera libre aux s" Vanloo et Berger de se faire payer desd. provisions ou d'en former un compte courant dont la société leur payera l'intérest à raison de cinq pour cent. Bien entendu que sur les affaires à provision il ne sera accordé aux sieurs Vanloo et Berger ni quatre ni deux pour cent, et qu'ils ne seront garent, et ne répondront que des sommes sur lesquelles ils auront la provision de deux ou quatre pour cent, laquelle provision sera seulement sur les envois faits à Madrid ou autres villes d'Espagne, supposé qu'il nous y procurent des commissions dont ils nous soient garents.
19" En cas de difficulté de la part des sieurs Berger et Vanloo, ou des s'» Rey et Magneval ils seront tenus de nommer deux bons négotiants de Lyon avec pouvoird'en nommer un troisième, s'ils étoienl d'avis différent, à la décision desquels toutes parties promettent de s'en raporter et se soumettre comme si c'étoit un arrest de parlement de Paris, à peine de quatre mille livres payables par les opposants aux acquiesçants.
20" Les sieurs Rey et Magneval feront à Lyon et à Paris les commissions particulières des sieurs Vanloo et Berger, hors du ressort de leur commerce moyennant quatre pour cent de provision, à la réserve des galons et dorures sur lesquels ils ne prendront que deux pour cent et desquels les dits s" Berger et ne pourront donner commission à ces conditions que pour leur usage ou pour des envois qu'ils feront pour leur compte ou en participation à Cadix ou ailleurs.
21" Les sieurs Berger et Vanloo resteront responsables aux sieurs Rey et Magneval de tous les envois qu'ils feront aux sieurs Berger et C'®. Ce qui sera acheté comptant les sieurs Rey et Magueval s'en prévaudront en envoyant la facture, ce qui sera pour terme ils s'en prévaudront à l'échéance.
22" Les sieurs Rey et Magneval ne feront aucunes affaires de banque et
n'accepteront pour personne à peine de répondre en seuls des événements.
23" Afin que le Seigneur bénisse la présente société il sera tous les ans passé à proffits et peitès la somme de cent livres qui seront distribuées par les s'» Rey et Magneval aux pauvres.
Les associés ont promis d'observer tous les articles cy dessus de la présente société à peine de tous dépends, dommages et inléresls, et sous toutes les peines y portées. Fait triple à Lyon le vint quatre juillet mille sept cent quarante cinq et ratifié à Madrid par les sieurs Vanloo et Berger le seize aoust mil sept cent quarante cinq.
Je soussignée Marie-Anne Vanloo, épouse de sieur Ant" Berger, procédant de son autorité, ayant lû la présente société et tous les articles d'icelle au nombre de vint trois, les aprouve, les ratifie et en fais mon propre engagement comme toutes les parties en tout leur contenu. A Madrid le seize aoust mil sept cent quarante cinq.
(Arch. du Rhône. Papiers Rey-Magneval.)
A Messieurs^ Messieurs Bey, Magneval et Comp\ nég^* à Lyon.
Glialliot, le 6 auous 1753.
J'ai reçu, mon cher Migneval, S3lle que vous m'avés fait Thonneur da m'écrire avec le conte de se que j'ay pris depuis mon dépar de MadriJ, ce qui et for bien ; je vous le renvois comme vous me le marqué pour y réglé les inléré Je suis charmé que vous juisier d'une bonne senlé de m^'me que la chère épouze et la chère marnent et tout sé dames et le cher Ray, que je vous prie de bien embracé pour mois.
Avis [de] se coup si fatnl, mon cher Magneval, vien d'arivé que le pauvre Berger à suspandu sé payement; je ne vous en marqueré rien de particulier n'an ayent pas la force, don il vous en aura fait, par tout C2 qu'il l'ia déplus hurus den se malerus acsident ; ce après qu'il a été aubligéde suspendre ses payement, c'équ3 l'on l'i a promis de {sic) la li (?) auret tougour lieus, Dieus le veulie. A Dieu, mon cher ami, emein mois tougour, et suis pour la vie tout à vous, Monsieur et cher ami. Voire très humble et très obéiscnt serviteur
Resevés mille amitiés de l'ami et de ma seur qui enbrace tout sé dime. La pauvre chère famé vien dô recevoir le coup le plus fatal du monde.
Je vous suis aubligé des painsau et suis morlifiéfî de toute la pairie que je vous es donné. [Van Loo.]
Mon frère vous remet les billet que vous luy demander pour que vous luy en envoyer un du restant de ce que vous luy devez et des inlerrez:
Le malheur qui vient de m'arri\er, mes cliers âmis, ne vous aura pas surpriz et quoyque par tout ce que vous m'en aviez dit, j'auois lieu de m'i attendre, ce coup m'accable et je ne puis le soutenir sans une grâce particulière de fiieu. Je souhaite bien ardament que vous n'y soyez point
' A la suite deux titrs de ligne biffés où on peut lire : comme vous me le marqué.
compriz et qu3 celte malheureuse affaire ne porte point de préjudice aux vôtres ny de dificullé à votre payement.
Je ne répondrez point à vos dernières lettres, je n'en ay pas la force, continuez moy, je vous prie, votre amlttiez, je vous la demande à tous et soyez asurés que la miene ne finira qu'avec la vie de votre malheureuse amie. Berger.
Je vien den le momant de resevoir le broce que M' Renelie' a eus la honté de m'anvoyé, mé, je vous prie, mon cher ami, lor que vous oré aucasiont de voir Mlle^ de lui dire que je ne lui avés pas demandé des painsau à poil noir et elle m'en a anvoyé 14 douzène, mè bien toute petite broce en plume. Pardon, mon cher ami, de toute la paine que je vous et donné. [Van Loo.]
(Original. — Arch. du Rhône. Papiers Rey-Magneval.)
A Messieurs Reij, Magneval et Compagnie ^ négociants à l.ijon.
Paris,., octobre 1753.
Je vous prie, monsieur et cher ami, de remettre celte lettre à son adresse et d'avoir la complaisance de remetre de mesme toutes celles que je vous enverrois pour ce cher ami de qui je vous prie de me donner des nouvelles; je crains que la diligence ne Paye beaucoup fatigué et nous sommes impatiens de recevoir des nouvelles de sa santé.
M. Barraly vous a expédiéz une Bible pour nous Penvoyer; si elle n'est pas partie de Lyon, je vous prie de la remetlre à notre bon ami.
Berger m'asure encore par ce courier qu'il payera M. de Brye en entier dans cette année; je vous prie de le luy dire et de luy faire ainsi qu'à madame mes complimens; des amitiés sans fin et sans nombre à (oulcs vos dames et ditte moy, si vous le pouvez, combien de besai madame Rey aura donné à Pami, je suis persuadez que vous aurers eue tous un vray plaisir de le revoir et que je n'ay pas besoin de vous recommander de luy rendre tous les services qui dépendront de vous.
J'ay l'honneur d'estre avec les senlimens de la plus sincère amiltié. Monsieur, vottre très humble obéissante servante,
Vanloo Berger.
1 Philippe Regnel, ancien tireur d'or, beau-père de Rey et Magneval, installé à Paris.
^ Probablement M"'' Regnel de Lyon, dont il est question plus loin.
A mi senora d'' Clara Anlonia Ramera para intregar a d" Borlolome Magne val, à Madrid.
Vous oré résont, monsieur et cher ami, ds m'acuser de paresse depuis le 12 novembre que j'ay reçu votre chère l?llre que je suis charmé que vous soyé arivé en pirfaite santé, je prie Dieu quil vous la conserve; la notre et parfaite de même que selle de ma seur qui vous fait mille complimint, de même que sa petite qui et au couvent depuis plus d'un mois for contente et si porte à mervelie, grâce à Dicus.
V^ous avés résont de dire de [sic) Berger auret fort bien fait de demandé 3 ou 4 anées tout de suite que d'aitre aubligé de demendé quelque prolongationt, set ce qui me fâché; me le mal et fait, et se qui m'inquiète set que sa B. ne se finit pas quois quil écrit tons les courier quellfi aura lieus. Dieux le veulie, je le soite autent que luis et vous, ch?r ami, comme je set que vous vous interesé à ce qui nous regarde.
Je vous suis aubligé des calre milles réau de velion que M. Sel vous a remis pour mois et je vous prie de le reinersier pour mois et lui témoigné combien je suis sensible à la perle de sa famé et que si l'ami Galbes luis remetet quelque chose de se qu'il me doit comme il m'a marqué dernièiement je lui seret aubligé de le ressvoir et mêms de lui tenir un peus la main; je vous seré aubligé auside dire à M. Sel qu'il me face le plaisir de me dire si je ne lui et pas lissé [sic) avec mes papiés une liccence de M""^ Catelle de Versallie que M. Pasera fit faire, au si elle n'et pas entre lé main de M. l'abé de Forchement, à qui je vous prie de faire mille complimens de ma par. Gomme j'ay reçu une lettre du fils de sete dame pour lai remetre, je vous prie quilm'an donne des nouvelle pour lui en rendre conte. Pardon, monsieur et cher ami, de toute les paine que je vous donne; resevés les veus que je fait pour vous au comencement de sete nouvelle anée de même que madame votre chère épouse et toute la chère famille que j'anbrace mille fois, et suis avec l'amitiés la plus sincère, Monsieur et cher ami, votre li'ès humble et très ebéisent serviteur.
Je vous prie mille amilés à tous ses mesieurs et dames. De Paris, le 25 décembre 1753 '.
* En iête : Répondu le 11 février 175'<'.
A messieurs Rey, Macjneml et Compagnie, négociants à Lyon.
J'ay reçus, monsieur et cher ami votre lettre du 29 du passé, je vous remercie de la complaisance que voue avez eue de comelre le chocolat que je vous ay demandé, comme aussi celle que vous voulez bien avoir de nous expédier notre vin de Lamalgue lorsqu'il vous sera parvenus et de tous C3 que vous avez la bontés de nous dire d'obligeant à cet égard; je vous offre en revange tous ce qui peut dépendre de moy, je saisirer toujours avecempressement toutes lesocations qui pourrons vousconvaincre de mon amillié et à toutes vos dames que j'embrasse de tous mon ceur et votre nombreux peuple.
Mon frère vous prie d'avoir la bontés de remettre pour son compte k M. Barraly, marchand de soye à Aix en Provence 155 1 , 1 s., 1 d., en petites lettres à cours jours sur sa ville ou sur Marseille. M. Tolosant' pourra je pence vous la céder sur MM. Berrages et Compagnie d'Aix; il vous prie ausi de luy donner quelques nouvelles de la liquidation de la société, n'en ayant point entendu parler depuis longtems,il souhailte ardamenl, comme vous pouvez le pencer, la rentréede ces fond dont il a grand besoin; il vous fais mille complittient d'amillié et à toutes vos dames. Je félicilte la m;iman Regnel^ d'estre débarrassée de son rhumatisme à la leste, tant quelle aura l'ami^ pour médecin ses maux ne seront pas long, ces remèdes sont souverain et imancable, faitte luy mille complimens de ma part lorsque vous le verrez il doit avoir cruelement froid dans sa solitude s'il fait à Lyon le mesme temps qu'ici où nous gelons et depuis longtems ont n'y a vue tant de nêge.
Continuez moy votre amittiez et soyez asurer que la miène vous est entièrement dévouée. Cet avec ces sentimens que je suis pour la vie, monsieur et cher ami, votre très humble obéissante servante.
'Antoine ïolozan, père de Louis Tolozan de Montfort, qui devint prévôt des marchands en 1785.
* Belle-mère de Rey et de Magneval.
Privât, dont il est question ci-après.
M. Lembert ^ est arrivez depuis quelques jours. J'enveré chez lui pour scavoir de ces nouvelles et le prier de me remelre mon corps, je vous remercie de me l'avoir envoyer.
Paris 9 février 1754.
[Extrait \)
Du 11 mars 1754.
Je vous prie aussi de dire à M. voire frère que j'ay l'honneur de saluer que la liquidation n'est point aussi avancée que nous aurions lieu de l'espérer, à cause de la triste situation des affaires en Espagne et aux Indes. Nous n'avons reçu aucuns retours de Lima, oîi nous avons environ 40 mille livres. Campos de 60 qu'il devoit en reste encore 20 mille. Il reste encore dû 20 mille de l'affaire de Joannis. Nous avons encore pour plus de 25 m. I. au Mexique par le canal de Benoît, sans compter les débiteurs à rentrer et les marchandises en nature ez ses mains; un débiteur à Valence qui devoit 14,000 l. en reste encore 8 environ; un homme de Bayonne encore 3,000 1., par ce détail vous pouvés voir que, bien loin d'y avoir des répartitions à faire, notre liquidation doit encore. Je ne puis vous dire précisément combien parce qu'il y a des écritures à raporter ; mais dans un mois nous en donnerons à M. Vanloo un état exact attendant pour cela M. Magneval qui doit arriver, environ le 20 courant; mais ce qui nous tranquillise, nous fait prendre ces longueurs en patience et remercier le Seigneur, c'est de n'avoir souffert aucune perte dans le grand nombre de nos débiteurs, l'année dernière qui a été si fatale à tant de maison, et si malheureuse pour l'Espagne dont les récoltes surtout en grains avoient totalement manquées ; avec le tems nous avons tout lieu d'espérer que tout viendra h bien. Dez que les rentrées auront soldés tous les créanciers de ces anciennes affaires, nous en donnerons exactement avis à M. Vanloo et luy demanderons ses ordres pour luy faire remise à mesure que les fonds rentreront ou les luy porter dans son compte de dépôt de notre nouvelle société. J'espère que cela ne passera pas cette année. Vous devés bien penser que nous n'épargnons ni soins ni peines, ni ceux de nos amis pour accélérer les recouvrements, et nous aurons autant de plaisir de commencer de faire jouir M. voti e frère des rentrées qu'il en pourra avoir luy même.
'Vraisemblablement François Lambert, juge généra visiteur des Gabelles. ^ Réponse de Rey Magneval copiée à la suite de la lettre précédente.
A messieurs Rej/, Magneval et Compagnie, négociants à Lyon.
Paris, 13 s pîembre 1756.
Monsieur Magneval,
J'ai reçue, Monsieur, la lettre que vous m'avez fais l'honneur de m'écrira le 7 de ce mois, j'aprend avec un plaisir infini voire heureux retour à Lyon en bonne sanlez, je soiihaitte que vous vous y reposiez longlems car vous devez eslre ennuyé de voyager en Espagne, je suis extrêmement sensible au bon souvenir de Madame Magneval que j'embrasse de tous mon cuer de mesme que la chère maman Regnel, Madame et M, Rey et tous le pelis peuple Mademoiselle Regnel, vous ne me parlez point ds Madame Maindesire; est vous toujours brouillés? j'en serois fâchée. Ma fille vous remercie tous de l'honneur de votre souvenir et vous assure de ces respect.
Nous vous sommes obligez de vouloir bien passer sur le compte de mon frère le remboursement du chocolat que M. Sfiubaigné prendra sur votre maison, je souhailerois bien comme vousque la liquidation de vos anciennes affaires non seulement aile plus vitte mais qu'elle fut faitte. Ce relard nous fais bien regretter ri'!spagne ; s'il avoit pu le prévoir, certainement il ne l'eut pas quitté comme il a fait. Je suis persuadée que pendant le séjour que vous y avez fait vous n'avez rien oublié pour accélérer ces affaires dont mon frère est très impatient de voir la fin; il vous prie toujours d'y porter tous vos soins et de les terminer le plus tost que faire ce pourra. A l'égard des retour que vous attendez du Mexique qui peuvent aller à 8 à 9000 1., comme vous ne regardez pas le risque comme bien grand et que d'aiîleur les ventes sont si mauvaises il est fort d'avis de ne point le faire asurer et de courir les risques, d'autant mieux qu'il paroit que cet ausi le votre, d'ailleurs messieurs vous y este inlerressé comme luy, faitte dont ce que vous jugerés à propos et je psnce que ce sera de ne point le faire asurer, c'est fort le sentimens de mon frère qui vous asure tous de ces d.^voirs bien humble.
J'cspéro's que vous m'auriez donnée des nouvelles positive des affaires de mon mary, mais vous me dilte bien plus ce qu'il doit faire que ce qu'il fait et à cela je n'aprend rien, je compte, il est vrais, l'aller joindre et j'en suis, js vous avoue, très empressés; je souhaitle pouvoir l'aider et luy estre utille. Je népargnerois certainement pas ma peine. A l'égard de son frère je ne crois pas qu'il fasse le voyage, du moins n'y a-t-il pas d'aparence, c'est ce que j'ay mandé à mon mary.
Nos camplimens, je vous prie, à l'ami Privai; je souhaille, comme \'0us, que la vente de son sel reprène vigeur; j'en aprendrez la nouvelle avec bien du plaisir.
Je vous demande toujours la continuation de votre amiltié et vous prie d'estre persuadés qu'on ne peut rien adjoutler à celle que j'ay pour vous et avec laquelle j'ay l'honneur d'estre. Monsieur, votre très humble obéissante servante.
Vanloo Berger.
A messieurs Rey, Magneval et Compagnie, négociants à Lijon. Messieurs,
Mon frère c'est trouvé avoir besoin de trois cent livres, il n'a pa cruz devoir aller ailleur que chez M. Regnel, persuadé que vous ne luy aviez pas olé le crédit qu'il avoit cy devant sur luy, et d'ailleur n'étant pas, Dieu merci, dans le cas d'en faire souvent usage. M. Regnel a eue la bonlez de luy compter ce matin cette sommes de trois cent livres que vous aureis aussi la boutez de passer sur son compte, c'est ce que mon frère me charge de vous dire et vous demander de sa part que si par hazard il avoit besoin de quelques argents dans la suitte s'il pourrois le demander à M. Regnel, et si vous voudriez Messieurs le passer sur son compte, il me charge en susse de vous faire mille comj)limens d'amittié et asure toutes vos dames de ces respecz; pour moy je suis plus famillière, je vous embrasse tous du meilleur de mon cœur, les grand comme les petis, et je vous souhaitte à tous autant de honneur que de sautez; à notre particulier nous n'avons pas toujours jouis de l'un et de l'aulre, mon fiére a eue encore une fluxion de poitrine pareille à celle qu'il a eue à Lyon et dont il a été guérit de la mesme façons et mesme avec moins de conialesence; depuis il est encore enrhumé, mais pas au point de l'empêcher d'aller à ces afaires, et, à sa vilaine toux près, il se porte à merveille. Pour moy, j'en ay une qui ne me quitte point depuis 4 mois ; j'i ay fais par pure obéissance et non par confiance beaucoup de remèdes et j'en suis actuelement à la patience dont je me trouve fort bien.
J'ay n'ay point oublier la commission que M. Magneval m'a donner d'écrire à mon mary au sujet de M. Labar ; je n'entre point dans le détail de qui a tord ou raison, il m a promis de faire ce qu'il pourrois et d'avoir égard à ma solicitation, autant que cela dépendra de luy, car je juge avec plaisir par ce qu'il m'a écrit quil n'est point charger de ces encienes affaires; s'il m'écrit quelques chose à ce sujet je vous en ferrois part.
Je compte que vous aureis eue la bonlez, coîiime je vous en ay prié de l emetre à M. Dagerieu, père, à Marseille, le produit que vous aveiz de Teau pour la brûluie et m'envoyer par la première comodilé le restant des bouteilles que vous avez en nature. M. Lavrrgne est venuz ce matin ma voir, je suis désespérée de ne m'êlre pas trouvée au logis ; si je scavois son adresse j'enverrois chez luy mais je ne la sçais pas, et trouver quelqu'un à Paris c'est la mer à boire; il a promis de revenir, s'il ne me lenois pas parole je ne luy pardonnerois pas ; je me propose de le recevoir de mon mieux et de luy prouver le cas que je fais de ceux qui vous aime.
Recevez les respect de ma fille et les asurance réitérée du sincère attachement atfec lequel j'ay l'honneur d'estre, Messieurs, votre très humble obéissante servante.
Vanloo Berger.
Paris, le 20 avril 1757.
Comment ce porte M. Privât; le sel va-t-il son train, j'ay apris avec une singulière salisfaclion le bien quil a fait à Madame de Parme, je voudrois de tous mon cœur qu'il fut connut à Paris et qu'il s'en vendit beaucoup; faille luy, je vous prie, mille complimens de ma part et de celle de mon frère.
A Messieurs, Messieurs Rei/, Magneval et Compagnie ^ négociants
à Lion.
Paris, 5 janvier 1761.
Messieurs,
.le n3 puis assez vous rem3rcier des bontés que vous avez eue pour mon frère Hipolite à son passage à Lyon, je ne puis assez vous en témoigner ma recconnoissance et celle de mon frère ainsi qu'à vos dames que je vous prie d'asurer de nos obéissances; nous leurs souhaitons comme à vous une année des plus heureuse; que Dieu veuille vous y combler de ces bénédiction les plus particulière. Si les vœux que nous faisons pour vous et pourlojsce qui vous interresses [se réalisaient] vous n'auriez sûrement rien à désirer, permettez que Rosalie* se joingne à nous. Nous vous demandons la continuation de voira amittié et nous vous prions d'estre
' Probablement Marie-Rosalie Vanloo, fiile de Carie, dont l'état désespéré est lignalédans la lettre suivante du 3 ianvier 1762.
persuader que la noire vous est entièrement dévouée. Cet avec ces senlimens que je suis pour la vie, messieurs, votre très humble et très obéissante servante.
Vaxloo Berger.
Je vous prie de vouloir bien rendre cette lettre à Mademoiselle de Nobere (?)
Paris, 3 janvier 1762.
Messieurs,
Nous sommes dans la plus grande alliclions de l'état où est notre chère cousine Bron, fille de iM. Carie Vanloo que vous aviés peut être vue chez M. Milanoîs, elle est à toutes extremilez d'une suitte de couche dont le lait c'est jette sur les poulmons et on la regarde comme puelmonique et sans resource, cependant le père et la mère qui ont une entière confiance en Monsieur Tronchin, luy font par la lettre cy jointe un détail circonstancié de la maladie de leurs chère fille et attendent avec grande impatience qu'il veuille bien leurs donner son avis et pour en avoir une plus prompte réponce je m'adresse à vous, Messieurs, pour que la chère maman Regnel que j'embrasse de toutes mon âme ce donne la peine de remettre cettr^ lettre à M. Tronchin, son parens et votre voisin, avec instantes prières de sa part de faire tenir cette lettre à Genève et de recommander bien vivement noire chère malade. Je ne puis vous exprimer combien toutes la famille et mesme tous Paris s'i interresse. Je compte assez sur vos bontez pour nous en obtenir une prompte réponce; la chère maman Regnel ferra cette commission et recommandera ma malade avec tous le zelle dont je la connois capable pour ces amies; permettez qu'elle trouve ici ainsi que toutes vos dames et vous Messieurs les vœux que mon frère et moy et ma fille faisons pour vous dans cette nouvelle année que vous nous souhaitons d s plus heureuses. Si le Seigneur daigne les exauser vous n'auriés sertenement rien a désirer et vous jouïrés de tous le honneur que vous méritez et tous ce qui vous apartient (jue nous embrassons bien tendrement. Nous vo is demandons la continuation de votre amittié et nous vous prions d'estre bien persuadés que nous ne pouvons rien adjouter à celle que nous vo is avons vouée pour la vie et avec laquelle j'ay l'honneur d'estre avec tous, l'attachement posible, Messieurs, votre très humble et très obéissante servante.
Vanloo Berger.
A Messieurs^ Messieurs Rey, Magneval et Compagnie^ ru'goctants
à Lyon.
Paris, le 5 décembre 1764.
Messieurs,
Je reçois dans le moment votre lettre du 30 du passé, inclus voire promesse payable au premier juin prochain de 1. 18579, et je vous renvoyé celle cy joint celle del. 19481,18; sans avoir fais de calcul, je voyes que vous vous estiez trompés à votre désavantage; cet lierreurest rangée et par premier courier j'en donnerai avis à mon frère et, à sa réponce, je vous remetrai son reçus des dernières 10,0001. à compte de la liquidation et je liiy manderai que tous les comptes de Michel, c'est-à-dire le premier et le segond sont déduit et qu'il a en tous jusqu'à présent de fond dans votre maison 29079 1., y compris les inlerrez, pfirtis payable au premier juin 1765 et partie au mois de janvier 1766; car vous scavés que ny luy ny mois nous n'entrons point dans des détails de compte et que nous nous en raportons entièrement à vous; je ne parlerois pas encore à mon frère des pertes que vous croyez avoir failles pour la liquidations tant avec le sieur Dubois qu'à Valence; qufind le mal sera fait, il sera assez temps pour qu'il le sache, j'éloigne toujours tant que je peut tous ce qui peut luy faire de la peine et je uoudrois n'avoir jamais que de bonnes nouvelles à luy annoncer; vous l'aimés assés pour estre sûre que vous faille les mesme souhais.
Je n'ai plus revu M. Regnel le fils, je ne scais ce qu'il devient et où il en est de ses affaires, je luy souhaite de l'ordre et de l'économie, mais cela fais deux terribles articles pour luy.
C'est parce que je connois vos sentimens d'amittié pour moy et pour tous ce qui m'intérresse, que je vous ay parlé de mon mary, vous verres par vous mesme quand l'un de vous sera à Madrid; si ses soias et vos affaires vous permettent de faire mieux pour luy, je le souliailte, je vous l'avoue, bien ardament et, comme j'ay eue l'honneur de vous le dire, mon etnbilion se borne pour luy à luy scavoir de quoy vivre honestement; à l'égard de son neuveu, il doit l'oblier, comme celuy cy a oublié qu'il a un oncle à Madrid à qui il a fait beaucoup de promesses sans envie d'en tenir une, il ne luy a pas mesme écrit une seule lettre; ce qui ne m'étonne pas. M. Rey scais que j'avois mis toutes ses offres a leurs juste valeurs. Pour moy, je ne le vois plus; il ne m'a pas mesme rendue ma visitte du
jour de Tan dernier, et vous pencés bien que je ne suis plus tentée de luy en faire. Recevez les complimens de ma fille et pour vos dames que j'embrasse de lo;!S mon cœur.
J'ai l'honneur d'eslre avec les senlimens de la plus vive amitlic, Messieurs, votre très liumhle et très obéissante servante.
Vanloo Berger.
J'ai écris à Michel, je suis bien enchantée qu'on soye content de luy, ce qui fais grand plaisir à mon frére^ ayez la bonté de luy donner 12 1. aux étrennes, et mesme somme à l'ami Privât d'un flacon de goûte que j'ai vendu depuis longlems et de luy faire nos complimens.
A Messieurs^ Messieurs Rey, Magneval et Compagnie^ négociants à Lyon ' .
Je vous remet cy joint, Monsieur et cher ami, une lettre po;ir Michel que je vous prie de luy rendre après en avoir fais lecture. J'apprend par noire ami Rey que son fabriquant est content de ses dispositions, point du tout de son activités; il serois très fâcheux pour Michel et pour nous qu'il ne le contenta pas au point d'en obtenir des apointemens à la fin de son temps et je \/ous prie de vouloir bien luy en faire sentir les conséquences. Je me flatte qu'il y fera attention et qu'il se metra à mesme qu'on me donne de meilleures nouvelles; je vous prie de vouloir bien avoir la complaisance de vous en informer à son fabriquant et s'il est content de luy et qu'il aye réelement besoin d'un habit d'hivert qu'il me demande, de luy en faire faire un de draps veste et c[ulo!te], boulons et jarretières d'or et rien plus, et luy donner 12 l. pour ses étrenn?s; mais, si on n'est pas content, rien de tous cela; ce que je laisse entièrement à votre disposition et de faire pour luy comme votre propre fils, mon frère et moy nous vous en aurons une obligation infinie.
J'apprend par la lettre de M. Rey son départ pour Madrid, Berger désirois l'un de vous deux depuis longtemps; je souhaitte bien ardament son heureuse arrivée et pour le bien de vos affaires et celles de mon mary dont vousscavés qu'il a grand besoins. M. Rey pourra vous rendre comptes des soins qu'il ce donne et vojs estes l'un et l'autre trop raisonnables et trop de nos amis pour ne pas faire pour luy ce que vous pourriés, je le
^ Eîi tête : Répondu le 5 janvier 1765.
recommande à votre amiliié; je n'écrirai point encore à M. Rey, n'ayant rien de particulier à luy mander. Je prie la maman Rey que j'embrasse de tous mon cœur de vouloir bien luy faire mes complimens et ceux de ma fille et de recevoir les noire ainsi que madame Magneval et toutes vos dames et vos charmantes familles. Dans quelques jours je compte recevoir la recconnoissances de mon frère pour les 10,000 1. rentrée de la liquidalion, que je vous remetrai dans le temps.
Je vous prie de m'envoyer le certificat de vie de François-Michel, sitôt que vous le poureis; pardon de toutes les peines que je vous donne.
Ditte, je vous prie, à la maman Rey que M. Brun Sainte-Catherine a dû écrire pour recomander mon petit ami Rey, son fils, et qu'il n'y a rien qu'il ne fasse pour luy donner des preuves de son zelle et de son attachement et de sa recconnoissance de toutes les politesses qu'il a reçus chez elle; il vient d'estre nomé commisaire et doit partir aincessament pour Brest pour y établir dans cet arcenal son projet des cordages, et de là vraysemblablement il aura ordre d'en aller faire autant à Rochefort. J'ay l'honneur d'estre avec les sentimens de la plus vive amiltié, Monsieur et cher ami, votre très humble et très obéissante servante.
Vanloo Berger.
Paris, 17 décembre 1764.
A Messieurs, Messieurs Rey, Magneval et Compagnie, négociants
à Lyon^ .
Nous n'avons plus rien à dire^ Monsieur et cher ami, sur vos billié, tout est en règle et nous voilà d'accord. Je vous remez cy joint la reconnoissance de mon frère des 10,000 livres des fonds rentrés à compte de votre enciene sociétez, js ne doute pas de votre attention et de votre exactitude pour accélérer la fin de cette affaire et je vous demande au nom de mon frère de vouloir bien y continuer vos soins; il me charge de vous faire et à toutes vos dames ses plus tendres complimens, sa santés continue d'estre parfaitte et c'est un grand bien pour lequel tous ses amis on trambler. Le Parlement n'a deu rentrer qu'aujourd'hui, nous verrons ce que le retour de tous le monde en ville procurera ; jusqu'à présent il n'a rien eue affaire, et l'hivert se passe de mesme son séjour dans ce pais là ne sera pas encore bien long, tous ce mois cy et le prbchaitj nous en
^ En tête : Répondu le 18 janvier 1765.
aprendra le résultat. Par ce que je vous mande vous devés voir que mon voyage dans ce païs là est des plus incertain ; si j'apprend quelques choses de plus heureux je ne manquerai pas de vous en faire par, sçachant trop Tintérrez que vous prenés à ce qui nous regarde.
Je n'ay plus revu votre amériquain, si l'ami Rey le voie à Bordeaux il vous dira qu'il l'aura trouvés brillant comme un soleil et, dans un païs où on y joue les louis comme la paille, il a remonter sa garderobe et celle de sa femme ce qui luy a beaucoup coiitter et je crains bien, comme je luy ai dit à luy mesme,que sa prétendue n'ayefait une grande sotissedont il luy donnera tous le temps de ce repentir d'estre venue en Europe avec luy ; il m'a fais les plus belles promesses du monde, mais il sçait comme j'i compte, aussi m'en a-t-il donné la preuve en ne venant plus me voir; il est ausi aimable, ausi sémilliane qu'il a toujours été et je crains bien avec vous que la petite fortune qu'il vient de faire ne soye pas de longue durée. Dieu veuille, pour son bien et celuy de sa créole^que nous nous trompions tous deux.
Je n'ay jamais fais grand fond sur les promesses de M. de Saint- Laurent, et mesme, à vous parler vray, je n'y est jamais comptés du tout, il ne sçais rien refuser ny rien effectuer. Berger a été assez bon pour beaucoup espérer de ses promesse sans que j'ay pu le dissuader, mais le temps le luy a prouvé : il n'a jamais mesme pu avoir une seule réponse à ses lettres. Cela n'est pas obligeant, j'en conviens, mais c'est le monde. Si j'avois 100 mille l. de rentes je ne doute point qu'il ne se fit honneur de m'apartenir, mais, bon Dieu, à quoy une femme comme moy est elle bonne? je ne sçais pas seulement me fâcher des visites qu'il ne me rend pas, je le suis seulement un peu des fausses espérances quil a donnée à mon mary, et si je l'avois crus, il l'auroit fait revenir a Paris pour en charger mon frère, qui en a bien assez de moy et de ma fille et de bien d'autres choses qui luy sont indispensables. Je vous parle, comme vous voyez, à cœur ouvert sur le compte de M. de Saint-Laurent, persuadée que cela n'yra pas plus loing.
C'est sur votre amitlié et celle de l'ami Rey sur laquelle je compte beaucoup pour adoucir le triste sort de mon mary et je ne doute nulement que si vous le pouvés vous ne le faissiez avec autant de plaisir que j'en aurai à l'apprendre, et je me flatte que Berger de son coslés ne négligera rien de ce qui pourra contribuer à vos interrés et ce sera pour moy une satisfaction de sçavoir que mon pauvre Berger peut vivre honestement. Je croirés insulter à l'amitlié que vous avez toujours eue pour moy si je vous faissois de nouvelles instances à ce sujet.
Je suis bien anchanlée du bon effet qu'a produit ma lettre à Michel, je sens qu'il a besoin d'estre soutenu par des représentations, elles ne luy
manqueront pas de ma part, faille mol l'amillier de vous informer souvent de M. Molinol, à qui je vous piie de faire nos complimens, du travail de Michel, et lorsque vos fijrandes ocupalions vous le permettrons de m'en randre compte, et j'écrirai à Michel en conséquence, soye pour animer son zelle ou pour le réveiller de su nonchalance dans laquelle il retombe souvent, dilte iuy, je vous prie, en luy faisant nos complimens que j'ai reçeu toutes ses lettres et celle pour M. Vanloo; son nom est François Michel, né à Lyon, battissé le 27 avril 1744 âgé de deux jours; il n'y a aucune qualitée sur son contract, vous m'obligerés sitost que vous le pourrai de m'envoyer son certificat de vie.
J'avois apris la grocesse de Madame de Solornay' et j'apprend par vous et avec un plaisir extrême son heureux acouchement et je n'aurois rien eue à désirer si seul été un garçon; si vous en avés l'ocalion faille luy en faire, je vous prie, mon compliment bien sincère; je l'aime et l'aimerai toujours du meilleur de mon cœur et son honneur m'inlerresse au delà de toutes exprétions. Je sens parfaitement combien l'absence de l'ami Rey doit augmenter vos ocupalions, aussi n'aurai-je pas l'indiscrétion de vous charger de lettres ny d'exiger de l'exalitude. Envoyez-moi le certificat de Michel sous un blanc couvert? Dilte à la chère maman Rey que j'embrasse bien tendrement que, puisque son cher fils c'est déterminé de passer à la Martinique que j'en écrirai à Brun Sainte-Catherine pour le recomander. J'embrasse Madame Magneval da toutes mon âme ainsi que la chère maman Regnel, Madame Maindeslre et Mademoiselle Regnel, je leurs demande à toutes la continuation de leurs amiltié et pour ma fille qui a l'honneur de les assurer de ses obéissances el qui embrasse comme moy toutes vos chère famille.
Je suis avec la plus inviolable amiltié, Monsieur et cher ami, votre très humble et très obéissante servante.
Vanloo Bergrr.
Paris, 10 janvier 1765.
XIlï
A Messieurs^ Messieurs Rey, Magneval et Compagnie, négociants
à Lyon.
Paris, ce 15 mars 1765.
J'ai reçus en son tems, Monsieur et cher ami, voire lettre du 18 du passé, inclus le certificat de vie de Michel, je vous en remercie comme aussi de
' Valfray de Salornay.
m'avoir instruite de ses dicipations du carnaval dont je luy dis mon sentimens par une lettre que je luy ai écritte et que j'ai prié M. Pavillon, à qui j'avois ôcation de luy écrire, de luy l emetre. Peut être que Michel ne ce donnera pas pour entendu ôprès de vous mais n'importe, sufit qu'il ce corrige, ce que je serrai bien charmée d'aprendre et je vous serai sensiblement obligée ainsi qu'à M. Molinos, à qui je vous prie de faire mes plus sincères complimens, de me tenir sur les avis de la conduitte de Michel; je ne luy épargnerai pas mes épitres de remontrances et si les miènes ne sufissent pas, je prierai mon frère d'y joindre les siènes; Les jeunes gens sont terribles pour perdre leurs lems et il est essentiel à Michel plus qu'à un autre de profiler du siens, il ne scauroit y pencer trop sérieusement; je le recommande toujours à vos bontés et à celles de vos dames, à qui je vous prie de dire mille chose tendres de ma part et de celle de ma fille qui est extrêmement sensible à voire bon souvenir et me charge de vous faire ses complimens et à tous les chers enfans que j'embrasse de tous mon cœur, de mesme que la chère maman Magneval; rappeliez moy quelques foys, je vous prie, à son souvenir.
J'ay reçue des nouvelles de notre ami Rey, de son heureuse arrivée à Madrid et j'ay appris avec bien du plaisir que vous avez tous lieu d'estre content de son voyage par les commissions que vous avez eue, ce qui dois vous donner bien de l'ocupations et à vos dames. Mon mary avoit raison de souhaiter que l'un de vous fis le voyage attendu le mariage du prince des Asturies.
Je ne doute point que l'ami Rey ne vous ait donné de bons témoignages de l'assuidité de Berger à voir vos marchands et que si vous le pouvés vous ne rendiez son sort meilleur qu'il n'est. J'ai une confiance entière dans votre amittié et pour luy et pour moy.
Le cher Rey m'aprend que son fils La Morande dois passer à la Martinique avec l'intendant en qualilez de son secrétaire et, en conséquence, il me remet une lettre pour Brun Sainte-Catherine pour recomander son fils dans cette iles. Co^nme Brun est à Brest, je me suis adressées un commissaire de la marine qui est dans les bureaux: de Versailles pour recommander mon cher ami La Morande à la Martinique et peut estre écrirat-il aussi à l'intendant c'est un de mes intimes amis sur qui je puis conter; le subdéléguè de la Martinique est particulièrement des siens et vous pouvés assurer la chère maman Rey que son cher fils y sera très vivement recommandé, elle peut m'envoyer une lettre pour luy, mon ami de Versailles m'a mesme offert de la faire parvenir à M. Rey de La Morande, je l'attend pour la luy remettre.
Je pence comme vous que M. Regnel aura bien de la peine à pencer sérieusement... et à sa femme... M. Rey luy a donné de biens bons avis
à son passage, il seroit heiireuv d'en profiler, mais, saiisluy faire injure, nous pouvons en douter d'aulant plus qu'il est dans un pais cruel pour la dépence et particulièrement pour le jeux; il serait heureux qu'il put attendre ses retour ailleurs qu'à Bordeaux.
J'ay l'honneur d'estre avec l'amittié la plus sincère. Monsieur et cher ami, votre très humble et très obéissante servante.
VftiVLOO Bergkr.
A Me&sieurs, Messieurs Rey, Magneval et Compagnie, négociants
à Lyon.
J'ay reçus en son temps, Monsieur et cher ami, le papier que vous avez eue la bontés de m'envoyer je n'ay diféré à vous en remercier que parce que je n'avois d'ailleurs rien d'interressant à vous mander, les nouvelles de Londres étoient toujours les mesme ; mon frère en est enfin de retour depuis les premiers jours de ce mois, en bonne santés mais fort maigri par Tennuye et les désagrémens qu'il y a essuyés, causés par la basse jalousie des artistes et le peut de connoissance en pintures de cette nation, il me charge de vous faire mille amittiés et à toutes vos dames que j'embrasse du plus tendre de mon cœur et toutes la chère famille ; ma fille en fais de mesme et nous vous prions tous trois de dire bien des choses pour nous au cher ami Privât et de lui faire sçavoir le retour de mon frère à Paris et le désagréable voyage qu'il vient de faire. Je suis très persuadée que le sel de Mars qu'il continue de prendre a conserver sa santés.
M. Brun Sainte-Catherine, mon cousin, est partis ce matin par la diligence de Lyon et ce fais un vray plaisir de vous aller tous embrasser; les bontés que vous avez eue pour luy, particulièrement la chère maman Rey m'engage à vous prier de vouloir bien les luy continuer et de me donner de ses nouvelles à son arrivée; sa santés, par son grand travail, est fort altérée; nous en sommes très inquiet et nous l'avons vu partir avec un regret infini et il me tarde de l'aprendre arrivés chez luy où il a besoin d'estre pour se reposer; je vous prie de vouloir bien avoir la complaisance de faire avertir Michel, M. Brun souhaite le voir et luy rcmetra de la part de M. Vanloo un assortiment de couleur en mignature qu'il m'a demandé avec une palette d'yvoire; pour des pinceaux, il en trouvera aisément à liyon, nous luy recomandons toujours beaucoup de travail et d'assiduités et de se mettre promptement en état de soulager mon frère de dépence qu'il fais pour luy; nous luy faisons tous nos complimens.
Fiionnour (l'rsife avec ranildié ia |ilns siiicùie, Monsieur el cher ami, voire liés humble et lies ol)éissanle servante.
VaXI,0() lÎKlUJI.K.
Paris, 28 juin 1765.
A Mtssiews, Messieurs Reij, Macjneial et Cowpa(jnie, négociants
à Lyon.
Paris 12 août 1TC5.
I! y à bien longtems, Monsieur et cher ami, que je me repi'oche de n:^ pas trouver im moment pour avoir Thonneiir de vous écrire, mais depuis l'affreuse cilastrophe de hi mort de mon oncle Carie Vanloo qui nous a tous plongée dans la plus vive douleur, sans cesse ôcupce oprès de la veuve que je n'ai pas quitée ny jour ny nuit et à recevoir tous ses amis qui sont en giand nombi es et qui tous ainsi que tous ceux qui connaissoit M. Vanloo ont été touchés au dehi de toute exprétion de sa perle, les affaires de cette chère veuve, celle de ses anfans, m'ont ausi beaucoup ôcuper et m'ôcupeiont encore par la lente qu'on lat commencer demain de leurs effcz qui ne s^tont pas en grand nombres; il n'est pas mort r;che, mais comblé d'honneur el de gloire. Le roy a accordé à la veuve 2,400 I. de pension et son logement avec mon frère que Sa Majesté a nomé directeur de l'Ecole royale des élèves protégés par le loy, qui est la place que mon oncle avait outre celle de premier peintre du roy qui a élé donné^î à M. lîoucher. Nous serions on ne peut plus satisfaiz si nous n'avions pas un oncle chéiit à regretter, La place que M. le marquis de Marigny vient de faire accordera mon frère est extrêmement honorable et très avantageuse : il seri logé, noui ri et dornestiques payé, et j'aurai à mes soins une maison considérable à conduire où entre maistre et domestiques nous seions 22 à 24 personnes, et ce qui me donne plus d'embarras acluelement c'est que Ton bâtis dans notre nouvelle habitation au vieux Loavré et qu'après y avoir passé la journée nous revenons coucher ici. Je ne douté point de l'interret que vous el vos dames allés prendre h la place que le roy vient de donner ;\ mon frère, il est heureux qu3 les Anglois n'ayeht pas sçus l'ocuper. Faitte part, je vous pi ie, mon cher ami, de tout cecy à l'ami Privât et au père Gaudin, ils y seront sûrement sensible, je me recommande à cjî premier pour du sel de Mars et des goûtes, mon cher Vanloo en fait un usage continuel et s'en trouve parfaitement biëH, ils leur fait, ainsi que moy et ma fille mille complimens ainsi qu'à toutes
vos dam:s el lojles la chère famille que j'emhrasse cl (|ue je remercie ainsi que vous de toutes les bontés que vous avez eus pour mon cousin IJrun Saintc-Calherine et Aï. Chamguieii ? qui tous d3ux ne peuvent assez se louer de toutes vos politesses, je voudrois bien, à mon tour, trouver (les ©calions à vous témoigner toutes ma recconnoissances et à la chère maman Hegnel que j'embrasse de nouveau ausi tendrement que je l'aime.
Nous avons eue le plaisir de voir MM. Molino et Artaut, avec qui nous avons beaucoup parlés de vous et de Michel, votre lettre au sujet de ce dernierm'a causée un très grand chagrinet je seraiinconsolablesison malheureux projet de ce faire comédien avoit lieu, j'ai juger à propos de le laisser Vgiiorer à mon frère et de luy évitter la peine qu'il en auroit bien sûrement resenlis. Cette fantaisie de jeune homme ne fais que m'aOiger sans trop me surprendre et je crois que le meilleur moyen pour luy ôter cette idée est de luy faire voir bonnes compagnie, en conséquence je ne souhaiterois lien avec plus d'ardeur qu'il put estre en pension chez M. Molino pour la table et le logement, je luy en ai touché quelques chose, il ne m'en parrois pas éloigné et pour peu que vous voulussiez vous y intéresser à son retour, je me flatte que vous y réusiriez; il me parroit l'aimer assez, en estre content de ses dispositions pour son talens ; étant chez M. Molino il seroit à portée de travailler et de s'apliquer plus qu'il n'a fait par le passé et à portée de voir bonne compagnie, quand on est parmis de gens qui pence on est fort éloignés de vouloir se faire comédien. Je me flatte que cette malheureuse idée n'aura pas eue de suitte par vos soins et vos bons conseils que je vous demande en grâce de voaloir bien luy continuer. Il est d'un caractère doux et avec de la douceur on le ramènera aisément, j'en ai souvent fais l'épreuve et j'i ai d'autant mieux réjsie qu'il a beaucoup de sensibilité. Pour ne le point aigrir et luy faire voir que vous ne m'avez pas instruite de celte fantaisie, je ne luy en parlerois pas, il vous sçaura sûrement bon grez de me l'avoir laissé ygnoré, failte vous en un méritte auprès de luy pour gagner sa confiance, faitte luy nos complimens comme si de rien n'étois et aprenez luy la place que le roy vient de donner à mon frère, ce qui luy donne le logement la table et le domestiques payés et, à moy, le soin d'une très grosse maison, attendu qu'outre les pensionnaires qui sont les élèves protégés, nous vivrons avec Madame [Vanloo] et toutes sa famille, et entre maistre et domestiques nous serons 22 à [24] personnes, ce n'est pas ce qui m'ocupe le plus, mais c'est les allée et venue que je suis obligée de faire pour nos arrangemens dans notre nouvelle maison.
J'ai eue ses jours cy des nouvelles de M. Rey de La Morande par un de mes cousins germin, lieutenant dans le régiment de Provence, très aimable cavalier qui est enchanté d'avoir fais sa connoissanre et qui m'en
dit loiis le i)Ln posible; assurés la chère maman Rey que son cher QIs se porte à merveille ainsi que le papa de qui j'ai eue des nouvelles le dernier courîpr.
Je suis pour la vie avec les senlimensde la plus vive amitlié, Monsieur et cher ami, votre très humble et très obéissante servante.
VaXLOO. lÎKRfiKR'^
XVÏ
A Messieurs, Messieurs Rey, Magneval et Compagnie^ négociants
à Lion,
Paris, 30 décembre 1765,
Comment poun ai-je, Messieurs, vous exprimer ma douleur à la funeste nouvelle que j'ay reçue hier, par une lettre de mon mary, qui m'appren;! la mort de notre digne ami Rey, quel coup affreux pour vous, quelle perte pour sa famille, et qui pourra jamais consoler sa chère épouse que ne suis-je ôprès d'elle pour mesler mes larmes avec les sienes, que sa situation et cruelle et que je la partage bien vivement. Je ne luy écrirai point; c'est vous, mon cher ami, que je prie instament de luy dire de ma part combien je suis sensible à son malheur, que personne ne le partage plus véritablement que moy. Je vous en dis autant de la part de mon frère et de ma fille et nous vous prions tous d'assurer vos dames de nos regrets et que nous partageons bien sincèrement leur juste douleur, Dieu veuille vous consoler tous et vous donner une année plus heureuse que celle-cy. Recevez nos v<eux et pour toutes votre famille et les assurance du sincère attachement avec lequel je suis pour la vie bien plus à vous qu'à moy mesme, Monsieur et cher ami» votre très humble et très obéissante servante.
Vaxloo Bergkb.
Obligés moy de remettre la lettre cy jointe à Michel et de luy donner 12 1. pour ses élrennes et de faire nos complimens à M. Ataud et Molino.
Monsieur Magneval.
* Au dos: Je vous envoyé mon cher amy une lettre de Madame Berger et vous prie de me k renvoyer caclieHée.
â Monsieur, Monsieur Magneval, à Paris.
Je reçois, mop cher Monsieur, votre lettre, celle pour M. de Barsini et le compte pour mon frère, l'un et l'auti e vous remercie et vous font leurs compliment. Ce dernier compte vous aller voir demain. Munisez vous d'un petit flacons, il y mettra les goûtes qu'il a dans le siens, car je n'en ay pas un seul ici.
Je vous remez votre coffres avec la clef, je vous en fais mes remerciemens. Comme M. Regnel vat pour l'ordinaire en campagne les fesle et dimanche, prié le de ma part que si tost qu'il aura reçue ma lettre d'Espagne d'avoir la complaisance de l'envoyer chez Madame Lebrun. Pardons des peines que je vous donne.
Rosette vous asure de ces devoirs, je vous souhailte une parfaitle santez et suis avec le plus sincère attachement, Monsieur et cher ami, votre très humble et obéissante servante.
Vanloo Berger.
EXTRAITS DE CORRESPOXDAXCK
Lettres d'A. Berger à la maison Rey-Magneval.
Madrid, 22 Aoust 1763. — ...Vous me dites bien que vous avès vu ma femme, M"" Vanloo et ma fille, mais vous ne m'en dites pas davantage, cependant vous m'aurriès fait grand plaisir de me parler un peu au long des conversations que vous aurrés eu et si M"" Vanloo travaille beaucoup car pour ma femme elle me crie toujours misère et j'ay lieu de croire tout le contraire. M' Duflot le fils m'ayant asseuré qu'il avoit toujours plus d'ouvrage qu'il n'en pouvoit faire; enfin ne me cachés rien, mon cher amy, j'espère que la conversation que vous déviés avoir avec mon neveu l'engagera à me tenir la parole qu'il m'a donné sur la pension ; je vous asseure que j'en ay grand besoin et si vous y avès réussi je me flatte que par votre première j'en scaurray quelque chose, j'en attends la nouvelle avec grande impatience pour luy en écrire...
Il est arrivé à Lavalde une affayre très désagréable. Mercredy passé il
a élé mis en prison et je vais vous en dire le sujet : il craignoit q.ie Ton visita sa raayson le jour que Von saysit Biner, ce marchand de montre d'or de Genève, et comme il avoit chès luy pour 15 mille piastres de diamants qui n'avoient point passé par la douane, il les mit tous dans un papier qui cacheta et étant pressé, ne pouvant les sortir de chès hiy, il les donna à sa servante, qui est assès jolie, pour les cacher, mais cette servante, qui avoit sujet de se plaindre de son inliJélilé, disparut avec les diamants de sa mayson et l'ayant cherché pendant plusieurs jours sans pouvoir la desco ivrir dans tout Madrid, il fut chès un alcade en porter ces plaintes et fit sa déclaration; elle fut décrété et le jour suivant fut conduite en pryson où elle déclara avoir ces diamants, mais qu'ils étoienl entré par... et que ledit Lavalde luy avoit promis le mariage après l'avoir voulu violer et coucher plusieurs fois avec elle et dont elle offroit justifier le tout. L'on dit qu'elle a eu des témoins qui ont déclaré que cela étoit vray,de façon que ce pauvre diable, à ce que I on dit, perdra ces diamants, qu'il est poursuivi au criminel et que de cette affayre il sera ruiné. C'est rentr;Hien de tout Madrid aujourd'huy, je vous en diray les suites...
5 Seplcnihre 17B3. — ...Don Joseph Gil m'a dit que l'on luy a renvoyé les quatre derniers échantillons de S' lldephonse et que l'on luy a marqué que le Roy ne les a pas trouvé de son goût... Nous sçavons luy et moy que Durand est à S' lldefonse, (|ue parle canal de Muguet il en reçoit souvent [des échantillons] et (ju'il en fait voir au mirquis Esquilaché, que le frère de Durand, le dessignateur, luy en envoyt aussy; s'il y en a dans le nombre qui playse au marquis seurement ils en aurront la commission; car il y est bien reco ninandé. . . Lavalde est sortit de pryson sous caution et c'est d" Gabriel de Segura de la Galle xMayor qui l'a été, on ne sçait pas encor de quel façon il accomoiera cette affayre, cela luy fait heaucoup de lord dans le public. Je suis très en peine de ma femme, je n'en ay reçus aucunne lettre dej)uis le l" Aoust ; je luy écrit par ce courrier. Notre consul part après d3main pour Paris par congé; il y va pour les affaires de la nation, je suis persuadé qu'il faira de son mieux pour qu'il en résulte des avantages à la nation, ce que j'en apprendray je vous en fairay pari. Divandats est chargé des affaires du consulat en son absence...
19 Septembre 1763. — ...Le mariage de la princesse est enfin déclaré pour le mois de Janvier et en conséquence M'* les ambassadeurs de IHenne, France et Naples sont venus dans cette semayne passé de S' lldefonse pour disposer leurs fêtes; l'on dit que tous en particuliers ils ont des ordres de leurs Cours de faire la dépence qu'ils jugeront à propos, sans être limité, et que chaque ambassadeur donnera trois fêtes et comme chaque jour il y aurra grand bal cela va occasionner bien de la dépence... J'oubliois de vous dire que M"" l'ambassadeur de France fait venir des
comédiens de France, juges si toutes ies dames de noire Co:ir ne fairont pas des robes pour y aller...
26 Septembre 1763. — ...Je vous conseille très fort d'y faire mettre la main (aux robes) tout aussitost et de les expédier à mesure (jiie vous en aurésde faites, car au préparatif que les an^bassadeurs font pour les fêles qu'ils doivent donner au mois de Janvier prochain, nos dames y voudront briller, et soit en étoffes, robes, etc., tout manquera... Je vous invite, mon cher amy, à faire du beau en robes, vous le pouvès mieux que personne puisque vous possédés le goût de cette ville.,. Je suis persuadé que parle séjour que vous avès fait... vous serès mieux à même de faire garnir des robes aussy bien qu'à Paris...
3 Octobre 1763. — ...Je voys avec playsir que voui avès envoyé da Paris à votre mayson des robes garnies et beaucoup d'agrémensde divers bons ouvriers... Si on reprend icy le goût de la dorure, ce sera dans les fêles du mariage de la princesse que cela ss décid ra, car jusques à présent tous les marchands me disent qu'ils en ont beaucoup et qu'ils ne vendent rien en dorure... J'ay vu avec chagrin ce que mon neveu vous a escrit du 13« du passé; je pense comme vous et je ne comble sur rien de sa pari, cependant c'est luy qu'il me dit « Mon oncle, je vous donneray 1001. tous les mois »... J'ay reçeu une lettre de ma femme et de ma fille, je leurs fait réponce pir ce courrier...
20 Octobre 1763. — ..J'ay vu Trucios qui est fort impatient de resevo:r ces bas dont il n'a pas eu jusques à présent des nouvelles qu'ils fussent arrivés à Dayonne..., je luy ai lu que le fabriquant n'avoit pas voulu faire ceux de femme de mélange, parce qu'ils seroient sortis informes et invendables, dont if a élé très surpris parce qu'il en a acheplé qui viennent d'Angleterre et d'Oléron en mélange et qui sont fort bien... L3S garnitures de b®' etc. que vous avez remis à La Torre se seroient toules rendues si elles n'avoient pas étées si chères, j'en ay vu que Génard de Paris a envoyé à troys maisons d'icy qui ont beaucoup plus d'apparence que les vôtres et meylleur marché. Les vôtres sont chargés d'ouvrages et les barbes et nœud de manches ne sont pas garnie comme la b% c'est à dire qu'il y manque les mêmes agréments ou rubans qui sont dans la b*, ce qui est un défaut des plus grands... Si vous aviés envoyé beaucoup de cabriolets en couleurs avec manches e sans nianche, j'en aurois beaucoup vendu, car tous les marchands en demandent. Les manteaux sont trouvés trop court et point assès large... Vos garnitures da bus% collier, nœud et coeffe viennent toutes froisées et celles de Paris arrivent comme si elles sortoient des mains de l'ouvrière, cela provient de ce que les vôtres sont mises très mal sur le papier qui est trop court. Ayès la bonté de voir comine celles de Paris sont mises sur le papier eS faites en ds même, €3r
la marchandise qui arrive Lien conditionnée est à oioytié vendue. Les garnitures de robes ont le même défaut; il faut mettre chaque chose sur son papier... Ma^ Andrès, qui vous fart mil et mil complimens, attend de vos nouvelles incessamment et de sa robe qui est en g'ige aux Augustins, car el!e m'a dit de vous marquer qu'elle seroit charmé de la retirer parce que cela lui évittera d'en achepter une et qu elle ayme mieux en donner l'argent...
!24 Octobre 17G3. — ...Ce malin iljuy est venu un prop...? de TEscurial qui a apporte la nouvelle de la mort du roy de Pologne, ce qui va faire du tord pour la vente d'hyvers, car nous aurrons un dœuil rigoureux. L'on m'a cependant assuré que cette mort ne changeront rien au mariage de la princesse et qu3 les fêtes se donneroient toujours dans le lems limité. S'il y a quelque changement ou retard, par le courrier de jeudy, je vous le marqucray. M' Duflot le père est parti samedy pour Paris, il m'a promis de voir mon neveu et de faire tout ce qu'il pourra pour l'engager à me tenir sa parole. W et W^" Chevalier sont très sensible à voire souvenir, ils vous font mil et mil compliments; la partie ne va plus, car il n'y va personne, il n'y a que W Merlin qui en est amoureux et M" s'en moque et le badine sans cesse, c'est un franc lionnois qui n'a pas le sens comun... Ce que vous m'avés marqué de ma femme m'afflige beaucoup, elle devroit cependant se faire une rayson et se conformer à la volonté de Dieu surtout lorsqu'il n'est pas à notre pouvoir de remédier aux choses qu'il arrive; je fairay ce que je pourray pour l'y inviter...
^Novembre 1763, — ...Vous ne pîiés pas les robes comme celles da Paris, car les vostres viennent toujours dans des cartons trop petits, au lieu que celles de Paris quand on ouvre le carton où est la juppe, l'on voyt tout de suyte, sans la sortir, la garnyture et tout arrive bien conditionné et les vostres toutes froisés... L'on parle... beaucoup de mariages de grands et grandes et l'on en dit 6 et dont trois sont dans la mayson du duc Medina Cely et dont le duc est le premier. Si ces mariages se fonl, seurement, comme l'on le dit, il n'y aura pas asscs de marchandises...
21 Novembre 1763. — ...Ils m'ont dit aussy qu'il parait que les dames ont envie de reprendre l'habit espagnole, que si cela est qu'il ne se vendra pas tant de robes... Les dames d'icy ne veulent plus les bouqurts assortis aux garnitures, elles se sont mis dans le goût de porter des floÊurs artificieles de Gênes, de façon que touls les bouquets restent aux marchands... Je vous avois marqué par ma dernière que J\P et Ma" Cast: opignano avoient été exilés à I^Japles et le tout pour bien des choses que Ma« avoit fait qui seroit trop longue â vous niarquer, mais les puissans amys qui sont attaché à cette mayson, qui sont le marquis d'Esquilache et le ducque
de Lossida, ont racoinmodé toutes le.-; solises de celle jeune duchesse auprès du roy et l'on dit qu'ils resteront tous deux à Madrid, ce qu'il y a de seur c'est qu'ils relouinent à la Cour comme auparavant, s'il arrivoit quelque chose j'auray grand soin de vous le marquer, Chabert me dit l'autre jour que la mère avoit fait condamner son lils à vous payer, dites m'en quel(|ue chose. M"'' Chabert m'a promis de me dire tout ce qui se passeroit au sujet des bruits qui ont courru sur le comple de cette jeune duchesse qui passe dans Madrid pour avoir du goût pour ces domestiquas et dont trois sont en pryson aussi bien qu'un certain médecin qu'elle avoit relire dans sa mayson et qui a été conduit avant hier ( n pryson. Enfin, on en dit des choses infâmes. Los messieurs Hiigues sont aussy en procès avec Lavalde et Parlorago, leurs cautions...
28 Novembre 1763. — ...11 me dit aussy que les dames sont lasses des garnituies avec de la blonde, qu'il faut mettre autre chose à la place de blonde... Les M'* Hugues. . se sontéchappé, sans quoy on lesauroit mpnJ; en pryson, ils sont réfugiés chés l'ambassadeur de France...
21 Mai 1764. — J'ay élé à Aranjuès depuis vendredy passé, et à mon retour qui a élé seulement ce matin, j'ay reçeu, mon très cher amy, votre lettre du 5^ de ce mois, par laquelle vous me marqués le départ de J\L Vanloo, mon beau frère, pour Londres. Il y a longtemps (jue ma femme m'avoit écrit qu'il devoit y aller et qu'elle comptoil l'aller joindre quelques mois après avec ma fille. H est certain qu'il y sera très occupé, mais je crains pour sa santé, Dieu veuille la luy conserver. Je prie ma femme de m'en donner des nouvelles dans toutes ces lettres, et si par hazard vous en eussiés quelques unes vous me fairiès granJ playsir de m'en faire part. .
28 Juin 1764. — ...Je suis charmé que Vanloo soit anivé à Londres vo is m'avei fait grand playsir de m'en donner des nouvelles car j'en étois en peins. Si vous apprenez le progrès qu'il y faira marqués le moy et si VO IS sçavès qu'il fasse les portraits de L.L. M. M...
Juillet I16i. — ...Jamais vous m'avés demandé quand la princesse partiroit de Midrid ny quelle roule elle prenJi'oit et supposé que vous me Leussiés écrit je n'aurois pas pu y satisl'ai»e, car jusques il présent il n'y a rien eu de décidé et jusques à ce que le Roy aye nommé les seigneurs et les dames l'on ne sçauria pas le tems qu'elle parïira, cependant pour vous en parler j'ay éci it à S' Vldephonse où est la cour pour scavoir ce que Ton en dit et ce matin j'en ay reçeu la l éponce qui est que le bruit est général que la prine;^sse partira dans le mois de 7''^ et que toute la cour reviendra à Madrid dans ce lems là où l'om doit donner une fêle de tiurros à la place Mayor et que le Uoy va rester au palais ne.if avec la Ueyne mère et lous ses enfans ; l'on dit que la princesse ira d icy
à Alicante pour s'y embarquer. Pour cecy je ne vous l'asseui-reray mi mais dès qus je sçaurray la roule qu'elle prendra je vous le murfjiieray.,. je me flalle que vous voudrès \n2n exécuter CPlle petite cotiimission car î me trouve sans chemises, et de me l'apporter avec vous; ce moyeh j'en évitteray les droits et la voytnre, qui sera pourmoy une douceur, devant chercher à épargner sur tout..,
6 Aoust 1764. — .. .Ils (Yruegas y Ybarrola) sont bien content de cê que vous leur avés mar(|ué avoir ordonné les 6 d«^ éponges, castor et plumets, car ils étoient bien impatient d'en avoir la nouvelle et ils le serom bien davantage si le Roy en est content lor squ'il s'en ser\/ira. . , Gomme je compte que vous aurrè> la bonté d'exécuter la petite commission des chemines que je vous ay demandé pourmoy, je vous prie d'y ajouter six mouchoiis blanc d'une toyie fine parce que j'en ay besoin pour m'essuyerle^ yeux qui mep'eurenl souvent t t que de le faire avec ceux de colon cela ne vaut rim ; n3 roui)liés pas... /
l'.^ Septembre 1764. — ...Taches de sçavoir des tabriquands qui voui les donneront (les échantillons) si Tolosan n'en a pas eu, car je sçays que c'est pour les faire voir aux princesses qui prennent toutes leurs étoffes dans une boutiqur" qui tire tout de Tolosan...
S20 Septembre 1761. — ...li'on commence à parler du départ de la princesse et l'on dit (pie le roy a commencé à nommer quelques dames pour l'accompagner, si cela se vér ifie je vous le marqueray aussytost, de même que pour la routa qu'elle faira et du téms qu'elle partira afin que vous puissiés en adverlir voire amy d'Ilalie (jui souhaite le sçavoir. La reine mère est malade depuis un mois d'un heiisipèle qui s'est déclaré depuis quelques jours avec un peu de fiebvre ; l'on asseure cependant que cela va aussy bien (pie l'on puisse souliaiter. Dieu le veuille, car outre le deuil qui fairoit grand tord aux marchands po ir la vente d'hyvert...
Octobre l'64. — ...On ne parle plus du départ de la princesse et tous les bruits sont faux car il n'eu est pas quest on, la cour partant le 10 de ce mois de S' Yldephonse pour l'Escurial où elle y restera co.nm;i à l'ordinayre; la reyne mère se porte très-bien, toute la cour ira au palais nœuf au retour de L'Escurial... Mad'^ Dutlot et ces trois demoiselle; parlent mercredy prochain pour aller joindre M"^ Duflot à Paris.où il es: depuis une année et pour ne plus revenii- dans ce pays cy...
8 Octobre 1764. — ...Je vous suis oblige des nouvelles que vous me donnés de mon cher Vanloo, je vous prie de me continuer celles que vous .en auriés car je m'intéresse sincèrement à tout ce qui le regarde ..
15 Octobre 1764. — ...lia caisse des chapeaux étoit si petite que des douze castor il y en a sept qui sont entièrement gâtés... j'ay ressenti beaucoup que les éj)onges et les castors n'ayent pas été à la satisfaction de
Lai rea, il me semble que quand on ne limite aucun prix et que c est pour un roy on doit choysir tout ce qu'il y a de plus parfait...
22 Novembre 1764. — On parle beaucoup du mariage du prince des Asluries pour l'été prochain et l'on le dit seur avec la fille du ducque de Parme, aytisi vous voyès qu'il faudra du beau...
3 Décemhre 1764. — ...Il me semble que je vous ay écrit il y a lon^i^ tems qu'il se parloit beaucoup, dans le publique, du mariage du prince des Asturies avec l'infanle de Parme, on continue même à l'asseurer toujours mais jusques à présent il n'a pas été encor déclaré p'jr le roy... Enfin, mon cher amy, si vous voulés avoir beaucoup de commissions pour le mariage du prince des Asluries, il faut s'y prendre d'avance et en conséquence envoyés moy en échantillons tout ce qu'il se fabrique de plus beau...
10 Décembre 1764. — ...Le mariage du prince des Asturies est bien décidé, mais l'on dit que la consomation ne sera que dans deux années...
17 Décembre 1764, — ...Les caslors que vous m'avés envoyé pour le roy ne luy ont pas pu servir, de façon qu'ils sont obligés de Ips garder tous et ce malin ils m'ont chargé de vous en demander autres douze...
20 Décembre llQ^i;. — ...Par ma dernière je vous ay demandé uile douzaine de caslors pour le Roy... Surtout que la forme soit droite afin que le chapeaux entre bien à la telte du Roy et qu'il puisse être très content de ceux cy...
7 Janvier 1765. — ...L'on dit que la princesse ne partira d'icy qu'au mois de May et que ceux qui l'accompagnent reviendront avec la duchesse de Parme et que les fonc... du maria;^e prince des Asturies ne se fairont que dans la fin du mors d'Aoust ou en Septembre...
30 Septembre 1765. — ...Jamais je n'ay vu depuis que je suis en Espagne un calme aussy général pour tout le commerce, notre princesse des Asturies se fait beaucoup aimer, on efpère qu'elle réveillera celle cour car il paroist qu'elle a du goût pour la parure et qu'ells ayme le pla'sir...
Lettres d* A. Rey àB. Maqneval.
Lyon, 13 Octobre 1753. — Benoit me marque que les vaisseaux de la mer du Sud n'ont rien aporlé pour nous. Dieu bénisse tout et nous donne patience. Il nous marque que Garnier Mollet ne se pressent pas de s'exécuter... ce qui m'a fort surpris est qu'il marque que Girardon, Feyt et sont chez M' Berger p. 3000 p., mais qu'ils lui ont dit à luy même qu'ils avoient la garantie de M. Vanloo.
Lyon, 17 Novembre 1753. — ...Je commence, mon cher ami et b?aufrère, ma lettre par vous entretenir de J. M,, malgré toutes les belles es-
pérances que vous liiy donné qu'il recevra des effets.,, qu'il faloit écrire net à M'' Vanloo quM ne- recevrait pas un sol de ce qu'il a cliès nous qu'il ne l'eut piyé... Il est certain que nous ne pouvons ni ne devons rien faire qui soit contraire â la confiance que iM'' Vanloo a en nous... I). soutient que nous ne sommes bien ni avi^c Paris ni avec Anl% que avec la meilleure intention vous hiy avés plutost ^âté qu'amellioré son affaire, que s'il eut montré les dents on auroil bien chanté autrement. A cela je luy ay répondu qu'il y éioit bien à lems, que M. Vanloo n'avoit rien sorti de notre rKjuidalion et qu'ainsi il avoil toujours les mêmes moyens et les mêmes sûretés...
Lyon, 22 Décembre 1753. — ...Venons à. M' Debrye, malgré le peu d'agréments que nous trouvons à nous entretenir de ses prétentions et de tous ces discours, nous y sommes forcés par la malheureuse nécpssilé où nojs avons élés d'avoir recours à luy. Comme vous dites fort bien elle exige de nous de la reconnoissance et de faire pour luy tout ce qui dépendra de nous ma's non [)as de prendre sa place et encore moins de rien faire qui puisse manquer à la confiance que M. V^anloo a en nous...
Paris, ''Il Novembre 1754. — ...Hier je reçu la visite de Vanloo qui me parut bien triste, je luy remis son co:npl(^, il ne me paila point de notre amis, je crois qji'il ne travaille pas, du moins il l'insinua en se plaignant que la dépense éloit grande et qu'il n'y avoit de bonnes affaires à Paris que pour la finance...
Paris, 4 Décembre 1754. — ...Jj régleray le compte avec Vanloo en y passant les 300 I. et conféreray avec J\P Regnel pour ses affaires aux premiers moments de loisir...
Paris, 1 1 Décembre 1754. — ...J'ay réglé hier le compte deAP Vanloo; j'ay déchiré noire promesse de 17,000 et tant de livres et iuy en ay fais une de L. 5591,1,0 ce que vous noîerès de conformité afin que vous fassiés commencer le crédit de son compte nouveau conformément à cet apoint. Le tout est juste et n'a point souffert de difficulté à Pexception du manteau de pelisse à Mad® lîeiger. Elle prétend qu'elle n'a point acheté de manteau à Paris, elle croit seulement en avoir pris un à Lyon au retour de Paris que Mad* Regnel luy conseilla parce (pi'elle l'avoit acheté à bon compte à cause d'une couture et il luy semble même l'avoir payé à M* Regnel. Voyés avec notre maman ce que je luy dois répondre et donnés-moi là dessus les éclaircissements nécessa'rrs pour que je la satisfasse, lui ayant dit que nous laissions subsister nos comptes pour ne rien changer à nos livres, mais que s'il y avoit erreur je la remboursero's. Ce fui avant hier (|ue nous y fûmes diner sans cérémonie ni invitation; ils nous firent à votre femme et à moy beaucoup d'amitié, nous demandèi ent beaucoup de vos nouvelles. La dame est furieusement, cl avec raison, in-
disposée contre son maris, non seulement de ce qu'il s'avise d'avoir carosse, mais de ce qu'au lieu de s'en passer il ne trouve pis le moyen d'œconomiser sur sa pension pour nouirir et entretenir an moins sa fille, il va môme jusqu'à ne pas vouloir passer sur son bilan 20000 1. qu'il a reçu d'elle suivant son contrat de mariage des deniers de M' Vanloo. 1.11e pousse l'indifférence au dernier point, et à dire vray, elle y est bien fondée, et accuse son mari des dépenses qu'elle a faite en voyage, soit parcequ'elle n'a voyagé que de son avis, soit parcequ'il luy a toiijoiii s caché sa scituation au point qu'elle s'est crue en état de soutenir les dépenses qu'elle a faites.
M"^ Vanloo m'a demandé où en étoit la liquidation, je luy ai dit (jue nos -nouvelles affaires étoient encore au moins en avance pour 50 mille livres pour elle, que si les affaires se remetloient en Espagne et qu'il nous vint les retours que nous avons lieu d'attendre dans le courant de 1755 nous serions à jour et qu'alors il seroit à même de grossir son compte courant à mesure des rentrées. 11 m'a demandé si dans le cas où d'ici à ce lems là il eut achevé le montant de votre p'^" et qu'il eut besoin de quelqu'argent nous pourrions lui avnncor, je luy ai répondu qu'il devoit nous rendre assez de justice pour être persuadé (|u'il faudroit que nous fussions dans une impuissance entière pour ne le pns faire, d'aulant plus qu'il ne luy faut jamais de fortes sommes à k fois, il m'a dit qu'il espéroit bien de ne s'y pas voir obligé mais qu'au besoin il étoit bien aise de nous en prévenir. Je crois qu'il ne gîigne pas sa dépense. Ils me dirent que si d'ici à un an leur scitualion ne changeoit pas ils iroient dans l'élranger; ils me demandèrent si je ne savois point les mines où vouloient se jeter M"^ Privai. Je luy répondis quedéjà depuis quelque temps je luy en avois ouï parler confusément, que M'^Thomé luy en avoit fait ouverture, qu'un nomé La Combe l'alloit visiter pour en conférer, mais que j'ignorois où il en étoit pa cetjue je ne suis j)oinl curieux des affaires d'auiruy et ne les savois qu'autant qu'on m'en vouloi. faire part sans jamais m'en informer, je finis en leur disant mais est ce qu'il ne vous en rend pas compte par les lettre cjuil vous écrit? ils me répondirent que non, qu'il ne leurdisoit rien et qu'ils ignoroient entièrement ce qu'il faisoit. Je leur dis qu'il faisoit des goûtes qui avoient assès mal réussi pour la quantité à cause de la qualité de l'eau, qu'il avoit fait du sel dont il avoit eu la bonté de donner ,quelques prises à ma femme dans sa maladie. On me demanda s'il avoit une cuisinière, je répondis que je luy avois vu deux filles et qu'il n'avoit point de valet. Voilà le précis de tout ce qui s'est dit sur le compte de notre amis à qui je vous [)rie de faire mille compliments de ma part quand vous le verrès et lui communiquerès ce que je viens de vous dire. Je crois que pour le coupt ils ne me ferons plus de questions
Paris, 20 Décembre 1754. — ...M'' Berger nousest venue voir ce malin elle nous a dit que son frère auroit besoin pour le 31 c' de G à 800 l. sur quoy il faut compter... ■
Paris, 8 Janvier 1755. — ...Vous trouvères aussi cy inclus deux reçus de M"^ Vanloo faisant 8301., dont il faudra donner rrédit h W Regnel...
Paris, \ 4 Juin 1760. — ...J'ay fait une tentative auprès de M« Berger et Vanloo, mais il paroit que se trouvant en proffit et avec du tiavail ils veulent conserver leur capitaux...
Paris, \160. — J'ay reçu, mon cher ami et beau -frère, vos trois lettre^ du 4 du c', vous ne m'avés point parlé des peaux que vous avés demandées à Turin pour M"^ Vanloo.
Lettre de L. Dumas à B. Magneval.
Pans, 17 Février 1762. — ...Les d"«« Berger devroienl bien se mêler rie leurs affaires et ne pas écrire à M' Lavergne des faussetés, je ne les ay pas encore vues, je voulois y aller mais je n'y melray pas les pieds. Dé^ Iruits ce propos autant que tu le pourras...
Lettres de Delhorme à B. MaynevaL
Pans, 10 Juillet 1764. — ...Il n'y a icy aucune nouvelle intéressante, on parle d'un camp à Compiègne pour la fin de ce mois, avant ce temps les affaires de notre ville seront réglées...
Paris, 1" Août 1764. — ...Adieu mon cher cousin, il n'y a rien icy d'inlerressant en nouvelles, on a ôté à M' de Marigny la surintendance des bâtiments pour donner cette place à M' le eonlrolleur général. Ainsy va le monde; hodie me, cras tihi.
(Arch. du Rhône, papiers Rey-Magneval.)
Pièces relatives à François-Michel.
François-Micnei, enfant exposé, Agé de deux jours, baptisé sous condition par moy soussigné le 27« avril 1744. Son parrain Pierre Meyer, qui n'a signé pour ne sçavoir,sa marraine sœur Antoinette Chevron soussignée.
S"" Chevron. Mallaval, p^«.
{Archives de la ville dé Lyon, série'G G, registre del'ÎIôtei Dieu.)
Begistre d'entrée. — Du 27'' avril 1744, n" 6934. Nous avons receu par billet de Monsieur Haguenot en datte du 27 du présent, cotlé n<* 401,
' Jean-Henri Haguenot, recteur de l'Hotel-Dieu.
— iS —
François-Micliel, Agé de 2 jours, jijarçon ulégià;ne, né hors celle maison. Le 28' diidit, donné a Etienne Thouliot el Benoîte Ohnier, de Pavcsin.
Registre d'envoi en nourrice. — Le 28 avril 17M, Elionne Tlioaillot et Benoîte Olanier, sa femme, de Pavesin à Sceaux, ont pris pour alaiter François-Michel, aj^é de 2 jours,
Corcel toile, le 13 nov. 1714.
Premier hahil, h. ?0 avril 1715.
liC 8 février 171G, r emis, par ordre de Monsieur Chasseing ^ à \L Guira neiit, agent de cliange, rue Ciermont. par l'enlremise de Monsieur Guy.
[Archives de l' Hôtel- D.'eu-.)
Monsieur Vanloo de Paris doit à Reij Magneval et de Lyon pour fournitures fait tes à M. Michel, savoir :
litres
Novembre 15 A lui comi)lé G
Décembre 15 Idem. G
Pour acomodage de bas et chapeau. 3 12
31 Pour étrenes aux domestiques . ^ ( 1*^
Celles de son perruquier 3 \
Blanchisssage et racomodage des bas 12
Pour une bourse 2
Janvier 10. A luy comptant, pour ses étraines, d'ordre
de mad. Berger. 12
Payé à sa blanchisseuze 55 4
A son cordonnier pour 3 paires souUiers.. 15 A Jaquin Sayolle, pour 6 aunes toille pour
peignoirs 7
Payé à un autre cordonnier, 4 paires soul-
liers 18
Pour4aunes ratine pourpre pour un habita
du 3 décembre 1763 61 \
6 aunes serge de Mende 7,16 \ 78 1'.
2 aut. Londres 6, 5 )
A Aimeras^ pour sa pansion 125
18 A luy compté 6
Février 10 Idem G
A reporter 363. 1 7
* Geoffroy Chasseing, recteur et trésorier de l'Hôtel-Dicu. ' Je dois ces extraits à robligeance de M. F. Breghot du Lut.
îifies
Report. 363.17
Mars 10 Idem 6
Avril 3 A Aimeras pour sa pansion 125
10 A luy compîé. G
Pour un parapluye . 12
May 11 A luy complant 6
Juin 14 Idem. 6
Juillet 6 A Aimeras pour sa pansion. 125
A M. Molinos, dez le 3 janvier pour le premier quartier 150
Audit, pour le second quartier le 15 may. . 150
14 A luy compté G
Aoust 14 A M. Molinos, pour le troisième quartier.. 150
A luy compté 6
30 Pour soulliers à Cartallier 45
Septembre 10 Pour deux coeffes 4
A une marchande de tabac 12
Octobre 5 A Alméras pour sa pansion 125
18 A son perruquier 21
Compté 6
Pour 3 aulnes drap d'Abbeville à 22. 77 j
Pour 3 aulnes ségovie?. . 3,10 17,10/ 103 10*.
Pour 3 aulnes toille blanche. 3 9/
Pour bouttons. 16 10
Décembre 11 A sa blanchiseuse 54 10
Racomodage de linge et de bas. 42
30 Pour étraines aux domestiques 12
Janvier 3 A Aimeras, pour sa pansion. , . , , 125
Compté d'ordre de mad^ Berger 12
A M. Molino, pour son dernier quartier.,, 150
A Artaud^ pour une veste. 54
Pour 2 paires bas de soye 21
(Archives du département du Rhône, papiers Rey-Magneval.)