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C. Feuilles des plantes annuelles

Comme pour les feuilles caduques des arbres, j'ai été amené à distinguer deux phases :

1" phase ou phase de synthèse active. Depuis la germination jusqu'à l’apparition des graines, la feuille emmagasine des sucres simples et complexes dont les taux s'élèvent parallèlement. Ces réserves sont purement transitoires.

2% phase ou phase de simplification moléculaire. Le développement des graines entraine la migration des réserves accumulées dans les feuilles vertes; ces dernières présentent le phénomène de sénescence avec simplification moléculaire du contenu cellulaire, chlorophylle et réserves ; les produits de cette digestion, et en particulier les sucres simples, émigrent vers les fruits, si bien qu’à la fin de la végétation, les feuilles jaunes ne contiennent plus qu’une fraction toujours assez élevée des composés hydrocarbonés solubles et des traces seulement de polysaccharides de réserve. À aucun moment Je n'ai constaté dans les feuilles jaunes des plantes annuelles l'afflux de sucres à pelile molécule, caractéristique des feuilles des arbres,

3 Les feuilles tombées ou desséchées renferment toujours une fraction importante de principes hydrocarbonés pouvant s'élever jusqu'au [/5 du poids sec.

D. Feuilles carpellaires.

Elles se comportent absolument comme les feuilles caduques des arbres.

I phase ou phase de synthèse active. Depuis leur formation jusqu'au moment où la graine est à peine indiquée, les feuilles carpellaires sont le siège de synthèse et de condensation intense des hydrates de carbone ; il en résulte un important dépôt de réserves sucrées dans ces organes avec prédominance de l'amidon.

2me phase ou phase de simplification moléculaire. Dès que la graine commence à évoluer, j'ai montré que l’équilibre établi pendant la phase précédente est rompu en faveur de l'hydrolyse ; les réserves ternaires du péricarpe subissent une digestion rapide et cette simplification moléculaire aboutit à une abondante production de sucres solubles réducteurs et non réducteurs.

1° Les hydrates de carbone à petite molécule passent dans la graine pour son développement qui est ainsi assuré non seulement par les réserves accumulées dans le péricarpe du fruit, mais encore par l'afflux des principes nutritifs venant de l’appareil végétatif.

2° A la maturité des graines une fraction importante des composés amylacés persiste dans les fruits; et les feuilles carpellaires jaunes, tout comme les feuilles caduques de même coloration des arbres, restent gorgées de sucres solubles ; de plus elles offrent une teneur beaucoup plus élevée en hydrates de carbone à petite molécule, en amyloïdes, hémicelluloses et celluloses de réserve, que les fruits verts correspondants.

E. Evolution hydrocarbonée d’une plante annuelle.

L'ensemble de l'appareil vègétatif des plantes dont le cyele d'évolution n'intéresse qu'une fraction de l’année, présente dans sa composition ternaire des variations de même sens dans le taux des hydrates de carbone, que les feuilles considérées à part.

Jusqu'au moment de l'apparition de la graine, synthèse et

condensation chimiques prédominent. Racine, tige et feuilles se saturent de sucres simples, se gorgent de complexes hydrocarbonés. C’est la phase de synthèse active et de polymérisation.

Avec le développement des graines, apparaît dans l'appareil , végétatif le régime de simplification moléculaire ; les complexes hydrocarbonés se désagrègent, émigrent sous des formes solubles vers les organes conservateurs de l'espèce où ils se condensent ; mais cette migration est limitée et, à la fin de la végétation, racines, tiges et feuilles renferment dans leurs lissus des quantités de principes

hydrocarbonés qui sont loin d'être négligeables.

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