CONCLUSION
De toutes ces observations, il ressort un fait assez important, c’est que, au cours des examens labyrinthiques, la tension artérielle générale subit certaines variations.
La grandeur de ces variations croît avec la tension artérielle du sujet et se trouve ainsi la plus importante chez les sujets les plus hypertendus. Etant donné que nous même avons vu la tension artérielle d’un sujet s'élever jusqu’à 35 au cours d’un examen (l'appareil à tension ne marquant pas davantage). Ceci doit nous faire craindre de déclencher des accidents sérieux au cours d'examens labyrinthiques banaux.
Il est donc prudent, avant tout examen vestibulaire, de vérifier la tension artérielle de chaque individu.
Dans tous les cas, ces variations, si elles ont été rapides et brutales, ont cependant été de courte durée, de quatre à dix minutes maximum.
Elles sont sous la dépendance à peu près unique du système neuro-végétatif.
La position du sujet n’a aucune influence sur ces variations.
Les épreuves rotatoires, répétées chez un même £sujet, en mettant la tête de celui-ci dans des positions différentes : inclinée en avant de 30°; inclinée en arrière de 60° et inclinée en avant de 90°, ont donné des variations de T. A. analogues.
B.., Paul, quarante-deux ans, épicier. Paris (février 1948).
PC P; A: R. W
OùD?: 12345 . 0,80 2007 D GRGT 12345 0,60 A ÉR P
MT. A. avant tout examen :17-11.
PPHI0 St
1°. — La tête inclinée en avant de 30°.
— Epreuve rotatoire Sen SDOSITI EM ANRT C5 077 Sens inégale UN ES D; 025
après rotation : à droite à gauche immédiatement après : 21 -12 immédiatement après : 21 -12 Aprés le TS 12 après 3 : 19 -12 CAPE A RTL après 6 : 17 -11 20, — La tête inclinée en arrière de 60°.
— Epreuve rotatoire Séns'DOSITIEL EN EL D: 89577 sens négatif : N. H. G. : 25”.
après rotation : à droite à gauche immédiatement après : 21 -12 immédiatement après : 21 -12 après 3 : 18 -12 après 3 : 18 -11,5 CMD El TELL ES) CAD SAT MELLS « Gr ITe-1T €, AO he SUTE ET 3°. — ‘La tête inclinée en avant de 90°.
— Epreuve rotatoire :
sens positif ::2N: R.1G.. :=307:
sens négatif : N. R. G. : 40”.
après rotation : à droite à gauche immédiatement après : 21 -12 immédiatement après : 21 -12 après 3 : 18 -12 après 3° : 18 -12
« (PE QE Le « Cr Er dE 1
Les épreuves caloriques chaude et froide, répétées chez un sujet n6rmalement assis; la tête inclinée en arrière de 60°; puis couché, la tête relevée de 30°, de facon à irriter les mêmes canaux semi-circulaires, dans des positions différentes du corps, ont encore donné des résultats identiques.
J., Marcel, quarante“huit ans, gardien de la paix. Paris (février 1948).
PC! P. A. Rois W.
ONE 12345 0,40 AE OCR 12345 1m. 207 6
T; A. avant tout examen : 199, 1°. — Sujet assis — Épreuves caloriques eau chaude O: D} :Laprès dd", durée 45”.
O. G. : après 40”, durée 50”.
eau chaude : à droite à gauche 1 : 23 -10 : 23 -10
CROP ELOE SA LPO EMLONE:9
eau froide : à ‘droite à gauche 25-10 : 23 -10 après 3 ,: 21 -10 après 3 : 21 -10 CADET TPE. 9 CSA AI SA 29.0 Sujet couché.
eau chaude : à droite e à gauche : 23 -10 2304-10 après 5 : 19 - 9 après 5’ : 19 - 9 eau froide : à droite à gauche : 28 -10 : 23 -10 après 83 :21 -10 après 3 : 21 -10 « D RR ONE: I9 « DR lO SEEN
De même, l’état physio-pathologique de l'oreille et du labyrinthe du sujet n’a non plus aucune influence, puisqu’au cours de tous nos examens nous avons examiné toutes sortes de sujets présentant des troubles plus ou moins importants, sans avoir jamais noté aucune influence sensible de cet état sur les variations tensionnelles.
La force centrifuge qui peut exister au cours de l'épreuve rotatoire n’est pas non plus cause de ces variations de tension artérielle, puisque l’on obtient aussi ces variations, au cours des épreuves caloriques, Cependant, l’on obtient en général, des variations légèrement plus importantes, au cours de l'épreuve rotatoire, ce qui pourrait peut-être être expliqué, par un supplément d’action sur la circulation générale, dû à la force centrifuge; ce, en raison des modifications de la masse sanguine périphérique qu’elle provoque. :
L'épreuve rotatoire serait donc légèrement plus dangereuse que les épreuves caloriques, chez les sujets hypertendus. Elle est d’ailleurs bien moins bien tolérée, même chez les sujets normaux, qui redoutent toujours de la voir recommencer.
Etant donné que la pression sanguine résulte de l’action foulante de la pompe cardiaque et de la réaction des vaisseaux sur leur contenu, la tension artérielle est soumise à l’impulsion cardiaque d’une part et à la résistance des capillaires d'autre part.
Un examen labyrinthique, qui se fait sur un sujet restant passif, ne pouvant guère expliquer une augmentation de l’activité cardiaque, ou tout au moins celle-ci ne pouvant être que
très minime, et réflexe, l'augmentation de tension artérielle que l’on obtient au cours des examens vestibulaires résuite donc surtout d’une contraction des petits vaisseaux; contraction qui est sous la dépendance du système sympathique pour les artérioles et des centres supérieurs: bulbaires, pour les capillaires.
__ L'action vaso-motrice du sympathique carotidien, du sympathique cervical et du bulbe sur le labyrinthe est manifeste, leur section entraînant une hypoexcitabilité vestibulaire marquée; il est à prévoir que de même, par voie réflexe, toute excitation labyrinthique doit agir sur leur action vaso-motrice, ce par la voie de la VIITI*® paire crânienne, du cerveau, du cervelet d’une part et par la voie sympathique péri-artérielle auditive interne d'autre part.
Etant donné que toute irritation pathologique un peu forte provoque un cortège de manifestations végétatives, telles que nausées, vomissements, pâleur et sueurs, que les variations de tension artérielle que l’on a obtenues sont bien aussi sous la dépendance du système neuro-végétatif, il serait intéressant de vérifier la tension artérielle d’un sujet ayant des troubles vestibulaires marqués, d’une part au cours de ces troubles et, d'autre part, après guérison, pour voir si elle reste la même dans les deux cas, ou, au contraire, si elle subit l'influence des troubles vestibulaires.
Toutes les variations de tension artérielle que nous avons obtenues ont été plus importantes chez les sujets hypertendus que chez les sujets normaux; or, les influences vestibulaires doivent être considérées comme identiques chez tous les sujets, tous ces examens étant faits dans les mêmes conditions. Pour expliquer ces différences de variations, il faut donc en outre admettre un facteur, intervenant pour maintenir aussi constante que possible, la tension artérielle de chaque sujet, facteur qui serait influencé par la tension artérielle elle-même et serait plus actif pour une tension normale que pour une tension élevée; ce facteur, de nature soit physique, soit physico-chimique, dépendrait donc lui-même de la tension artérielle et de la circulation générale sanguine. Cette hypothèse serait
qe
appuyée par le fait, qu'au cours d’un même effort, la tension artérielle d’un sujet augmente davantage si ce sujet est hypertendu.
En résumé
Il sera bon, avant tout examen labyrinthique, de prendre la T. A. de chaque sujet, celle-ci étant soumise à des variations pouvant être assez importantes; et il sera conseillé de se méfier et même d'éviter tout examen labyrinthique chez les sujets hypertendus.
ê Vu, le Doyen : Vu. le Président de Thèse :