‹ Variations leucocytaires d'origine digestive chez l'EnfantChapitre 8 sur 16 · ME TE · texte numérisé non relu

ME TE

D A nette, la formule présentant déjà à l’état normal une forte proportion d'éléments mononveléaires.

Un des caractères biologiques importants des organismes unicellulaires, c’est la faculté qu’ils ont d’être attirés de façon élective par certaines substances, et, au contraire, d’être repoussés par d’autres. On nomme cette propriété chimiotropisme ou chimiotactisme. Lorsque la substance attire les organismes unicellulaires, on dit qu’elle exerce à leur égard une action chimiotactique positive; dans le cas contraire, l’action chimiotactique est négative; enfin elle peut être indifférente. Tous les degrés existent : certains corps exercent une action forte, d’autres faible; enfin les organismes unicellulaires divers réagissent diversement aux mêmes substances. On a pu mesurer le pouvoir chimiotactique.

Les leucocytes peuvent être considérés comme des organites libres unicellulaires et, comn:: eux, ils subissent les actions chimiotactiques que peuvent apporter avec elles les diverses substances introduites dans l’organisme. On connaît des corps exerçant un chimiotactisme positif ou négatif sur les leucocytes, tels que les organismes microbiens, les toxines microbiennes par exemple.

Nous appuyant sur ces considérations biologiques, essayons de nous représenter les phénomènes qui déterminent l’apparition de la leucopénie digestive.

Aussitôt le repas ingéré, on peut admettre qu’il passe au travers de la muqueuse digestive des substances exerçant sur les leucocytes un chimiotactisme positif actif; il en résulte un appel considérable de tous les leucocytes de l'organisme vers les territoires où cette substance active se trouve à son degré de concentration le plus élevé, c’est-à-dire dans la paroi des parties supérieures du tube digestif, dans les capillaires sanguins et lymphatiques en rapport avec cette paroi. Cet appel leuco- Cytaire vers un territoire particulier de l'organisme crée une pénurie de leucocytes dans les autres territoires et l’expérimentateur qui examine le sang périphérique constate une dipœution de ces éléments. Il ne s’agit pas d’une leucopénie vraie, mais d'une fausse leucopénie par changement dans la répartition des globules blancs. Cette action chimiotactique s’exerce au maximum sur les leucocytes polynucléaires : ce sont eux

qui disparaissent les premiers et en plus grande proportion du

sang périphérique, ce qui explique l’inversion de la formule.

Si les choses se passent bien de la manière que nous venons de dire, on doit pouvoir déterminer les corps à pouvoir chimiotactique positif qui attirent les leucocytes vers l'intestin et conditionnent de ce fait la leucopénie. C’est en effet ce qu peut être fait, et, corollairement, on trouve dans ce fait une preuve même de l’exactitude de cette conception.

C’est ainsi que l’iode, dont le pouvoir chimiotactique positif sur les leucocytes est intense, possède au plus haut point, ainsi que l'ont montré MM. Dorlencourt, Banu et Paychère, le pouvoir de provoquer de la leucopénie en ingestion; nous y reviendrons ultérieurement, Parmi les substances alimentaires, les albuminoïdes surtout possèdent ce pouvoir; à la vérité elles ne sont pas les seules : les sucres, les graisses sont actifs, mais

leur pouvoir est très faible et même pratiquement négligeable

aux doses où ils sont habituellement ingérés. Quant aux substances albuminoïdes, on peut se demander lesquelles sont plus théoriquement elles sont, avant absorption, complètement désintégrées par la digestion, que c’est leur produit de désintégration

avancée qui provoque surtout la leucopénie. Or, nous verrons

qu’il n’en est pas ainsi, et que, dans les produits de désintégration des albuminoïdes, ceux qui ont la plus petite molécule et se rapprochent, par conséquent, des acides aminés, ne produisent pas de leucopénie, tandis que les corps albuminoïdes à grosse molécule, peu désintégrés, la provoquent au plus haut degré.

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