HYPERTENSION ET CARDIOPATHIES ARTÉRIELLES. TRAITEMENT
La voie était ainsi ouverte à toute une nouvelle caté— gorie de recherches : mais le champ étant trop vaste pour être exploré d’un seul coup, nous avons été amené à limiter nos études sur les variations de la tension à une variété spéciale de malades, aux artério-scléreux soit confirmés, soit au début de leur affection, alors que celle-ci peut ne se traduire cliniquement que par un seul signe, l'hypertension. C'est là un symptôme d’une importance capilale, puisqu'il est le créateur des autres troubles, et qu'il est actuellement reconnu que cette hypertension, ne serait-elle, comme le soutiennent certains auteurs, qu'une conséquence de l’artério-sclérose, ne constitue pas moins au début toute laffection, et qu'un traitement rationnel dirigé contre elle, et en même temps contre l'insuffisance rénale qui l'accompagne, peut entraver la marche de l’affection. |
Nous nous sommes donc adressé à des malades atteints
à un degré quelconque de cardiopathie artérielle, Sans
nous étendre sur la description de celte affection qui semble de jour en jour plus répandue à mesure qu’elle est mieux connue, nous en résumons en quelques mots le tableau symptomatique ordinaire, en suivant la description qu’en a donnée M. Huecnarp, qui le premier les a décrites et y a consacré d'importants travaux.
« A côté des cardiopathies valvulaires qui commencent par le cœur pour finir aux vaisseaux et dans lesquelles les troubles hydrauliques liennent une place prépondérante avec leurs nombreuses slases sanguines, j'ai fondé par la clinique aidée de la physiologie le groupe, nombreux et important, des cardiopathies artérielles qui commencent par les artères pour finir au cœur, dans lesquelles prédominent l'ischémie des organes, avec les nombreux accidents toxiques dus à l’insuffisance précoce du foie et du rein. Bour les premières cardiopathies, marche continue quoique souvent accidentée vers l'hypotension artérielle et l’asystolie avec leurs conséquences bien connues ; pour les secondes, phase dhypertension avec tendance presque fatale vers l’intoxication. Là, indication foni-cardiaque, toni-vasculaire hypertensive ; ici, indicalion éliminatrice et rénale antitexique, hypotensive. La maladie est au cœur et au système artériel, le danger est au rein » (HücHARD).
Symptômes. — De durée très variable, les cardiopathies artérielles sont également complexes au point de vue des symptômes. Trois d’entre eux sont à relenir :
tp L'hypertension artérielle, dont témoignent les carac-
tères du pouls, serré, dur. vibrant. difficile à écraser; lé
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lévation de la pression artérielle, constatée par les sphygmomanomètres ; la stabilité du pouls; le claquement en coup de marteau du deuxième bruit aortique : l'exagération du choc précordial ;
2° L'état de méiopragie des différents organes, dù à des spasmes vasculaires, ou à des sténoses artérielles par endartérite; d'où vertiges, angor pectoris, insuffisances hépatique et rénale ;
3° Symptômes toxiques dont le principal est la dyspnée soit toxi-alimentaire, soit chloruro-toxique, dyspnée d’effort, paroxystique, sine materia.
L'évolution des cardiopathies artérielles se fait généralement en trois périodes :
a) Artérielle, — C'est le stade prémonitoire de la présclérose, lorsque la maladie ne se caractérise cliniquement que par un seul symptôme : l'hypertension artérielle. |
b) Cardio-artérielle. — Quand l’endartérite périphérique est devenue viscérale et qu'elle a ensuite atteint les vaisseaux du myocarde.
c) Mitro-artérielle. — Lorsque le cœur fléchit, que les cavités carGiaques se dilatent, que la tension artérielle diminue.
Formes cliniques.— Après avoir dépassé la première phase de presclérose, caractérisée surtout par l'hypertension artérielle, lorsque les vaisseaux et les organes sont lésés d’une façon précise, l'évolution, que des accidents brusques peuvent entraver (asystolie aiguë, thrombose car-
diaque, rupture du cœur, hémorrhagie ou ramollissement
CARS À pe
du cerveau, œdème pulmonaire aigu, syncope, angine de poitrine) permet de classer les cardiopathies artérielles en formes cliniques principales, qui du reste peuvent s'associer.
a) Cardio sclérose à forme arythmique, arythmie contre laquelle la digitale est impuissante et même dangereuse.
b) Angine de poitrine coronarienne, angine vraie, celle dont on meurt (HucHARD).
e) Cardio-sclérose à forme myo-valvulaire aboutissant à des insuffisances ou des rétrécissements organiques.
d) Forme cardio-aortique, avec double souffle, systolique et diastolique, à la base du cœur, cette insuffisance aortique n’étant que l'expression locale de la maladie généralisée à tout l'arbre artériel.
e) Forme cardio-rénale, Se traduisant par le tableau de la néphrite interstitielle, modifié par la présence de troubles cardiaques ou aortiques, témoignant des localisations scléreuses concomitantes.
En somme, on doit penser à la possibilité d’une cardiopathie artérielle chez tout malade présentant un cœur rapide, un pouls tendu et résistant, un retentissement exagéré du deuxième bruit aortique, accompagné ou non de galop, et ce trouble fonctionnel d’une importance clinique considérable : la dyspnée d'effort.
Traitement. — La maladie commence par l’intoxication et finit par l’intoxication ; de cette pathogénie même de l'affection découle son traitement logique : 1° réduire au
minimum par l'institution d’un régime alimentaire spécial
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la quantité de toxines introduites dans l'organisme ; 20 favoriser l'élimination de ces toxines par le traitement rénal, diurétique, tel devra être le double but poursuivi. « Contre la présclérose et l’artério-sclérose il n'y a pas un médicament, mais toute une médication, et un seul remède, quelque puissance qu'on lui supppose, ne peut à la fois abaisser la tension artérielle, combattre les accidents toxiques, vaincre l’imperméabilité rénale, ni, plus tard. faire rétrocéder et disparaitre des lésions étendues à tout l'organisme » (HUcHARD).
Le traitement de la préselérose ayant fait l'objet de très nombreux travaux de la part de notre maitre, nous ne pouvons mieux faire, désirant n'en donner ici qu’un résumé très écourté, que de conseiller de se reporter à l'index bibliographique et particulièrement au chapitre XXIV des Consultations médicales (4° édition, p.280) ainsi qu'à un excellent travail inspiré de ces mêmes idées, Le traitement rénal des cardiopathies artérielle (PB. BERGOoUIGENAN, 4h., Paris, 1902).
L. Aygiène el régime alimentaire. — « C'est la base du traitement, puisqu'on arrive ainsi à combattre la maladie dans ses origines et dans ses effets. »
Beaucoup de laitages, beaucoup de légumes, quelques œufs, viandes bien cuites. en pelite quantité, et jamais le soir. Vu l'importance du retentissement de l'insuffisance d'élimination rénale des chlorures sur la tension artérielle,
an conseillera un régime alimentaire pauvre en sel, des
CHCRME
bons effets obtenus avec le régime étant pour une part dus à sa faible chloruration. |
Supprimer les boissons excitantes : thé! café, liqueurs, vin pur : le.{abac, les poissons fumés, les viandes faisandées et peu cuites, les conserves alimentaires, les fromages faits, la charcuterie, le gibier.
Il. Pour assurer une diurèse suffisante. — a) Prendre, une ou deux fois par jour dans un verre d'eau de Vitttel, Evian, Bourbon-Lancy, un cachet de 50 centigrammes de théobromine associée, ou non, à 25 centigrammes de carbonate de lithine. |
‘b) Cures hydrominérales dans ‘une station pourvue d'eaux ayant pour résultats d'augmenter l'élimination rénale : Vittel, Evian, Bourbon-Lancy, Contrexéville, Martigny. ü
HE Pour diminuer directement la tension artérielle. — a) Massage général abdominal et précordial ; |
b) Administration intermittente ou continue des divers médicaments hypotenseurs : nitrite de soude, trinitrine, tetranitrol, nitrite d'amyle, el même iodures (L. Wir- LIAMS). |
ec) Traitement électrique par les courants de haute fréquence.
IV. Se rappeler que F € on abuse des médicaments » el proscrire :- antipyrine, morphine: les eaux chlorurées fortes, sulfureuses, les bairis carbo-gazeux.
Digitaleet strophantus serontréservés aux périodes avan-
cées de la maladie, lorsque le cœur fléchit à son tour,