TENSION MAXIMA. TENSION MOYENNE
TENSION ARTÉRIO-CAPILLAIRE
Les deux appareils sur lesquels nous avons arrêté notre choix, le sphygmotonomètre de Bouloumier et le sphygmomètre de Hill et Barnard, permettent d'évaluer trois sortes de tensions.
1° La tension artérielle maxima :
20 La tension artério-capillaire ;
3° La tension artérielle moyenne.
Mirey définit la tension artérielle « la force déployée par le cœur, force mise en réserve dans l'aorte et les grosses artères, puis régularisée par l’élasticité de ces vaisseaux ». Notre maitre. M. Hucxarp, la définit plus simplement « la pression exercée par la masse sanguine contre les parois vasculaires plus ou moins contractiles, pression qui est mesurée par la force avec laquelle le sang s’échapperait hors des vaisseaux ». Cette définition étant conforme à la première expérience que, dès 1764, HaLes entreprit pour mesurer celte pression : ayant introduit un long tube de verre dans une artère de gros calibre, 11 vit le sang se pré-
cipiter dans ce tube à 2 m. 40, ou 3 mètres environ, ce
qui fait, d'après lui, la mesure de la tension artérielle moyenne (15 à 20 cent. de Hg...
Mais la tension artérielle qui correspond à la pression du sang dans l'artère subit des modifications continuelles en rapport avec les conditions mêmes qui déterminent l'écoulement de ce sang. et sans tenir compte, pour l’insant, de deux autres facteurs qui jouent également un rôle important : c’est-à-dire la quantité de la masse sanguine, à l'état de resserremeut ou de dilatation des petits vaisseaux périphériques ; la contraction du cœur, qui met en branle toute la colonne sanguine, se faisant d'une façon brusque et périodique, il s'ensuit qu'entre deux systoles ventriculaires consécutives, la masse sanguine est soumise dans les artères à une série de pressions fort différentes les unes des autres.
QI y a, dit PoraiN, pour chaque pulsation, un maximum rapidement atteint au début, et dans un temps assez uniforme, mais plus long à mesure qu’on approche des extrémités, et un minimum qui se trouve à l'instant où la décroissance progressive de la pression est interrompue par la pulsation suivante. »
La pression maxima est le chiffre qui correspond au point maximum, el à la systole cardiaque, et la pression minima est celle qui correspond au chiffre le plus bas et à la diastole. L'amplitude est la différence entre la pression maxima et la pression minima.
Quant à la pression moyenne, « la plus importante, car
c'est elle qui nous renseignera le mieux sur l’état du sys-
tème artériel » (Poraix). elle est, non par la pression également distante de la pression maxima et la préssion minima, Mais la moyenne de toutés les pressions qui se succèdent dans l’artère entre leurs pressions identiques, deux maxima, par exemple.
L'appareil de PoraiN mesuré la tension dans la radiale au moment où l’on écrase complètément l'artère, de façon qu'aucune goutte de sang ne puisse plus s’écouler. Ainsi est donc mesurée la pression terminale, car la pression indiquée par l'appareil est identique à celle que l’on obtiendrait en mettant directement l'artère en communication avec un manomètre à mercure. Mais, au moment de l’écrasement, la lumière du vaisseau étant «complètement effacée, le sang ne peut plus s’écouler même à l'instant où sa pression est la plus forte. La pression mesurée ainsi est donc bien la pression maxima du sang dans l'artère.
En réalité, ce n'est pas absolument exactement la {pression terminale que permet d'apprécier cét appareil, mais une pression latérale, qui diffère de la pression terminale de 1/160, erreur due au coefficient « vélocité » du sang dans l'artère, et du reste pratiquement négligeable. (JANEwAY.)
Le tonomètre de GAERTNER, d'après son inventeur, est destiné à mesurer la tension capillaire. Il est basé sur le principe que : le chiffre lu sur le cadran d’un maromètre relié à un doigtier de caoutchouc, au moment même où le doigt préalablement anémié, se recolore par retour du sang dans les capillaires, exprime la force qui fait équilibre
au retour du sang, et mesure la tension capillaire.
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ss A" ee ; L En réalité, cet appareil ne mesure ni la tension capilÿ laire, ni la tension terminale dans les artères digitales.
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En effet, il existe à peu près constamment une différence
de 4 à S centimètres de mercure, et parfois plus, entre le
Dr FA Re n'a
chiffre de tension radiale donné par le PorTaix, et celui
pe '
fourni par le tonomètre. Or, on sait que la différence entre
Rp
É les pressions de l’axillaire et l'humérale n'est que de o > millimètres à 10 millimètres de Hg. Le tonomètre ne LIENS = Fe
148 mesure donc pas la tension artérielle.
D'autre part la lecture du chiffre de la pression se fait,
avec cét appareil, au moment précis où se recolore l’ex-
trémité du doigt, phénomène dû au retour du sang dans FE les capillaires superficiels ; or, comme on peut s’en rendre compte parfois au cours des expériences, par la sensation
v3 de pulsation profonde perçue par le sujet sous une pres-
À % = k = pe =
g sion plus élevée de 13 millimètres, le sang peut recom-
ne . .
Ge mencer à couler dans les artères et dans les capillaires pro-
fonds, sans que la partie superficielle de la peau se recolore. c
2 x 2 : se pe =
k On a donc une tension mixte, artério-capillaire, dit M. Bouloumié, qui justifie cette appellation par ces faits :
; a) Si cette tension était purement artérielle, « elle cor-
respondait toujours à la tension artérielle, sauf anomalies anatomiques » :
b) Si, au contraire, elle était purement capillaire « on ne constaterait pas une diminution appréciable du chiffre de : L: tension dans l'extrémité digitale, alors que celle-ci étant
humide, l'intérieur du caoutchouc gêne le rétablissement
: de la circulation capillaire cutanée ».
Aussi, adoptant cette dernière opinion, nous conserverons le nom de tension artério-capillaire à la tension fournie par le tonomètre.
Nous avons mesuré la tension moyenne, avec l'appareil de Hill et Barnard, dont le principe est fort simple.
On comprime l'artère humérale en entourant le bras d’un bracelet de caoutchouc rempli d'air. La pression exercée est transmise à un manomètre. Si cette pression est trop inférieure à celle qui règne dans l'artère, il ne se produit aucune oscillation de l'aiguille. La pression étant progressivement augmentée dans le bracelet, on voit apparaître à un certain moment des oscillations légères de l'aiguille du manomètre. Très faibles au début, ces oscillations vont en augmentant avec la pression exercée, puis atteignent un maximum d'amplitude qui persiste sur une étendue variable (deux centimètres de Hg environ, à l’élat normal) ensuite les oscillations se mettent à diminuer peu à peu, pour disparaitre tout à fait lorsque la pression est devenue plus élevée. Le point où débutent les oscillations maxima représente la pression diastolique ou minima dans artère. Le point où elles commencent à diminuer correspond à la tension systolique ou maxima dans ce même vaisseau. Au moment où l’oscillation est la plus marquée, la pression exercée sur l'artère est exactement égale à la pression moyenne qui règne dans celte artère (Principe de Marey). Sollicitée alternativement, de dedans en dehors, par la pression du sang, el de dehors en dedans par celle qui règne dans le bracelet, la paroi artérielle présente ses
AMBLARD l
déplacements les plus marqués au moment où lés deux pressions sont égales. En effet, au-dessous de cé point, l'oscillation de la paroi artérielle, et par conséquent de l’aisuille, est plus faible par le fait que la tension artérielle moyenne est trop élevée, et ne permet pas à la pression extérieure du bracelet de repousser suffisamment la paroi de dehors en dedans.
Au-dessus du point d’oscillation maxima, c'est le contraire qui a lieu, mais aboutissant au même résultat, un affaiblissement des oscillations de l'aiguille, la pression du bracelet étant devenue supérieure à la tension moyenne du sang dans l'artère.
Ce principe de l’oscillation maxima correspondant à la tension moyenne, fut découvert par MareY. Une expérience ingénieuse de Mosso en montra clairement la valeur.
PoTaIx, par des calculs basés sur l'emploi du sphygmomanomètre el du sphygmographe avait calculé la pression moyenne chez quatorze sujets, et l'avait jugée égale aux Lrois cinquièmes de la tension artérielle radiale maxima. M. Bouroumié se basant sur la coïncidence à peu près parfaite des chiffres fournis par son appareil tonomètre, avec ceux obtenus dans des conditions identiques par Potain, admet que le chiffre mesurant la tension artério-capillaire exprime sensiblement la tension moyenne. Nous exprimerons dans la suite notre avis sur cette question tel que les résultats obtenus chez nos malades nous aurons
permis de le former.