‹ Variations quotidiennes des tensions artérielle et artério-capillaireChapitre 7 sur 49 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La question de la tension artérielle est devenue depuis quelques années une question d' «€ actualité médicale » ; physiologistes et cliniciens s'efforcent d'arriver à pénétrer les lois qui régissent le cours du sang dans les vaisseaux. Aussi l'incertitude où l’on se débat encore n'est-elle pas sans provoquef quelque étonnement, Si lexpérimentation sur les animaux à facilité les recherches des physiologistes, le clinicien a vu se dresser devant lui trois gros obstacles qui rendaient la question plus délicate à résoudre,

Le premier est dû à l'insuffisance des moyens dont il dispose pour évaluer cette tension elle-même. S'il est aisé de constater les modifications apportées à la hauteur d'une colonne de mercure et de mesurer ainsi la pression artérielle transmise par une canule introduile dans l’artère d’un animal, ce n’est qu'indirectement que la tension

peut être évaluée chez l'homme à l’aide d'appareils plus

pres

ou moins compliqués, l'interprétation de l'observation venant en plus apporter une nouvelle possibilité d’erreur.

En second lieu, s’il faut admettre que l'évaluation par le même observateur d’un nombre considérable de tensions artérielles ait permis d'adopter comme normal un chiffre moyen de tension (16-17), l’on ne peut oublier, avant d'affirmer que tel sujet est en état soit d'hyper soit d’hypotension artérielle, que ce chiffre de tension normale ne constitue qu'une moyenne, et que celui de la tension constatée chez ce sujet peut n'être, bien qu’élevé, ou au contraire abaissé, que la mesure exacte de sa tension normale individuelle. On sait fort bien aujourd'hui que cerfains individus poursuivent le cours régulier de leur vieen présentant une tension constamment basse, et l'hypertension artérielle, symptôme clinique généralement d’imporlance capitale, peut constituer parfois l’état normal, n'étant due, ni ne succédant à aucun trouble quelconque de l’or-

ganisme.

Enfin pour pouvoir se rendre exactement compte des modifications apportées dans l'état de la tension par une affection quelconque, il serait du plus haut intérêt de connaître quel était l’état de la pression artérielle du sujet lorsque cette affection l’a atteint. Il faut pour pouvoir, COMparer exactement les constatations faites sur plusieurs malades, savoir dans quelles conditions de tension chacun

d'eux a abordé sa maladie.

Nous nous sommes proposé de limiter nos recherches

y AN sur les modifications de la tension, à des malades atteints de cardiopathie artérielle, à un degré plus ou moins avancé, chez qui sans chercher à abaisser systémaliquement la tension généralement très élevée, par des moyens médicamenteux, ou des régimes spéciaux, dirigés directement contre celte hypertension artérielle, on n’ordonna qu'un traitement visant uniquement les manifestations cliniques pathologiques : régime contre la cause même de

la maladie ; médications diverses (saignées, purgations, etc.)

que les troubles momentanés pouvaient indiquer. Car-

l’hypertension dans les cardiopathies artérielles, quelle que soit son importance, quelqu'intérêt que l’on puisse avoir à la restreindre, ne constitue pas le seul facteur contre lequel doive être dirigé le traitement. En dehors des dangers qu'elle procure directement, il en est d’autres, liés à l’intoxication dont elle est elle-même une conséquence et contre lesquels il faut lutter.

En un mot, chez des malades soignés par des maitres expérimentés, et en dehors de l'étude que nous poursuivions personnellement, qui n'influença à aucun moment le traitement ordonné, nous avons noté, jour par jour. les modifications apportées dans la tension artérielle, celle-ci étant évaluée en se plaçant dans les conditions les plus

favorables.

AMBLARD u

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