‹ Variations sur la vie et les livresChapitre 17 sur 37 · POETES DE TERROIR · texte numérisé non relu

POETES DE TERROIR

Les modernes sont en nombre dans le recueil de M. van De ver, et chacun fait honneur à sa province.

J'y trouve Tristan Corbière qui était deCoat- Congar près Morlaix. Il y a quelque vingt-cinq ans que Paul Verlaine le tira de l'ombre, en écrivant sur lui. Je ne sais comment M. van Bever a oublié de citer l'étude de Verlaine, qui est amusante et même judicieuse.

Corbière avait passé sa jeunesse sur mer, dans un sloop de plaisance, vêtu en matelot, avec la grosse capote et les larges bottes de bord.

Il vient à Paris en 1873 et il publie un volume de vers : Les Amours Jaunes. Puis, il meurt de la poitrine à la maison Dubois.

Hélas ! il avait pourtant dit :

— Sombrer. — Sondez ce mot. Votre morf est bien pâle Et pas grand'chose à bord sous la lourde rafale... Pas grand'chose devant le grand sourire amer Du matelot qui lutte. — Allons donc, de la place ! — Vieux fantôme éventé, la Mort change de face: La Mer!...

C'est encore Verlaine qui rappela, en écrivant, le nom d'Arthur Rimbaud exilé sur les côtes africaines.

Rimbaud était né à Gharleville ; et quand, adolescent, il allait sur la place écouter la musique, il ne manquait jamais de griffonner quelque strophe moqueuse :

Sur la place taillée en mesquines pelouses, Square où tout est correct, les arbres et les Heur?, Tous les bourgeois poussifs qu'étranglentleschaleurs Portent, les jeudis soirs, leurs bêtises jalouses...

C'est un peu dans la manière du vieux Saint- Amant. Mais Rimbaud tire sa gloire de ses IIiuminations et de sa Saisoji en Enfer, ouvrages très puissants et très absurdes.

Que de morts que j'ai connus ! Banville, Rollinat. Vicaire, Quellien, et ce jeune Olivier

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