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Lymphatiques de la tunique interne du cœur

J’ai injecté de mercure un riche réseau de vaisseaux lymphatiques, dans la membrane séreuse qui tapisse l’intérieur des ventricules et des oreillettes du coeur du cheval; ces vaisseaux sont assez gros, fréquemment anastomosés entre eux et situés très-superficiellement. Au-dessous

de ce réseau j’en ai rempli un autre, sur la nature duquel mon opinion n’est pas encore fixée, plusieurs circonstances me faisant plutôt incliner à penser que le mercure s’est glissé dans un tissu cellulaire fin, qui unit la membrane interne du coeur au tissu musculeux de cet organe. Ce dernier réseau est à la vérité très-régulier : il se compose de faisceaux dont les uns suivent la direction des fibres musculaires du coeur, et dont les autres coupent ces fibres à angle droit. Les canaux individuels qui composent ces faisceaux, ont tous à peu près le diamètre d’un gros cheveu; ils sont parallèles entre eux et unis par une multitude de petites branches transversales, qui forment un lacis extrêmement serré. J’ai injecté ce réseau dans six points différens : partout il m’a offert le même aspect ; seulement était-il tantôt plus serré et tantôt plus lâche. Ce qui me porte à douter que ce lacis appartienne au système lymphatique, c’est que ses canaux sont beaucoup plus fins que ceux qui forment le plexus dont j’ai parlé en premier lieu, et qui se compose bien certainement de vaisseaux lymphatiques; or, comme le réseau profond serait ici plus fin que le réseau superficiel, il y aurait là une anomalie dont je ne connais pas d’exemple; car il résulte des observations de tous les anatomistes qui se sont occupés de l injection des vaisseaux lymphatiques, que les plexus deviennent d’autant plus fins qu’ils se rapprochent davantage de la superficie. Je suis fondé à dire que le second réseau est plus profond que le premier, parce que j’ai pu remplir les deux sur le même point; mais il a fallu injecter chacun d’eux séparément, et je n’ai jamais remarqué que ces deux plexus eussent entre eux des communications, de manière à pouvoir être remplis l’un par l’autre. E. A. La ut h.

Variétés dans la distribution des muscles de l’homme.

Le chef sternal de chaque muscle sterno-cléido-mastoïdien a donné une bande tendineuse qui se dirige en bas et s’unit bientôt à celle du côté opposé. Le tendon qui résulte de cette union descend un peu, puis il reçoit du muscle grand pectoral gauche un chef de communication. Il se porte ensuite en bas et un peu à droite, se convertit vers le milieu du sternum en un muscle aplati, long de quatre pouces, large d’un pouce, couché sur la partie interne et inférieure du grand pectoral droit, et qui se termine dans l’aponévrose du grand oblique du côté droit.

Le muscle omo-hyoïdien du côté gauche provient de l’os hyoïde par deux chefs distincts, qui se réunissent bientôt après en un muscle, dont la disposition est d ailleurs normale. — Dans un autre sujet, l’attache H.

inférieure de ce muscle s’est faite à la face postérieure de la clavicule, vers le milieu de l’os, du côté droit; à gauche la distribution est normale. — Un troisième cadavre m’a offert cette disposition anormale à gauche, tandis qu’à droite le muscle se divise en deux languettes, dont l’une s’attache à la clavicule et l’autre à l’omoplate.

Le muscle stjlo-hjoidien a manqué du côté gauche.

Une petite portion détachée du muscle oblique supérieur de l'œil du côté gauche s’est unie au bord interne du muscle droit supérieur. Le tendon de l’oblique a sa distribution normale.

Le grand dorsal, outre son attache à l’humérus, donne un chef volumineux, qui s’unit en partie au grand pectoral et au coraco-brachial, et qui se perd en partie dans l’aponévrose brachiale.

Rien n’est plus fréquent que de trouver des variétés dans la distribution des muscles profonds de la nuque et du dos. J’en ai noté un grand nombre; mais je me dispenserai d’en faire l’énumération, parce qu’elles se réduisent soit à l’augmentation ou à la diminution du nombre des chefs, soit à la liaison de ces muscles par des chefs de communication; ces derniers se rencontrent surtout entre les muscles petit complexus et transversaire de la nuque, entre ce dernier et le long dorsal, et entre les muscles épineux du dos et transversaire épineux. Pour ce qui concerne les variétés dans le nombre des chefs, j’ai constamment remarqué que, si un muscle en avait moins que de coutume, un autre en avait plus; en sorte que le redressement de la colonne vertébrale devait se faire également bien. Cette considération ne me semble pas dépourvue d’intérêt, si l’on considère que le muscle sacro-lombaire , qui, outre le redressement de la colonne vertébrale, opère aussi l’élévation etj’abaissement des côtes, ne m’a jamais offert de variétés, parce qu’il ne pouvait pas être remplacé par d’autres muscles. Cette proposition n’est cependant vraie que pour la partie inférieure du muscle ; car sa partie supérieure, que l’on décrit aussi séparément sous le nom de cervical descendant , n’a rien de constant dans sa disposition. J’ai même vu manquer ce dernier muscle en entier, et il était alors remplacé par le transversaire de la nuque, qui était très-fort. Mais l’acte de la respiration n’a pas pu souffrir de cette circonstance, parce que les chefs descendans du sacro-lombaire s’attachaient à toutes les côtes, au lieu de ne commencer qu’à la cinquième ou à la sixième, comme cela a lieu lorsque le cervical descendant existe.

Sur le bras gauche d’un homme j’ai trouvé un petit muscle commençant par un corps grêle à l’apophyse coracoïde, à côté du coraco-brachial. Ce muscle se transforme en descendant en un tendon long et

grêle, qui s’insère au condyle interne de l’humérus. Cette disposition n’a pas eu lieu à droite.

Il n’y a pas d’année où je n’aie rencontré plusieurs fois le muscle biceps brachial ayant trois chefs. Le troisième chef s’est toujours inséré vers le milieu de l’humérus, au-dessous de l’attache du coraco-brachial. Presque toujours cette disposition s’est reproduite sur les deux bras. — Une variété beaucoup plus rare, mais que je n’ai observée que du côté droit, est celle où le biceps n’a qu’un seul chef, provenant de l’apophyse coracoïde. Ce chef, qui n’est pas plus gros à sa naissance qu’il ne l’est ordinairement, augmente peu à peu en épaisseur quand il est arrivé au-dessous du milieu du bras, de manière à y présenter un volume égal à celui des deux chefs réunis du biceps du côté gauche, où la disposition du muscle est normale. Le- corps du biceps présentait suivant sa longueur deux lignes celluleuses, qui permettaient d’en diviser la partie moyenne en trois ventres, unis entre eux en haut et en bas. La gouttière bicipitale existe, mais elle est moins profonde que dans l’état naturel; elle renferme une gaine fibreuse, analogue à celle qui sert à loger le tendon du long chef; mais cette gaine est jaunâtre, plus épaisse qu’à l’ordinaire et comme racornie. Ayant fendu la gaine fibreuse et la capsule articulaire scapulohumérale, pour voir la disposition du bourrelet glénoïdal, j’ai trouvé sur ce dernier quelques inégalités à l’endroit qui devait donner attache au long chef du muscle, et je me suis en même temps assuré que ce long chef manquait réellement, et que cette apparence n’était pas due à une erreur d’observation.

J’ai constamment observé que le muscle palmaire grêle ne se termine pas seulement dans l’aponévrose palmaire, comme on le dit communément , mais aussi dans le ligament propre du carpe. Ce muscle manque souvent, et presque toujours des deux côtés à la fois. J’ai remarqué qu’il était alors remplacé par Je tendon du cubital interne, qui est plus fort que de coutume, et qui envoie un faisceau de fibres dans l’aponévrose palmaire. — Une seule fois j’ai trouvé le palmaire grêle commençant par un tendon mince, qui s’est bientôt transformé en un corps musculaire mince, alongé et fusiforme. Ce muscle est de nouveau redevenu tendineux à un pouce au-dessus du carpe, et s’est terminé comme de coutume.

Le fléchisseur superficiel des doigts a plusieurs fois donné un petit chef qui s est rendu dans les gaines muqueuses qui entourent les tendons de ce muscle.

J ai trouve sur l’extremite supérieure gauche un petit muscle séparé du fléchisseur profond des doigts par l’artère interosseuse antérieure, et

provenant, vers le milieu de l’avant-bras, du radius et un peu du ligament interosseux. Il forme un tendon grêle, qui se termine en s’unissant au muscle lombrical du doigt indicateur. — Sur la même extrémité il s’est trouvé un muscle alongé et fusiforme, assez gros, naissant vers le tiers inférieur de l’avant-bras, de la face interne de l’aponévrose anti-brachiale; son tendon se termine en se confondant avec le muscle opposant du petit doigt.

Le muscle long fléchisseur du pouce a fourni un petit cbef, qui, après s’être transformé en un tendon grêle, s’est uni au fléchisseur profond des doigts et à la gaine muqueuse qui l’enveloppe. Cette disposition s’est retrouvée sur l’autre bras du même sujet.

Le muscle long radial externe envoie un tendon de communication au court radial externe.

J’ai trois fois rencontré le muscle extenseur du doigt du milieu 3 décrit par Albinus. Il provenait constamment du cubitus, au-dessous de l’attache de l’extenseur du doigt indicateur, et il existait des deux côtés. Sur un de ces sujets Y extenseur propre du petit doigt s’est bifurqué pour envoyer un tendon au petit doigt, et un autre à l’annulaire.

Au-dessous du long abducteur du pouce du côté droit, le cubitus donne attache à un muscle qui accompagne l’abducteur à travers sa gaine fibreuse, et qui s’insère à l’os trapèze. Ce muscle paraît être une portion détachée du long abducteur. Le petit extenseur du pouce était très-grêle sur ce sujet.

Le muscle jumeau supérieur de la cuisse a manqué plusieurs fois des deux côtés. L’inférieur était alors très-développé.

Le muscle sous-crural d’Albinus existe constamment, et c’est à tort qu’il n’est pas décrit dans la plupart des traités d’anatomie.

Le muscle petit péronier a manqué souvent ; ordinairement cette disposition avait lieu des deux côtés.

Le muscle pédieux a offert cinq tendons : le second d’entre eux, quand il est arrivé vers la tête des os du métatarse, s’est divisé en deux portions , dont l’une s’est dirigée sur le bord externe du gros orteil, et l’autre sur le bord interne du deuxième orteil.

Dans la plante j’ai trouvé deux petits muscles surnuméraires, provenant en commun du ligament transverse de la plante : ils s’avancent audessous du muscle adducteur transverse du gros orteil, et viennent se terminer à la face plantaire du deuxième orteil, vers la base de la première phalange, dont ils sont fléchisseurs. Ces muscles sont parfaitement distincts des deux premiers interosseux externes, qui en sont séparés par l’adducteur transverse. E. A. Lautïi.

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