LÉ PARTI ET LE PAYS
CE jouissance de la vie par l'outre- À
7 cuidante imposition du moi, voilà
5N. la colonne d'Hercule au-delà de
laquelle l'œil fin de siècle ne voit
plus rien et ne devine que le chaos enseveli dans les brumes de l'éternel inconnu.
Qu'importent le caractère, la grandeur d'âme, une vertu plutôt qu'un vice? Ne suffit-il pas de pouvoir simuler, au besoin, les belles choses ?
Le nécessaire, c’est la souplesse et le front. Ah! le front; la quintessence de tous les talents! Dans notre monde renversé, quiconque manque de front équivaut presqu'à un idiot.
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Que voulez-vous ? La vie contemporaine est devenue un hippodrome où chaque cheval inscrit n’a que deux choses à faire ?
distancer tous les autres, puis.... mourir.
Cependant, un point curieux à noter, dans l'analyse de la physionomie de notre peuple,c’est que, plein de toutes les audaces à l'égard des siens—moins le clergé, bien entendu—il se prosterne toujours devant l'étranger avec une spontanéité !... qui n’a d’égal que le désespoir qu’elle inspire.
Est-ce un fruit de sa longue sujétion, un
reflet d'ignorance, un défaut de nature ?...
On constate bien le fait ; mais les susceptibilités du peuple, si bien entretenues par ceux qui le courtisent, en rendent l’explication difficile.
D'ailleurs, l'hypocrisie voyageant avec l'humanité, il est naturellement passé en proverbe que la vérité fâche. Tel qui, dans les mystérieuses retraites de sa conscience, se découvre à lui-même des faiblesses graves, s’'indignera de ce qu'on ose lui en signaler de très légères ou même, de ce qu'on acquiesce à ses propres aveux.
Un illettré se vantait d'avoir fait fortune quand même. En ce cas, lui dit un sage,
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j'ai devant moi un ignorant ?..Le parvenu, furieux, voulut le battre.
Toi, peuple, habitué par les démagogues à te faire porter jusqu'aux nues, (l'encens de cette bohême te coûte cher! Seigneur, qu'il te coûte cher!) tu tiens ton cœur ouvert aux énervantes séductions de leur flatterie et tu le fermes aux reproches bienveillants d’une véritable amitié.
Un serpent vient-il, en saluant bien bas, te proclamer le plus merveilleux peuple de la terre ; aussitôt, l'admiration que tu en éprouves, encore plus pour lui que pour toimême, te fait livrer à ses appétits le soin de tes destinées. C'est ton affaire, comme de raison.
Si de son côté, un citoyen, sobre de courbettes, mais irréprochable en tous autres points, s'avise pour ton bien, de t'indiquer certain défaut, tu le trouves inhabile, lourd, dépourvu de jugement, et fier d'être prophète de malheur à son endroit, tu chuchotes en plissant le bec et fermant l'œil d’un petit air de triomphe :
“ N'arrivera jamais!., pas assez coulant !..
‘“ L'écho répète : il est trop honnête !”
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Pour ces raisons, comme pour beaucoup d’autres qu'il vaut peut-être mieux taire, le dégoût du bien public s’est accentué et la direction des affaires est devenue l'apanage des décavés. Beaux diseurs, parasites eplisseurs, qui se prélassent à nos dépens dans les fauteuils capitonnés des Légrislatures |
Il y a des exceptions; je les salue avec tout le respect dû au courage malheureux.
Car les braves qui les représentent, servent de point de mire aux conspirations de la majorité, intéressée à la perpétuation des abus, parce qu’elle en tire sa subsistance et celle de son armée de créatures à salaire, qui d’une élection à l’autre, prépare le peuple à apposer à tout ça la sanction d’un verdict inconscient.
Dans notre province, la politique se résume à une question d'administration financière ; on le sait. Or, en vingt-sept ans, nous avons accumulé un passif de trente-cinq millions. Comment ? Par des excédants de recettes |... Tous les gouvernements ont trouvé moyen d'en faire figurer dans leur exposé budgétaire. L'op-
VARIÉTÉS CANADIENNES ar
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position, quelle qu’elle fût, les niait toujours, mais, arrivée au pouvoir, elle en imaginait, à son tour, de plus fabuleux.
Advenant l'élection, les adversaires du gouvernement s'écriaient en chœur : spéculateurs éhontés, quoi! ôsez-vous bien parler d’'excédants, lorsque vous n'avez que des déficits ! Réussiriez-vous d’ailleurs, à nous faire croire que vous avez réalisé autre chose, après avoir passé votre temps à nous voler? À bas, pillards!
Et vous, répliquaient les autres, quand
le peuple vous eut élevés sur le pavois, dans un moment d’oubli qui ne se répètera jamais, nous l’espérons pour le salut public, qu'avez-vous fait ?.... Vous avez volé cent foi: lus que nous. Pharisiens, taisez-vous donc, et plutôt que de traîner dans la boue les serviteurs dévoués du pays, employez à gémir sur vos turpitudes les jours précieux qui vous restent. ...
Aujourd’hui qu'il n’y a plus à cacher la dette, les partis s’en attribuent mutuellement la responsabilité exclusive. Si l’on contracte un emprunt pour y faire face,
nement rer amour