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responsabilitiés plus graves. Il faut laisser l'enfant en petite robe, tant qu'il ne comprend pas lui-même ses besoins.
Si, malgré l'appui des lois, nous sommes trop jaloux les uns des autres, trop apathiques, trop serviles ou trop inconséquents pour nous maintenir un contre deux dans le Dominion et dix contre un dans les places mêmes où les héros dont nous avons la jactance de nous réclamer, luttèrent victorieusement un contre dix, au nom du ciel, comment rivaliser, par l’Annexion, avec 70,000,000 de nouveaux compétiteurs équipés de toutes piéces et comment, par l'Indépendance, figurer honorablement au banquet des nations ? Celui qui manque de dignité au point de préférer servir, saura-t-il commander ?
On dit:les Américains nous aiment mieux que ne le font les Anglais. Sans l'admettre, disons que cela se peut, mais de grâce, n’allons pas espérer qu'ils poussent l'engouement jusqu’à nous faire rôtir des cailles pour notre déjeuner! D'ailleurs, les uns et les autres ont trop d'intelligence pour ne pas borner leurs jolies façons à leur intérêt. 4
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Corrigeons-nous donc de manière à comprendre et surtout à défendre, nous aussi, nos avantages.
L'esprit de parti nous ruine? C'est vrai; il faut le bannir; mais attention! Ne commencez pas par traiter de vire-capot, de vendu et de canaille celui qui, le premier, aura eu le courage de s’en dépouiller.
Il faut de l'agriculture ? Oui; mais attention encore !....Pas bleue, ni rouge, pas protestante, ni catholique, ni impie ; simplement agricole.
Surtout, n'allez pas dire du gradué qui devient cultivateur : “c’est un sans talent, “ donc, celui-là, puisqu'il se met habitant ?” Ce serait démoraliser un citoyen utile, rabaisser dans leur propre opinion les ignorants qui vous écoutent, inspirer à tous la haine du métier, avec une recrudescence d'envie contre les Xeuwreux du commerce, des professions et de la bourgeoisie.
Le pays se prête à l'industrie manufacturière et commerciale ? En effet, il s'y prête à merveille ; mais il y faut préparer la jeunesse par autre chose que des thèmes latins et de l’histoire ancienne. N'ayez
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crainte, il restera toujours assez de gens dans nos collèges pour étudier les payens.
Il faut être religieux? Certes, la religion est nécessaire. ÂAimez-la et faites-la aimer, par la pratique des vertus sublimes qu’elle enseigne; mais gardez-vous bien de la faire servir à des œuvres de ténèbres et n'en abusez pas pour martyriser des hommes honorables qui valent peut-être beaucoup mieux que vous aux yeux de Dieu, encore que leur franc parler ait le tort de vous déplaire.
La jalousie paralyse vos efforts ? Eh!
le remède à ce mal est bien simple ; cessez d’être jaloux. Les Anglais vous en empêchent-ils ? Vous voulez votre part de la richesse publique ? Vous n'avez qu'à la prendre. Cependant, non seulement vous ne la prenez pas ; mais on vient vous l'enlever à votre nez, et vous ne dites rien. En 1893, avec cent mille employés sous leurs ordres, des /umbermen américains retiraient du Michigan, du Wisconsin et du Minnesota 9,000,000,000 de pieds de bois.
L'année suivante ils pénétraient déjà dans nos forêts du No :uest cet de la Colombie,
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En 1886, un d’entre eux, Mossom Boyd, du Michigan, avait acheté pour $86,000, 68 milles carrés de terre à bois sur les bords du Nipissing. En 1892, il les revendait $450,000 à Davis & Hay, de Toronto.
William Mackay, d'Ottava, a refusé $750,000 d'une limite de 130 milles carrés, payée $300 il y a trente ans.
En 1877, moyennant $72,000, l’honorable Peter White, de Pembroke, devenait acquéreur d'une limite de 150 milles, sur la Magnasippi. En 1893, il achevait d'en percevoir un demi million.
Perley & Pattee, d'Ottawa, ont vendu $250,000 à Hill & Co., une limite payée $2,000 il n'y a pas plus de dix-huit ans.
La limite du Lac Expanse achetée du gouvernement Mercier par J. K. Ward, de Montréal, il y a huit ans, à raison de $3 le mile, vaut au-delà de $1,000 le mille aujourd'hui.
Pendant qu'il se transige de ces plantureuses affaires, où êtes-vous ? Songezvous seulement si l'existence en est possible et si quelqu'un peut ambitionner la propriété d'aucune fraction du domaine
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public, autrement que par le titre de père douze fois répété ?
Les capitaux anglais sont supérieurs aux nôtres ? C’est admis; mais que de grandes choses s rffeétueraient encore, si ces derniers pouvaient un jour s'éveiller et s'unir ! Hélas! tant qu'il faudra se dire:
“le Canadien, voilà l'ennemi,” nos capitaux ne marcheront pas plus ensemble, que ceux qui les possèdent.
Instruits à la dure école du passé, aurons-nous la force de préparer l'avenir comme il convient ?
Que la jeunesse réponde.
À elle de secouer d'un commun accord les préjugés, les impositions qui nous étouffent ; à elle d'élever la politique à la hauteur des nécessités présentes; à elle de chasser les spoliateurs de l'héritage national et d’v affirmer haut la tête son droit de primauté ; à tous enfin de tenir profondément gravée dans leur cœur la grande devise dont l'application a fait l'Angleterre elle-même si puissante : efernal vigilance is the price of liberty.