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“ diens sont des frères de race et d'affec- “tion et qu'en France, ils sont comme en “ famille.”
Etranger chez vous, réduit à y combattre pour vos droits de cité, vous voilà à la maison, rendu en France. Si vous pensez que ça ne vous fait pas sortir des limbes!..
Puisque la patrie, si bien représentée par les hommes qui daignent nous a=cueuillir ainsi, aime à reconnaître en nous ses enfants, qu’elle nous permette de lui dire en retour, combien les colons de la France nouvelle sont restés sensibles au souvenir de l’ancienne. Dans la déclaration naïve de leurs sentiments à son égard, il v a une poésie, une musique qui rappellent les divines harmonies du chant de Mignon :
connais-tu le Pays : ? C'est là que je voudrais vivrc,..… que je voudrais mourir !
Piété filiale, amour maternel ivres du bonheur de s'exprimer l’une à l’autre!
Non, malgré tous les pavots qu'il a du subir, notre naturel n’est pas encore endormi. À la moindre lueur des choses de France, il s'émeut, il s'allume rapide comme
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l'éther qui rencontre une flamme en sortant de prison; il éclate et nous pousse vers notre mère commune. Soit dit sans préjudice à l'éternité de notre petit ménage hybride avec madame Albion.
A ça, par exemple, c'est nous pas toucher jamais, jamais, jamais. Défendu !....
d’abord par l'Angleterre ; ensuite, par le bon Dieu. C'est, du moins, ce qu'on cherche à nous faire accroire.
Bien, mais !.. Qu'est-ce qu'on n'a pas cherché à nous faire accroire ?.. Or, en raisonnant comme si on le croyait, c’est-àdire comme un Canadien qui veut éviter de se faire du tort, on arrive tout de suite à conclure selon le rythme auquel nos oreilles furent accoutumées dès l'enfance, qu'en effet, nous sommes le peuple... si jeune...
et déjà... le plus libre, le plus prospère, le plus heureux du monde. Enfin, nous sommes tellement au-dessus de nos affaires, que nous n'avons même plus besoin de nous occuper de nous-mêmes. À raison de tant, l'Angleterre se charge de tout. C'est convenu à jamais.
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Qu'en certains quartiers, de plus en plus restreints, l’on renonce à l’âpre satisfaction de baver à tort et à travers sur la République Française et on aura peut-être gagné un autre point.
Qu'importe qu’en France, l'église et l’école ne servent plus de marchepied au trône ? Qu'importe que le dernier rejeton d'une famille habituée par la bonasserie publique, à considérer tout le pays comme sa chose, ne soit pas jugé digne de manger à la camelle du soldat, ni de porter les armes pour le salut du pays ? Qu'importe qu'on ait rendu les séminaristes participants de cet honneur qu'on refuse à un descendant des rois ? Qu'importe que la France entière ne se rallie pas à l’ingénieuse idée de fêter sans aucun à-propos et pour la première fois après quatorze cents ans, l’anniversaire du jour où Clovis accepta le baptême parce qu'il avait gagné au jeu?
Qu'importe que rois et moines ne puissent plus ni s'amuser, ni s'enrichir, ni faire les mystérieux aux dépens de ce bon peuple ?
Qu'importe qu'on ait substitué ie droit de suffrage au droit d’héridité, la liberté des
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petits à la licence des grands, la Roquette à la Bastille, un pré ident qui dit : l'état c'est le peuple, à un monarque qui pouvait dire : l'état c'est moi ?
Ne faut-il pas plutôt se réjouir qu'être scandalisé d'un changement d'idées, d’un regain de démocratie, d'une reconstitution sociale bénie et consacrée par Léon XIII lui-même ? Que les loyaux fassent donc comme lui. Qu'ils fassent au moins semblant d'approuver ce qu'ils ne peuvent plus éviter. Est-il rien de plus sage ?
On le sait bien; ne fût-ce que sous le rapport matériel, tout n'est pas parfait en France, mais enfin, la France est encore le pays le plus riche; son administration, la mieux réglée ; son peuple, le plus attaché, le plus économe, le plus sobre, le plus rangé, le mieux policé; son armée, la plus brillante de l'Europe : les soixante-dix mille soldats évoluant naguère devant le Tsar, dans la plaine de Châlons, ne semblaient pas faits pour donner trop mauvaise opinion de l'armée française.
Depuis qu’elle a adopté la sage politique de s'occuper exclusivement de ses
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