‹ Variétés canadiennes [microforme]Chapitre 45 sur 96 · LA JUSTICE ET LE DROIT · texte numérisé non relu

LA JUSTICE ET LE DROIT

4 Justice est une vertu. Elle consiste 7% dans la volonté perpétuelle de rendre à chacun le sien.

Le droit est l’ensemble des lois qui président à l'application de la justice.

Le législateur fait ia loi, le juge l’interprète et la fait exécuter, le peuple la subit.

Le droit prend donc sa source dans la justice; il s’en épanche comme Île rayon s'épanche du soleil. CRT

Mais de même que l'œil se nourrit de lumière, sans pouvoir supporter l'éclat de l'astre qui la lui transmet, ainsi l'esprit ne

220 VARIËÊTÉS CANADIENNES

ROLL ITIL LILI LRLLLILILELILILILIR SR

reçoit les impressions de la justice que dans la mesure nécessaire à l'harmonie de la vie humaine. Si parfois, il s'élève jusqu’à la conception du juste idéal, ce n’est que pour ea admirer la splendeur, sans espoir d'en voir le règne en ce monde.

À trente-six millions de lieues de la terre, le soleil est un bienfait; plus loin ou plus près d'elle, ce serait un fléau. De même, l'avènement de la justice dans sa plénitude, écraserait l'être humain. Non que la justice lui répugne ; —au contraire, il en a faim et soif — mais parce qu'en toutes choses, la dose doit se règler d’après la capacité. De là l'axiôme : summum jus, SUMNIA INjUr1A.

Lorsqu'on veut être trop juste, on se fait bannir comme Aristide ou crucifier comme Jésus-Christ. |

Il y a dans l'humanité des conventions bizarres, des préjugés, des travers, des abus sacrés auxquels il faut, de toute nécessité, souscrire.

Œuvre dé l’homme pour l’homme, le code le plus parfait en apparence, sera toujours marqué d'une imperfection relative,

LIVLIVLINI A LILI LELILR LILI LIELLLILIALIARR

parce qu'on n'aura pu l'écrire sans tenir compte de tout cela De là cet autre aphorisme : les lois sont l'expression des mœurs.

La qualité même de notre être impose des tempéraments à la justice et à la législation. Comment les hommes s’obligeraientils à des actes de vertu surérogatoires au maintien de l’ordre public et des bonnes mœurs, lorsque chacun en a assez de concilier, en vue d’un bon ordre social ordinaire, l'action complexe d’un corps et d'une âme ?

En effet, l'âme aspire à monter dans l'horizon $erein des choses abstraites ; mais semblable à cès aérostats qu'une nacelle trop lourde retient à la terre, elle ne fait que voltiger au bout de la chaîne qui l'attache au corps. Si elle songe à s'élever au-delà, la pesanteur des appétits matériels l'en empêche.

À son tour, elle s'applique à réduire ces derniers, mais n’y réussit pas toujours.

Aussi, l'enfantement des arrêts législatifs ou judiciaires et l’obéissance qui leur est due, sont-ils, dans nombre de cas, beaucoup

DLL ROLL TELL LR LILI RSLRLIRLIRALRARIARS

plus pénibles qu'un vain peuple ne le saurait penser. Qu'on soit juge, législateur ou simple sujet, on voit se dresser bien des embarras entre sa raison, sa conscience et l'exécution des actes qu’elles nous inspirent. |

N'importe. Malgré ses frais énormes, ses lenteurs, ses incertitudes, ses injustices occasionnelles, la loi—-seule l'anarchie refuse de l'admettre, —est, en principe, essentielle aux sociétés, Pour s’en convaincre, il suffit de réfléchir aux myriades de fraudes et de crimes qui se commettent tous les jours en dépit même des lois les plus strictement répressives,

le ur les et

pi-

es, ces reesinde ent les

Page 1