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le curé quand on s’est marié ; ane nombreuse famille.
—Tu t'en trouves pas encore assez, j'suppose ?
—Eh non! j'voudrais remplir toute la maison. |
—RÉ tanant! ah! tu peux ben aoir des enfants tanants!.. Va à la porte, ça cogne.
— (Ça doit être les quéteux du village qui commencent leu tournée du jour de l'an...
Aie, qu'é là ?
—C'est moé.
— Qui, toé ?
— P'tit Tenne.
—Cré chien! t’es ben matinal, sans rproche ?
—L'faut ben, m'sieu Lâni, si j'veux ajeuer ma tournée avant la grand'messe.
Faut l’gagner, nus autres, not’jour de l'an, si on veut l’aouoir.
—Quoïc'que tu prends ?
—Dame! j'ai coutume de m'faire denner des œufs ou ben des coppes, mais à matin, j'ai envie d'faire comme tout l'monde, j'vas prendre un coup, j'compte ben.
—T'en es l'maîte. Approche, on va prende tous les deux. A ta santé, mon Tenne. ; |
—AÀ la vot, m'sieu Lâni: ane hureuse..
A c’theure, vu la circonstance, je m’fie ben que vous m'en voudrez pas, si jm'en vas tout d’suite comme un savage, hein ?.. Eh ben! au rouair et pi j'vous remarcie, tout de bon, d’vos belles politesses,
—De rien, de rien, mon fisse,
(La femme)—Est-y parti ?
—Oui : y en d’sort.
—Eh ben! vite habiller ls enfants, pi déjeuner avant qu’nos gens des concessions arrivent, parce qu'on pourra pas aller à la messe... V’nez nous souhaiter la bonne année, les petits enfants... Bonne...
bonne... bonne, comme ça. Allez-vous ête ben sages et obéissants à l'avenir ?
(Ensemble) —Oui, son pére! oui, sa mére | . | | —Tant mieux : on a hâte de voir ça,
-Chaussez-vous, à présent ;: vous allez attrapper l’rhume, à marcher nu-pieds su -l'plancher.
—Nos chaussons ‘sont tout pleins d'suc ! |
LRRRRRRR RER LL LELILTILILTILTIVIVLILILTIRILRRS ;
—Mettez-en d'autres, vite! vite!
(La femme)—J'vas mette la tabe tout.
d'suite; vous mangerez comme vous pourrez, à mésure que vous s'rez parés; autrement, on ara pas faite la moiquié d’not ouvrage avant qu'y arrivent. |
(Le mari) —Non! pour le sûr et certain, les vlà déjà. T'entends pas la oéture qui rente dans la cour ?
—C'est pourtant vrai! sainte mére des saints |! j'me sauve; arrange toé avec.
(Pi! pan! pan !)--Quien !bonjour,bonjour | Quorc'que tu fais, don, Lâni? es-tu veuf à matin ?
—M'en parlez pas ; ma femme a faite la paresse, pi alle é hien qu'après s‘habil.
ler.
(Elle, dans sa chambre) —Ah ! pauvre homme, qu'y é menteur!
—Eh ben, d'abord qu'alle é pas morte, c'é l'principal ; on va toujou pouoir y souhaiter la bonne année encore ane fois.
Ouayons, Mina, on va-t-y y aller ou ben si c'é toé qui va v'nir nous ouoir ?
— Entrez pas, “ntrez pas. Aïe!
— Fallait réponde pus vite. À c’t’heure
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qu'on gué, on va guy rester. Quand même qu'on t'dannerait pas l’temps d'mette toutes tes fardoches ? V a-t-y besoin d’tout ça, pour s'embrasser ?.… Allons, mon enfant, ane bienhureuse, pi du succès dans ls enterprises, toé pi ton mari.
—Marci, vous autes pareillement..
Janvier, mon vieux ?
— Quoi, sa mére ?
—Sors don’ les beignes, pi la boisson, là. Faut prende queuque chose ; parler, pi rien prendre, au jour de l'an, ça fait pas; ça l'air trop pauv’.
—Eh ! ça fait belle lurette que tout est sorti. J’vous attends, moé.
—AÂAh! ah! ma p'tite, tu l’pensais pas si smatte que ça, j'sus ben sûr ?
(Souriant)—Cé pas ben aisé de l’penser smatte; y l'é si peu souvent.
—Dis don’ que c’é pas ben encourageant de l’ête, non plus. J'en sus si peu récompensé. Hein? là, j'te prends? Quoïcqu'on boé ?- du vin, d'la bière, d'la liqueur, du d’gine ou ben du whisky ?
— Pour moé, c'est un peu de d’oine.
—Du vin, s’y vous plaît. -
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on, là.
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—Toé aussi, p'tit Paul ?
—Oui; marci, marci.
—Et toé, Mine ?
—Même chose que toé, son vieux,
—Ben moé, c'est du whisky.
—Moé aussi, un peu... bon!
—Âllons, qu'y vous fasse pas d’mal.
—Vous autes non plus; salut!........
—Ÿ 6 bon, vot vin. C'est-y du vin qu'vous avez faite vous autes mêmes.
—Oui: c'est du vin d'vigne savage.
—C'é ben la muilleure, On n’n’a jamais bu d’si bon d’not’ vie; mon Dieu, qu'y é bon !
—Goûtez don’ à nos beignes, pour ouoir ?
Crab crapaud! vous avez ben russi aussi ben que pour vot’ vin! y ont goût d'amande! Ben, mon pauv’ Janvier, t'as ane femme qu'é pas battue.
—Eh ! c'est tout simple; c'é parce que c'é moé qui y a montré.
—Finis, finis tes turlutages, mon beau capabe, pi habille-toé vitement pour la messe; v'là les tintons qui sonnent. Si fallait qu't'arrives commencé, l'monde ba-
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vasserait qu't'as pris un coup d'trop. Tu sé, au jour de l'an, c'é remarqué, ça.
—Ma femme, c't'ane vraie ange garien, y a pas moyen de s'damner avec elle; ais préouoit à toute, à toute, à toute.
(Souriant)—V a ben pas moyen de s'damner avec toé, non plus, pauvre enfant, parce que ça f’rait déjà longtemps qu'je l'serais.. File, file...
Vous r'viendrez toute après la messe, toujou ?
—Àh oué!